Apocalypse bébé- Virginie Despentes
- Le 01/02/2026
- Dans littérature française et francophone
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La feuille Volante n° 2034 – Janvier 2026.
Apocalypse bébé– Virginie Despentes – Bernard Grasset (2010).
Prix Renaudot 2010.
C’est une histoire un peu compliquée, celle de Lucie Tolado est détective privée engagée par une cliente, Mme Galtan, pour surveiller sa petite-fille Valentine, 14 ans, déstructurée et rebelle. L’ayant perdue de vue, elle part à sa recherche accompagnée d’une femme inquiétante dite La Hyène, une autre détective privée, accessoirement lesbienne. Rapidement Lucie qui est une femme un peu perdue est fascinée par les méthodes assez musclées et parfois subtiles mais efficaces de sa coéquipière. Autour d’elle en pleine quête de la jeune fugueuse des personnages apparaissent, liés à Valentine qui se croisent, son père, sa grand-mère, tout ce petit monde sans grande personnalité à l’exception peut-être de sa mère, Gloria, féministe engagée et réellement dévastée par la disparition de sa fille, une mystérieuse prostituée et d’autres personnalités hautes en couleurs. En revanche celle de la jeune fugueuse se précise, marginale certes mais à l’activité sexuelle débordante et il apparaît que cette disparition pourrait bien être liée à des meurtres inexpliqués.
A l’occasion de ce roman percutant et sombre, l’auteure se penche sur la jeunesse actuelle, coincée entre désillusion, violence et révolte, sans véritable but et surtout sans boussole dans une société elle-même un peu perdue. Lucie Toledo est une femme attachante qui prend son travail à cœur et entend bien retrouver Valentine jusque dans les bas-fonds de cette société parisienne et même barcelonaise.
J’ai abordé l’univers créatif de Virginie Despentes il y a peu. Son premier roman « baise-moi » m’avait surpris par son style cru et peu littéraire. Sa manière d’écrire a apparemment évolué, plus fluide et spontané. Je suis en effet attaché au fait que le roman doit être le miroir de son époque et refléter la société dans laquelle il s’inscrit. Là, notre auteure est bien dans ce rôle et elle la dépeint comme elle est, violente, insécuritaire, pleine de déviances et d’injustices notamment chez les jeunes qui sont perturbés par la drogue, les fake-news, le harcèlement sexuel qui hypothèquent leur avenir, les déstabilisent
Même s’il n’est pas catalogué ainsi, c’est une sorte de roman policier mais qui présente une dimension sociale et politique, n’hésitant pas à aborder des sujets comme la sexualité, la pornographie, la violence faite aux femmes. Il s’inscrit dans une société en pleine mutation et c’est sans doute ce qui a motivé le prix Renaudot et la position de finaliste au prix Goncourt de 2010.
J’ai lu ce roman jusqu’au bout par respect pour le travail de l’auteure mais j’ai eu beaucoup de mal à entrer dan son univers créatif.
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