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la feuille volante

Le nom de la rose

 

La feuille Volante n° 2031 – Janvier 2026.

 

Le nom de la rose – Umberto Eco – Grasset.(1980)

Traduit e l’italien par Jean-Noël Schifano.

Prix Médicis étranger 1982 :

 

Transportons nous au Moyen-Age, plus précisément en 1327 dans une abbaye bénédictine située dans le nord de l’Italie et célèbre pour sa richesse, son aura l’importance de sa bibliothèque, saint lieu où, en principe, ne règne que silence, connaissance, prière et recueillement. Pourtant, à l’extérieur, c’est le chaos et le monde catholique est secoué, le pape d’Avignon qui ne pense qu’à assurer son pouvoir temporel et ses richesses est qualifié d’hérétique par les théologiens franciscains au sujet de la pauvreté de Jésus, l’empereur d’Allemagne qui guerroie en Italie et s’oppose à la papauté, quant à l’ordre public il vaut mieux ne pas en parler, des bandes rivales pillant les campagnes..

Un ancien inquisiteur, Guillaume de Baskerville, est chargé d’y organiser une rencontre un peu compliquée politiquement par les circonstances entre les deux factions ennemies. Il est accompagné de son fidèle secrétaire Adso de Melk, un novice, le narrateur de cette histoire longtemps après qu’il en a été le témoin et qui se déroule sur sept jours au rythme des rituels de la vie monastique. Ils arrivent dans cette abbaye et Guillaume, dans ce contexte délicat, il se voit prié d’éclaircir, de préférence avant l’arrivée des délégations, la mort mystérieuse d’un moine, retrouvé au pied des murailles du couvent suivie d’autres, un par jour, de vrais meurtres en série, le chiffre sept évoquant l’Apocalypse. Il se trouve donc transformé ainsi en véritable enquêteur, d’ailleurs fort perspicace, face à des morts suspectes, étudie cette communauté religieuse et y découvre non seulement une réelle abondance de reliques saintes, mais sans doute pas toutes vraies, une authentique dévotion et des travaux tout entiers tournés vers la gloire de Dieu comme il convient à une abbaye mais également une société gangrenée par la cruauté, la séduction, par l’érotisme, la sodomie, sorcellerie, les nombreuses reliques saintes trafiquées et ainsi que des nombreux secrets du monastère soigneusement cachés. Il constate l’opposition qui existe entre certains de ses membres pour l’accession à des postes prestigieux et qui ont pu susciter des meurtres, avec en toile de fond de vieilles histoires d’hérésie avec la procédure de la justice ecclésiastique de l’époque c‘est à dire tortures indispensables aux aveux puis bûchers, obsession du péché, du démon et le respect des dogmes.

Baskerville se trouve en concurrence avec Bernard Gui, inquisiteur, dominicain et représentant de la papauté, en réalité un vieil ennemi qui va s’intéresser à l’enquête de Guillaume et la compliquer par son attitude. Guillaume parvient à la conclusion que ces meurtres sont liés à un livre mystérieux, responsable de toutes ces morts et conservé à la bibliothèque construite en forme de labyrinthe et qui semble être le centre de ce monastère. Le résultat de ses investigations ne sera connu qu’à la fin, après la destruction par le feu de l’ensemble des bâtiments. Ce livre écrit en arabe et en grec et détenu par Jorge, un vieux moine bibliothécaire aveugle, se révèle être en partie de «  la Poétique » d’Aristote où l’auteur s’intéresse au rire en ce qu’il est le remède contre la peur. Or selon Jorge on ne peut aimer Dieu que si on le craint et le rire est donc incompatible avec la foi. Il interdit aux autres moines la lecture de ce livre, la connaissance de ce qu’il renferme étant à ses yeux antinomique avec la religion. Guillaume comprend la véritable fonction de ce livre et son réel pouvoir et parvient à déjouer par un subterfuge les manœuvres meurtrières du moine. C’est un peu comme un interdit, celui de la connaissance

C’est donc un roman policier médiéval en même temps qu’une intéressante étude psychologique de personnages, somptueusement écrit, érudit, documenté et traduit et qui a fait l’objet d’une adaptation cinématographique non moins passionnante de Jean-Jacques Annaud (1986) et servis par de bons acteurs. Reste le titre qui fait référence à une rose, fleur à la fois belle, enivrante par sa fragrance mais aussi symbole du mystère de la vie et de la mort.

 

 

 

 

 

 

 

 
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