Le train - Un film de Pierre Granier-Deferre
- Le 18/03/2026
- Dans cinéma français
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La feuille Volante n° 2045– Mars 2026.
Le train – Un film de Pierre Granier-Deferre.(1973).
En mai 1940, au plus fort de l’offensive allemande, les réfugiés fuyant la Belgique traversent la petite ville de Funnoy dans le nord de la France où Julien Maroyeur (Jean-Louis Trintignant) est réparateur de postes de radio . Avec sa femme, Monique (Niké arrighi), enceinte et sa fille ils décident de fuir. Elles ont accès à un wagon de 1° classe, en tête, mais lui doit voyager en queue de train, dans un wagon de marchandises avec d’autres voyageurs dont Julie, une prostituée (Régine). Julien croise le regard de la mystérieuse Anna ‘Romy Schneider) une juive allemande qui fuit le nazisme. Ce fourgon où se rencontrent des gens qui n’ont rien de commun entre eux excepté la peur et le désir de fuir, se transforme en une sorte de microcosme où les contraires s’affrontent,, notamment un déserteur (Maurice Biraud) et un vétéran de Verdun. Le train doit s’arrêter pour laisser passer des convois militaires mais il est coupé en deux, séparant Julien du reste de sa famille puis est bombardé, l’émotion jetant Anna dans les bras de Julien. Arrivé à La Rochelle, il fait passer Anna, sans papier, pour sa femme afin de lui éviter l‘internement dans un camp mais elle disparaît.
De retour à Funnoy en mai 1943, Julien est convoqué par la police vichyssoise qui lui montre les faux papiers au nom de sa femme mais avec la photo d’Anna. En sa présence, il feint de ne pas la connaître mais se ravise et le policier en déduit que ces documents falsifiés sont une couverture qui accusent Julien de participation à la Résistance. La scène où Julien prend la décision de reconnaître Anna sans pour autant saisir les conséquences de son geste est particulièrement émouvante.
Ce film est une adaptation du roman de Georges Simenon mais aussi évoque des souvenirs d’exode de Granier-Deferre. Le long-métrage est cependant un peu différent puisqu’il se termine en laissant penser que les ennuis ne font que commencer pour Julien alors que le roman présente Anna, traquée par la Gestapo que Julien refuse d’héberger et qui est finalement fusillée. Peu importe d’ailleurs puisque c’est une récréation qui permet toutes les adaptations. Il vaut évidemment par l’interprétation des deux acteurs principaux, Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider et leur courte liaison amoureuse, sans oublier la sublime musique de Philippe Sarde. Je veux bien croire à la beauté rayonnante d’Anna mais la timidité de Julien, par ailleurs tourmenté par l’état de son épouse, me paraît un peu contradictoire avec cette romance, même si, nous le savons tous, tout peut arriver ! Cependant je n’ai pas bien compris cette ambiance un peu festive, surtout quand les passagers se dispersent dans la campagne alors que la mort frappe dans les sifflements des stukas, que la débâcle et la défaite de l’armée ne portent pas vraiment à se réjouir.. Les images d’archives dont le film est parsemé donnent un ton dramatique au film..
Malgré tout, j’ai cependant revu ce film avec plaisir
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