la feuille volante

Hors champ - Marie-Hélène Lafon

La feuille Volante n° 2046– Mars 2026.

 

Hors champ – Marie-Hélène Lafon – Buchet-Chastel (2026)

 

L’auteur revient vers son Cantal natal, d’ailleurs, le titre donne presque le ton de ce roman puisqu’il s’y déroule. Cette famille rurale est composée du père, une sorte de patriarche autoritaire, taiseux et parfois violent, à qui on doit obéir parce que c’est ainsi depuis toujours. La mère est un personnage effacé qui respecte cette loi non écrite de la soumission. Ils ont eu deux enfants, l’aînée, Claire qui a fait des études et enseigne à Paris ; Elle écrit même des livres ce qui contribue à creuser encore davantage le fossé qui existe entre elle sa famille et son frère. Lui c’est Gilles, le fils, né après elle parce qu’à la campagne on préfère les garçons, pour la transmission du nom et l’héritage des terres. C’est donc sur lui que repose cette tradition mais il tarde à se marier et n’en prend même pas le chemin ; Il est silencieux, obéissant, résigné, travailleur, engoncé dans ce huis-clos familial, il travaille dur sous l’autorité du Père qu’il hait mais est incapable de se rebeller ni même de prendre une décision pour briser cette routine; Cela révolte Claire qui elle a pris ses distances avec cette famille où elle revient de temps en temps pour de très courts séjours mais surtout pour rencontrer ce frère insaisissable et trop engoncé dans cette tradition paysanne qui le broie et qu’il accepte parce que c’est comme cela. Pourtant, elle l’aime bien, voudrait qu’il réagisse, qu’il s’affirme, lui offre même son aide, mais elle se heurte à sa passivité, comme s’il était broyé par son propre destin.

Au gouffre qui existe dans cette famille traditionnelle entre les générations répond celui qui perdure entre la ville et la campagne, le travail de la terre, le soin du bétail et le monde des intellectuels de la ville, surtout quand ils se mêlent d’écrire. La campagne a pu, pour les citadins, correspondre à une sorte de retour aux sources d’autant que nous sommes plus ou moins tous issus de cette catégorie sociale mais c’est autre chose. Pour autant l’auteur souligne ici tout ce qui, même au sein d’une même famille, oppose ceux qui ont fait le choix de quitter le creuset familial rurale et ceux qui ont préféré y rester. Elle souligne la solitude de ces êtres le poids de leur vie sans joie, avec une sorte d’impatience qu’elle se termine parce que la vieillesse devient insupportable

 

Je continue avec plaisir à suivre le parcours littéraire de Marie-Hélène Lafon. J’apprécie son style fluide et poétique dont la lecture me procure un agréable moment.

 
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