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la feuille volante

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  • l'enquête russe - Jean-François Parot

     

    N°550 – Décembre 2011

     

    L'ENQUÊTE RUSSE– Jean-François PAROT- JC Lattès.

     

    En cette année 1782, Louis XVI règne et l'action de la France en faveur des insurgés américains semble vouloir prendre un tour favorable au détriment des Anglais. Le tsarévitch Paul, le fils de Catherine II de Russie qui fait, en compagnie de sa femme le tour de l'Europe, séjourne incognito à Paris sous le nom de « Comte du Nord ». La Couronne voit là une occasion de se concilier, sur le plan international, les bonnes grâces de ce prince. A l'instigation de Sartine, impénitent collectionneur de perruques, ex- lieutenant de police, qui ne parvient toujours pas à se défaire de ses anciennes fonctions mais conserve en lui le sens de l'État, du service du roi et du secret, on met sur pied un projet en ce sens. Il s'agit de dérober au prince un objet précieux pour mieux le lui rendre ensuite et ainsi gagner sa confiance, sans, bien entendu, que la police soit compromise en cas d'échec et que le Roi lui-même n'en sache rien ! Le choix se porte sur une broche de grande valeur qui appartient à l'épouse du tsarévitch. Nicolas le Floch, marquis de Ranreuil, commissaire au Châtelet est évidemment chargé de cette mission délicate et surtout risquée puisque le « collaborateur » ponctuel, qui ne peut être qu'un malfrat, peut parfaitement disparaître avec son larcin. On choisit donc Dangeville, dit « la fouine », jeune et habile voleur promis à l'échafaud et engagé comme domestique dans la maison choisie par le tsarévitch. Il sera aussi les yeux et les oreilles de Le Floch. On va donc le manipuler, le circonvenir et lui promettre la vie sauve pour sa prestation. L'affaire se révèle plus délicate puisqu'il faut compter avec un grand nombre d'agents subalternes, parfois zélés et prévaricateurs, qui doivent cependant restés ignorants du projet, et surtout ne pas méconnaître les différents rouages de l'État et les hauts personnages désireux de ne pas perdre leur crédit auprès du monarque. Le secret devra donc entourer cette affaire pour ne pas qu'elle soit compromise malgré les inévitables dérapages et trahisons. Il a aussi quelques contradictions dans cette entreprise, d'autant que le Floch est tracassé par des états d'âme, chatouilleux qu'il est sur le plan de la probité et de l'honneur.

     

    Comme les choses ne sont jamais simples, le comte Rovski, ancien favori de la tsarine et qui vit en exil à Paris, est retrouvé assassiné. Une autre enquête s'ouvre donc, où il est question de favorites, de « dames galantes », de prostituées assassinées et affreusement mutilées, de bouges et de prédictions de « La Paulet », vieille amie de Le Floch et tenancière de lupanar, reconvertie sur ses vieux jours en pythonisse... Le tout sur fond d'impopularité de Marie-Antoinette surnommée « Madame Déficit », de conflit avec les Anglais et de menaces pesant sur la vie du tsarévitch. D'autre part et paradoxalement, la visite du couple princier ne passe pas inaperçue dans la capitale, Benjamin Franklin, l'ambassadeur des « insurgents », cultive le secret autour de sa présence en France et à l'hôtel de Rovski, on découvre des indices qui donnent à penser que les Américains ne jouent pas franc-jeu avec la France et que les Russes souhaitent procéder à une médiation qui mettrait en péril les intérêts français.

     

    Au cours de cette enquête aux multiples rebondissements qui met en scène « la meilleur police d'Europe », le lecteur croise l'espionnage, la fausse monnaie, les messages doublement codés au langage sibyllin, le secret et la raison d'État. Comme d'habitude les cadavres se multiplient autour de Le Floch et le mystère s'épaissit à chaque page.

     

    Dans chaque roman, il y a l'énigme et c'est déjà un plaisir de la suivre; elle tient le lecteur en haleine jusqu'à la fin. Mais écrire une fiction, c'est aussi créer des personnages, leur donner une vie, leur prêter des sentiments et chaque volume de cette « saga  Le Floch » apporte au lecteur des détails qui enrichissent le portrait du héros. Il partage ses doutes, ses joies, ses espérances, son abnégation...

     

    Comme toujours avec Jean-François Parot, la lecture d'un de ses romans est un agréable moment, à la fois dépaysant et instructif, poétique parfois dans certaines descriptions. Ils ont déjà fait l'objet dans cette chronique de nombreux commentaires ( La Feuille Volante n° 536-537-538-542-543). J'apprécie l'ambiance du XVIII° siècle, la bonne chère, la richesse du vocabulaire, les mots et expressions à la saveur surannée autant que la pureté de son style. C'est là une heureuse manière de servir notre si belle langue française.

     

    Comme toujours je n'ai rien regretté... et j'attends le prochain.

     

    © Hervé GAUTIER - Décembre 2011.

    http://hervegautier.e-monsite.com 

  • Ils étaient 4 sergents de La Rochelle - Bernard Morasin

     

    N°545 – Novembre 2011.

    Ils étaient 4 sergents de La Rochelle – Bernard Morasin – Éditions Bordessoules.

     

    A La Rochelle, face à la mer, se dresse une tour gothique élégante qui servit de phare et qui, pour cette raison, porte encore le nom de « Tour de la Lanterne ». Ce n'est d'ailleurs pas son seul nom mais, parmi ceux-ci, elle est aussi connue comme « Tour des quatre sergents » puisque la Restauration emprisonna ici quatre sous-officiers séditieux qui furent guillotinés à Paris en 1822.

     

    Ils étaient affectés au « 45° de Ligne », qui, basé à Paris depuis 1821 venait de prendre ses quartiers à La Rochelle. Crée sous Anne d'Autriche, ce régiment d'infanterie traversa la Révolution et l'Empire puis se trouva, à la Restauration, commandé par un de ces officiers émigrés, le colonel-marquis Louis-Victor-Alexandre Toustain de Fontebosc, sans grande autorité sur ses hommes, un peu naïf et même vindicatif.

     

    A 26 ans, le sergent-major Jean-François Bories, Franc- Maçon, s'ennuyait ferme au 45° de ligne. Déçu par l'armée qui, selon lui ne reconnaissait pas ses mérites et le maintenait dans la subalternité, il avait fait le choix de la « Charbonnerie ». D'origine italienne, cette société secrète, dont le but était « la liberté conquise à main armée », convenait à son ambition. Elle s'était implantée fortement en France et était active dans l'armée. La Restauration avait décimé les rangs de l'armée impériale, multipliant les militaires en demi-solde ou carrément privés de leur grade et sans emploi. Le climat à l'époque était volontiers comploteur et nombre de militaires étaient des nostalgiques du Premier Empire et de la Révolution et conspiraient volontiers en faveur de la disparition des Bourbons. Bories avait efficacement œuvré, dans son régiment, en faveur de la Charbonnerie à la quelle « Les Chevaliers de Liberté », société secrète composée surtout de civils, mais très active dans l'ouest de la France, était affiliée. Il recruta donc divers sous-officiers et soldats qui prêtèrent serment à la « Charbonnerie » parmi lesquels le sergent Jean-Joseph Pommier, le sergent-major Charles-Paul Goubin et le sergent Marius Raoulx. Ils adhérèrent à ce mouvement pour des raisons personnelles, tenant à leur avancement ou à la future fortune qu'ils imaginaient à la suite de la chute des Bourbons. Bories fut naturellement leur chef.

     

    Ce fut lors du mouvement que fit ce régiment de Paris à La Rochelle, à pied, dans le froid et la neige, que se déroula cette aventure épique, pleine de rebondissements et qui se révéla être un complot contre le régime monarchique. A force de malchance, de délations, de défections et surtout d'acharnement lors du procès, de nombreux prévenus se retrouvèrent condamnés mais les quatre sous-officiers terminèrent leur brève vie sous le couperet de la guillotine, en place de Grève.

     

    Telle fut l'histoire personnelle de ces quatre jeunes fantassins dans une époque troublée où il fallait faire un exemple. La présence de civils dans la conjuration justifiait qu'on chargeât la Cour d'Assises de cette affaire qui fut jugée à Paris. Leur transfert fut long et pénible. S'il y avait effectivement eu complot, il n'y avait cependant pas eu commencement d'exécution, mais l'avocat général tira partie de toutes les ressources du Code Pénal de l'époque pour demander et obtenir la tête des quatre militaires. Si leur arrestation s'était passée dans le calme et l'indifférence à La Rochelle, leur procès se déroula dans une ambiance électrique et passionnée qui donna lieu à un réquisitoire enflammé et des plaidoiries bouleversantes. Parmi les trente six accusés, certains ne furent pas poursuivis, d'autres furent acquittés et d'autres encore condamnés à des peines de prison.

     

    Cet épisode qui maintenant est définitivement inscrit dans l'histoire et même dans la légende, fut empreint de beaucoup d'illusions, d'approximations, d'inconséquences voire d'incompétences. Il témoigna d'affabulations, d'atermoiements, de trahisons, de délations et de fidélité à un idéal et à un serment. Ce qui aurait pu être la réalisation d'une aspiration humaine légitime pour la liberté s'est transformé en une aventure où les principaux protagonistes responsables et instigateurs du complot n'ont même pas été inquiétés. Le procès de lampiste qui s'en est suivi s'est terminé pour ces malheureux militaires un peu trop idéalistes par une mort infamante sur l'échafaud, sacrifiés sur l'autel de l'ordre public et de la sauvegarde d'un trône et d'un régime qui finiront par être balayés. La réhabilitation qui suivit grâce à la révolution de 1830 leur fit certes recouvrer une dignité posthume mais l'espèce humaine est oublieuse et leur épopée est maintenant réduite à un vague souvenir.

     

    Mes origines rochelaises autant que l'intérêt que je porte personnellement à cette ville et à son histoire m'ont incité à lire ce livre passionnant et même parfois émouvant, fort bien écrit et abondamment documenté. Il plonge le lecteur dans l'ambiance délétère de cette époque à laquelle mettra fin la révolution des « Trois glorieuses », en juillet 1830. C'est un acte de mémoire important et un bel hommage à ces artisans de la liberté qui ont attaché leurs noms à cette cité d'exception.

     

     

     

     

    ©Hervé GAUTIER – Novembre 2011.http://hervegautier.e-monsite.com

     

     

     

  • MEURTRES SUR LE FLEUVE JAUNE - Frederic Lenormad

    N°544 – Novembre 2011. 
    MEURTRES SUR LE FLEUVE JAUNE – Frédéric LENORMAND – FAYARD.
    Les nouvelles enquêtes du juge TI.

    Scène ordinaire à la cour des Tang. Dame Wu, la toute puissante impératrice, vient de signer l'arrêt de mort d'un homme. Malgré les tortures, le condamné n'a pas donné le nom de ses complices et surtout celui de ses chefs qu'on soupçonne être des courtisans, toujours volontiers comploteurs et corrompus. Pour déjouer les tentatives d'insurrection, il faut quelqu'un capable d'efficacité autant que d'une fidélité sans faille au Fils du Ciel. C'est ainsi qu'entre en scène un jeune et obscur sous-Préfet en poste dans la petite ville de Peng-Lai, à l'embouchure du Fleuve Jaune. Son nom: Ti Jen-tsié. 

    Voilà donc notre magistrat convoqué dans la capitale. Mais il craint le pire puisqu'il vient de démanteler, dans un monastère bouddhiste, un trafic d'or préjudiciable aux finances de l'État. Il s'attend en effet à devoir se justifier devant un empereur sans véritable autorité et à répondre de son zèle face aux religieux très influents à la cour. Ce voyage en bateau sur le fleuve Jaune qui le mènera jusqu'à la capitale, a donc pour Ti des accents d'humiliation. Il ne tarde pas cependant à s'apercevoir que ses craintes sont infondées et à peine embarqué, il reçoit, en grand secret, l'ordre d'assurer la sécurité d'un témoin, le mystérieux Lai Junchen, instamment attendu à « la Cité interdite », sans qu'on ait pris la peine de le lui désigner parmi les passagers. Jusqu'à la fin, il restera insaisissable. Dans le même temps, des crimes et tentatives d'assassinats sont perpétrés autour de lui et parfois contre lui-même, transformant en périlleux parcours ce qui aurait dû être un paisible voyage, le fleuve Jaune méritant une nouvelle fois son surnom de « Chemin des enfers ». Du coup, notre magistrat, désireux de faire régner l'ordre dont il est garant, rompt l'anonymat dont il entourait sa personne pour reprendre ses habits de mandarin. Dès lors la jonque, ou plus exactement les jonques sur lesquelles il accomplit son périple mouvementé, deviennent un microcosme, une société en raccourci qui ressemble à celle de sa circonscription. Il doit y étendre son autorité et mener son enquête. Ti est un intellectuel, un lettré que ses fonctions mettent cependant en situation de côtoyer l'espèce humaine la plus dépravée, assassins, voleurs, délinquants, membres de sociétés secrètes qu'il a soin de combattre et de démasquer avec autant de finesse que d'efficacité. Il se révèle, comme toujours, non seulement un fin limier mais aussi un habile négociateur qui obtient ce qu'il désire. Ses investigations sont pour lui l'occasion de porter sur ses contemporains un regard critique. Tout pétri de confucianisme ainsi qu'il sied à un haut-fonctionnaire de l'Empire, il ne manque jamais de se laisser aller à des remarques parfois acerbes en direction des religieux, bouddhistes et taoïstes. Il n'en est cependant pas moins homme et n'est pas insensible à la vision fugace et fragile des femmes qu'il croise. Les femmes justement lui réserveront au cours de cette traversée de bien curieuses surprises !
    Comme souvent dans cette série consacrée à Ti, l'eau revient sous la forme de thème récurrent [« Le château du lac Tchou-An », « Le mystère du jardin chinois »].

    Comme je l'ai tant de fois dit dans cette chronique, j'aime lire Frédérique Lenormand. J'apprécie son humour alternativement subtil, caustique et jubilatoire qui doit beaucoup à l'euphémisme, la façon qu'il a de dépayser son lecteur, le plongeant dans cet univers inconnu de la Chine, non seulement grâce à des descriptions poétiques mais aussi à des apostilles culinaires, culturelles ou religieuses.
    Le récit est divisé en courts chapitres introduits par quelques mots qui les résument, la phrase est agréable et le suspense entier. J'ajoute une chose que je considère essentielle chez un écrivain. En effet, Lenormand a cette faculté d'intéresser son lecteur dès la première ligne d'un livre et de ne l'abandonner qu'à la fin sans que l'ennui s'insinue dans sa lecture.

    Qu'il mette en scène le XVIII° siècle dont il est un éminent spécialiste, qu'il nous parle de Voltaire pour qui il a une tendresse particulière ou qu'il nous fasse profiter avec bonheur des aventures réelles du Juge Ti dont il s'approprie la personne et à qui il prête, le temps d'un récit,  ses remarques personnelles, la lecture d'un roman de notre auteur est toujours pour moi un grand moment de plaisir. 



    ©Hervé GAUTIER – Novembre 2011.http://hervegautier.e-monsite.com

  • Le cadavre anglais - Jean-François Parot

     

     

    N°542 – Octobre 2011

    LE CADAVRE ANGLAIS – Jean-François PAROT – JC LATTES

     

     

    Nous sommes à Paris en 1777, sous le règne de Louis XVI, pendant la période du carnaval. Le temps froid et la neige n'avaient, malgré tout, pas empêché le commissaire Nicolas Le Floch, Marquis de Ranreuil, de quitter, par hasard, sa permanence du Châtelet pour faire quelques pas à proximité de la prison de Fort-L'évêque où il avait trouvé la rue étrangement sombre et croisé un personnage énigmatique. Un prisonnier dont nul, même le directeur de l'établissement, ne savait rien, venait de se tuer en tentant de s'évader de cette geôle où il était emprisonné sur lettre de cachet. Les investigations du commissaire révélèrent rapidement que la victime n'était guère un quidam, qu'il avait en réalité été achevé d'un coup d'épée après une chute qui l'avait assommé et qu'il pouvait bien être anglais ! Voilà donc notre Marquis une nouvelle fois confronté à une énigme sur fond de combats pour l'indépendance américaine que soutient la couronne de France... et de fuite un peu précipitée du gouverneur de la prison !

     

    Cette affaire s'égare un peu avec pour décor les dettes de Marie-Antoinette, un cadeau original fait à la reine et qui est en réalité un objet volé dans un cabinet de curiosités de Frédéric, roi de Prusse, les intrigues de Cour, un phénomène atmosphérique à la fois bizarre et extraordinaire, le passé parfois tumultueux du commissaire... De dissimulations de cadavre en assassinat de témoin, de signature contrefaite en recherche d'un bouton d'uniforme perdu puis retrouvé, notre commissaire n'a pas trop de son adjoint et de ses traditionnels amis pour dénouer l'écheveau compliqué de cette affaire où se mêlent rebondissements et enlèvements. Au fur et à mesure du déroulement de ce roman, l'identité de cet Anglais mort semble une énigme de plus en plus indéchiffrable. Il y a aussi ce message sibyllin qu'il faut impérativement décrypter et cette histoire de montre et d'horloger qui pourrait bien ressembler à de l'espionnage industriel ou à une histoire d'agent-double... C'est que Sartine, alors ministre de la Marine souhaite faire résoudre l'épineux problème des longitudes qui permet de positionner correctement les navires en mer. En cela la France est bien entendu en concurrence avec l'Angleterre et les deux pays n'ont jamais entretenu de très bonnes relations ... Au bout du compte, le lecteur, tenu en haleine jusqu'à la fin par un sens consommé du suspense, verra que cet imbroglio se révèle petit à petit comme une affaire d'État où Éros danse avec Thanatos et où le mystère le dispute à la mystification.

     

    Sous forme d'éphéméride, l' auteur nous conte par le menu le déroulement de cette histoire un peu rocambolesque qui aurait parfaitement pu passer inaperçue mais que le hasard et le dévouement à la Couronne du Marquis ont suffi à compliquer.

     

    Je n'y peux rien, je suis amoureux du Siècle des Lumières et de Paris et j'apprécie d'avoir, dans chaque roman, des informations sur la vie de cette époque, qu'elles évoquent le potins, l 'histoire ou la vie des quartiers. J'aime aussi les expressions populaires, même si on ne les emploie plus aujourd'hui, les recettes de cuisine qui enrichissent le récit...

     

    Encore une fois, ce roman a été un bon moment de lecture.

     

     

     

     

     

    © Hervé GAUTIER – octobre 2011.http://hervegautier.e-monsite.com

     

     

     

     


     

     

     

     

  • Citoyen sans frontières - Stéphane Hessel

     

     

     

    N°541 – Octobre 2011

    CITOYEN SANS FRONTIERES – Stéphane Hessel – Fayard. [Prix Jean Zay - 2008]

     

     

    Nous sommes en 2008 et un journaliste, Jean-Michel Helvig [journaliste et écrivain, ancien éditorialiste à Libération], vient de terminer une série d'entretiens avec Stéphane Hessel, jeune homme de 90 ans dont l'existence vient d'être révélée au monde par une simple phrase et un petit livre (« Indignez-vous !») qui sonnent comme une prise de conscience adressée à ses contemporains, une invitation à réagir contre ce monde de moins en moins humain et de moins en moins solidaire. Une manière de rappeler aussi que la France reste le pays éternel de Voltaire, de Victor Hugo, d'Émile Zola, de Jean Moulin...

     

    C'est vrai que notre homme ne déteste pas le rôle du survivant qu'on consulte parfois, du « vieux sage africain » qui lui va bien, mais qui, en même temps fait de lui un personnage à la fois sympathique et qui se complait dans ce nouvel habit où, il le sait et en joue, « le droit de plaire et de séduire est indissociable à la volonté d'agir et de convaincre ». C'est un peu comme s'il était celui qu'on attendait depuis longtemps pour nous dire simplement les choses, pour formuler des évidences et nous faire réagir et enfin agir... Qui est-il celui qui vient à l'heure où l'âge, l'altération des facultés si souvent rencontrée chez les autres imposent une retraite ? Alors, le béotien se raccroche aux quelques informations qu'on a laissé filtrer à son sujet et qui donnent à l'homme une dimension quasi mythique. Ce sont pèle-mêle « l'ancien résistant », « l'ambassadeur de France », l'enfant héritier du film « Jules et Jim » ... de sorte que notre appétit de connaissances s'en trouve aiguisé. C'est que, parmi les actions qui ont toujours inspiré sa vie il y a l'organisation de la paix universelle, l'action des ONG, le civisme mondial, l'amélioration de l'environnement, la meilleure répartition des richesses, le droit de mourir dans la dignité...et voilà que tout cela, le plus souvent développé dans l'ombre, le propulse soudain au premier plan de l'actualité !

     

    A Moscou les bolcheviques préparent leur ascension quand il nait en octobre 1917 à Berlin, aux prémices de la défaite allemande qui servira de terreau au nazisme. Cela lui vaudra, en juillet 1944, d'être interné aux camps de Buchenvald, Rottlenberode et Dora et dont il s'évadera pour retrouver Paris libre en 1945 et la France, son pays d'adoption dont il sera l'ambassadeur. Il est le fils d'un écrivain juif allemand, Franz Hessel et d'Helen Grund, femme non-conformiste, tous les deux amis des Lettres et de Arts. Il ne sera naturalisé français qu'en 1937 puis, refusant la défaite, rejoindra la France Libre à Londres. Ensuite ce sera, à sa demande, la « mission Gréco » mais, dénoncé, il sera arrêté, interrogé, torturé puis déporté.

    Lui qui a été scolarisé à l'école communale de Fontenay aux Roses en 1924 sans parler un mot de français est quand même devenu normalien. Puis c'est une carrière d'ambassadeur qui s'offre à lui qui le mène en Chine, en Afrique et à l'ONU. Sous la IV° république, il devient un des principaux collaborateurs de Pierre Mendes-France qu'il avait connu pendant la guerre. C'est aussi un « grand commis de l'État » qui sert sous Mitterand. Ardent défenseur de l'Europe qui a ses yeux ne peut exister vraiment que sous la forme fédérale, il insiste cependant pour faire prévaloir son rôle sociale indispensable. C'est lui aussi qui, dans le cadre de l'ONU a participé, en 1948, à la rédaction de la Déclaration des Droits de l'homme. On peut difficilement être davantage au rendez-vous de l'histoire !

    Lui qui, ayant connu les « camps », voit la vie « comme un beau rêve » et souhaite avant tout qu'elle prévale en toutes circonstances, invite, au nom de l'humanité, l'homme à résister contre tout ce qui est mauvais pour lui, à faire qu'il soit toujours au centre de ce monde et qu'il ne perde jamais le sens de l'humain. Sa devise pourrait être « être de partout sans être enfermé nulle part » ce qui est une formidable invitation pour chacun d'entre nous à résister à tous les dogmes et à toutes les formes de pensée unique, qu'elles prennent la forme d'une religion ou d'une idéologie politique, à faire usage de notre raison en toute chose. Il est attentif à l'éthique qui, à ses yeux, est indispensable à l'action politique et, en cela, il est le digne héritier de Mendes France. Il exerce volontiers son esprit critique, ce qui l'amène à s'opposer à l'action de l'État quand il la juge illégale. Il milite ainsi en faveur des sans-logis, prône les valeurs universelles de l'humanisme qui font de lui un infatigable militant en faveur des Palestiniens, des sans-papiers, des opprimés... « J'ai toujours été du côté des dissidents » avoue-t-il, ne cachant rien de son engagement. C'est aussi un médiateur, « un rapprocheur » qui assume, à l'invite de Jean-Michel Helvig ses erreurs, ses échecs, ses contradictions. A 94 ans aujourd'hui, il n'a évidemment plus rien à attendre de personne et son expérience personnelle autant que sa parole sont un formidable témoignage.

     

    C'est donc cet esprit libre, adepte d'une gauche réformiste démocratique, humaniste et amoureux de la politique et de la vie tout simplement et qui refuse la peur de la mort, que ce livre nous invite à découvrir, un homme engagé dans l'action humanitaire et sociale, un esprit de son temps qui sait, sans complexe, jeter sur lui un regard critique. C'est aussi un amateur de poésie qui avoue, à sa manière, son goût pour la création littéraire autant que pour la paix entre les peuples à travers un texte d'Apollinaire (« La jolie rousse ») qui termine cet ouvrage.

     

    J'ai personnellement éprouvé un grand réconfort à la lecture de cet entretien clair et écrit avec simplicité, non seulement parce que le message qui y est délivré l'est par un citoyen français qui fait ainsi honneur aux valeurs de l'humanisme dont notre pays est porteur, mais parce que, comme l'indique le titre, cet homme est aussi, et sans conteste, un citoyen du monde, un militant de la cause humanitaire, au seul service de l'homme et non à celui des intérêts éphémères de quelques-uns.

     

     

     

     

    © Hervé GAUTIER – octobre 2011.http://hervegautier.e-monsite.com

     

     

     

  • Pelles et râteaux- Christophe Duchâtelier

     

     

     

     

    N°540 – Septembre 2011

    PELLES ET RÂTEAUX – Christophe Duchâtelet – Calmann-Lévy.

     

     

    D'emblée, le titre évoque davantage un traité de jardinage ou une aimable fiction familiale autour des jeux de plage ou des bacs à sable. A lire le sous-titre, « stratégies d'un séducteur », on pense plutôt à la chanson de Dutronc, voire de Nougaro et on s'attend aux habituelles remarques sur le sujet, pas vraiment originales et qui ont beaucoup servi... Et ce d'autant que la dédicace « Aux copines » ne laisse pas longtemps planer de doute.

    Qu'avons-nous ? Mathieu, la trentaine, tout juste séparé de Clara, la mère de Luna. Comme il se doit de nos jours, cette séparation s'est faite sans heurt « On a rompu en douceur. Sans déchirement. Du travail de pro » Normal, on est moderne ou on ne l'est pas ! Dans la vie, il exerce le dur métier de « nègre », c'est à dire « d'écrivain fantôme » et même s'il fait remarquer que Jésus lui-même « a sous-traité à distance ses écrits grâce aux évangélistes » le lecteur sent bien que le compte n'y est pas, qu'il fait ce métier un peu par défaut comme la plupart d'entre nous, qu'il voudrait bien écrire enfin sous son propre nom, que d'ailleurs, il n'aime guère ni les écrivains ni son éditeur. Il n'empêche, la réalité rattrape notre héros, sous la forme d'un réfrigérateur vide, de menus sans grande originalité et qui brillent surtout par leur répétition, d'une vie maintenant dédiée aux tâches ménagères et quotidiennes qu'il laissait volontiers à son épouse, à la solitude plus ou moins imposée par les événements et à l'abstinence sexuelle tout juste interrompue par quelques conquêtes... Et par le « droit de visite », c'est à dire celui de voir sa fille « un week-end sur deux » suivant l'expression et de l'emmener se divertir au square le plus proche, au bac à sable précisément.

    Mathieu se veut séducteur et ne néglige rien de son apparence physique, de sa réalité psychologique pour sortir de cette situation de « célibataire anonyme »...La drague à des raisons que la raison ne connait pas, pour paraphraser une citation célèbre ! Il y a bien Fadela, étudiante tunisienne qui rêve de changer le monde et qui veut régler leur compte aux islamistes intégristes de son pays. Pourtant l'idéalisme, ce n'est pas son truc à Mathieu et puis c'est sans doute un peu trop compliqué !

     

    Par hasard, au Parc Monceau, il rencontre Isabelle, la belle maman de Maximilien, qu'il rêve, évidemment de mettre dans son lit, ou d'aller dans le sien. Mais voilà, elle est mariée. Ce qui peut encore le sauver, ou plus exactement sauver son projet avec elle, c'est qu'elle se pique d'écrire un roman et qu'elle compte bien sur lui pour en être le premier lecteur et même la collaborateur, quitte à partager avec lui la vedette d'un futur succès littéraire. Elle lui offre même de l'argent, ce qui égare un peu l'érotisme potentiel de leurs relations. Et puis, dans ce domaine si les hommes proposent, ce sont les femmes qui disposent (air connu). Mais voilà, leurs rencontres sont perpétuellement polluées par la silhouette à la fois inquiétante et mystérieuse d'un homme à la cravate fuchsia dont il ne sait exactement qui il est. De plus, le mari d'Isabelle ne goûte pas les velléités littéraires de son épouse. Cela peut toujours cacher quelque chose. Et puis, Isabelle n'est pas toute seule dans le tableau de chasse potentiel de Mathieu, la simple vue d'une paire de fesses féminines à la piscine le met dans tous ses états, il voudrait bien avoir son tour dans la lit de sa voisine du dessus qui collectionne les amants et Éléonore, l'intellectuelle de service ne le laisse pas indifférent ! Il y a comme cela des conquêtes sans lendemain, des tentatives avortées, des fantasmes refoulés, des histoires d'amour qui finissent mal, c'est à dire qu'elles ne sont suivies d'aucune conclusion, comme on dit, ou alors éphémères ou durables. Alors, pourquoi pas ériger le célibat en œuvre d'art ?

     

    J'ai bien aimé l'humour de l'auteur autant que sa façon d'écrire, spontanée et sans artifices littéraires ni effets de style, érotique parfois, et moderne à souhait. Cela change un peu ! Même si son donjuanisme peut paraître un peu poussé à l'excès et s'apparente à de la frime.

    Il fait une allusion appuyée à la  « Revue Perpendiculaire » qu'il a créée et animée, ce qui est bien normal mais n'apporte rien à son voyage autobiographique de père-célibataire-séducteur-névrosé-obsédé sexuel insatisfait. Il met en perspective la détresse masculine d'après séparation dans l'épisode du groupe de parole où chacun se libère de ses obsessions, de ses souffrances et peut-être de ses fantasmes, entre la peur des licenciements professionnels et la conquête du bonheur, de l'épanouissement personnel. Il a eu le courage de mettre en scène la séparation du côté paternel, le sujet étant bien souvent traité et présenté sous l'angle maternel. C'est une manière de prendre conscience du problème qui est réel et aussi peut-être une tentative de faire évoluer les mentalités, de poser la question de la sexualité qui est, elle aussi, une question brulante pour chacun. L'occasion d'en rire en tout cas (au lieu peut-être d'avoir à en pleurer)! Et cet humour là, cette arme contre l'adversité, j'aime bien !

     

     

     

    © Hervé GAUTIER – Septembre 2011.http://hervegautier.e-monsite.com

     

     

     

  • TIRÉ Á PART - Un film de Bernard Rapp

     

     

    L A F E U I L L E V O L A N T E

    La Feuille Volante est une revue littéraire créée en 1980. Elle n’a pas de prix, sa diffusion est gratuite,

    elle voyage dans la correspondance privée et maintenant sur Internet.

    N°539 – Août 2011

    TIRÉ Á PART – Un film de Bernard Rapp (1996)

    (diffusé le samedi 27 aout 2011 sur la chaine Ciné Polar)

     

    Cette histoire est celle d'une subtile vengeance. Nicolas Fabri [Daniel Mesguich], un obscur auteur français qui ne brillait pas jusqu'à présent par son talent, apporte à son ami, l'éditeur anglais Sir Edward Lamb [Terence Stamp], un manuscrit que l'auteur lui présente comme exceptionnel. Connaissant le style et le peu d'intérêt qu'offrent traditionnellement les œuvres de Fabri, Lamb entame sa lecture sans grande illusion mais rapidement il prend un intérêt nouveau pour cette découverte. Non seulement le style est différent mais l'histoire qu'il est en train de lire ne lui est pas étrangère. Fabri y décrit par le menu une histoire d' amour qui a mal tourné et qui s'est conclue, en Tunisie, quelques dizaines d'années auparavant, par le suicide inexpliqué de Farida, une femme qu'Edward avait passionnément aimée. Cette mort avait été por lui, perndant toutes ces années, une énigme obsédante. Pourtant, il fait de la publicité à son protégé mais devant la suffisance de Fabri qui commence à parler de prix littéraire pour son roman, Lamb va profiter de ses relations non seulement pour en proposer la publication par un grand éditeur français, mais aussi, par l'intermédiaire d'une ancienne maîtresse de Fabri devenue critique littéraire très en vue, pour susciter l'intérêt des milieux culturels et artistiques parisiens et ainsi obtenir le prestigieux Goncourt. Dans le même temps, et tout en restant dans l'ombre, Lamb va monter de toutes pièces un scénario attestant sans aucun doute possible la réalité d'un plagiat. Malgré toute sa suffisance Fabri n'y résistera pas.

     

    Sans le savoir Fabri se jette dans la gueule du loup sans se douter qu'il permet à Lamb de mettre en place une vengeance d'autant plus forte qu'elle attend depuis longtemps. Il tient entre ses mains la confession de cet homme responsable de ses amours malheureuses avec cette femme mais surtout Fabri lui déclare que sans cette épisode il n'aurait pas pu écrire ce roman. Dans le même temps le spectateur comprend que c'est précisément cet événement qui a déterminé Lamb à cesser d'écrire. C'est donc à une sorte de jeu de miroirs que ce texte se livre. Ainsi, l'apparition de la fille de la morte qui lui ressemble et porte le même prénom qu'elle et le suicide de cette femme victime d'un viol qui répondra à celui de Fabri qui en a été l'auteur. Lamb qui apparemment fait montre d'un calme très britannique face à la fatuité et à la cupidité de Fabri, est en réalité un bourreau intraitable, animé de la nécessité du châtiment, mais qui veut néanmoins conserver un strict anonymat dans ce processus.

     

    Il s'agit là d'une adaptation inspirée du roman de Jean-Jacques Fiechter. J'ai aimé l'ambiance toute britannique de l'intrigue autant que le développement machiavélique de cette intrigue et l'intensité de la rancune accumulée depuis si longtemps.

    Ce film est le premier long métrage de Bernard Rapp, disparu en 2006. On le connaissait comme un journaliste de talent, animateur d'émissions à succès comme « l'assiette anglaise » ou « Jamais sans mon livre », d'homme de culture et il convient, à l'occasion de ce film, de se souvenir de lui. 

     

    Hervé GAUTIER – Août 2011.http://hervegautier.e-monsite.com

     

     

     

     


     

     

     

     

  • LE CRIME DE L'HÔTEL SAINT-FLORENTIN – Jean-François PAROT

     

    N°538 – Août 2011

    LE CRIME DE L'HÔTEL SAINT-FLORENTIN – Jean-François PAROT JC LATTES

     

     

    Nous sommes en 1774 et Louis XV vient de mourir. Jean Le Noir vient de succéder à Sartine en qualité de Lieutenant général de police. Nicolas Le Floch, marquis de Ranreuil est toujours commissaire au Châtelet et doit donc s'adapter à son nouveau patron qui se méfie de lui, ce qui l'inquiète quelque peu. De plus ses collègues voient d'un assez mauvais œil qu'il ait les faveurs de Louis XVI comme il avait auparavant celles de Louis XV. Il craint une pause dans sa carrière, une disgrâce peut-être ?

     

    Le Duc de la Vrillières, M. de Saint-Florentin, ministre de la Maison du Roi le charge pourtant d'éclaircir un meurtre qui a eu lieu dans son hôtel particulier. Une femme de chambre a été égorgée d'une bien curieuse manière tandis que le maître d'hôtel, Léon Missery, est retrouvé blessé à ses côtés. Il va donc enquêter dans cette maison où il sent une hostilité de tous, en compagnie de son fidèle Bourdeau et de Guillaume Semacgus, chirurgien de marine. Comme toujours ses investigations vont révéler des faits curieux, la victime, Marguerite Pindron, était parée de bijoux et de vêtements bien au-dessus de sa condition, auparavant elle avait menée une vie pour le moins dissolue et entretenait des relations amoureuses avec le maître d'hôtel, lequel n'était pas vraiment en odeur de sainteté... Il va révéler la présence d'un autre amant qui a laissé des traces de sang, un trafic de chandelles, la présence d'un espion anglais, des témoignages contradictoires...

     

    Pour autant, les intrigues de cour vont bon train et chacun cherche à retrouver sa place auprès du nouveau roi. Ainsi Nicolas est-il sollicité par Le Noir pour éclaircir une histoire d'épidémie de charbon qui décime les bovins et menace l'approvisionnement de la capitale. Sartine, nouveau secrétaire d'État à la Marine, dont il reste l'ami mais qui ne perd rien de ses anciennes attributions de policier, le met en garde contre le duc de Vrillières. Nicolas, souhaitant ménager ses appuis mais restant quand même un zélé serviteur de l'État et du roi va enquêter tout en tenant compte de tout ce qui lui a été dit. Cela l'amènera chez les marchands de bestiaux autant que dans la maison de filles de St Michel, un couvent où vit retirée une parente du maître d'hôtel, il subira un attentat contre sa personne, devra également enquêter sur d'autres meurtres, connaîtra les horreurs de Bicêtre et les lieux de débauches fréquentés par des aristocrates souvent intouchables... Il découvrira que l'objet qui a tué les deux victimes ne peut-être qu'une « main d'argent », prothèse que porte le duc de Vrillière mais qu'il prétend avoir perdu...

     

    Comme toujours, j'ai apprécié ce Paris du XVIII° siècle, les recettes de cuisine et les remarques pertinentes sur la qualité des vins autant que le suspense parcimonieusement distillé jusqu'à la fin, la pratique jubilatoire de la langue française, la richesse du vocabulaire qui transforment chaque roman de Jean-François Parot en un bon moment de lecture.

     

    Hervé GAUTIER – Août 2011.http://hervegautier.e-monsite.com