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la feuille volante

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  • La nuit tous les loups sont gris - Gunnar Staalesen

     

    N°580– Juin 2012.

    LA NUIT TOUS LES LOUPS SONT GRIS – Gunnar Staalesen - Gaïa

    Traduit du norvégien par Alexis Fouillet.

     

    Il est un peu conventionnel ce Varg Veum, détective privé de son état, avec son manteau épais et son chapeau de pluie. Il est vrai que nous sommes à Bergen, en Norvège. Comme il se doit, il a été abandonné par la femme qu'il aime et noie son chagrin dans les bars. Les débits de boissons sont des endroits d'exception où on fait des rencontres, mais elles sont plutôt masculines. N'allez pas vous méprendre, Veum reste un professionnel d'autant plus qu'il rencontre Hjalmar Nymark, un policier à la retraite mais aussi un ancien Résistant. Et quand deux détectives se rencontrent, qu'est ce qu'ils se racontent … (air connu) Justement, à force de sympathiser, l'ancien policier évoque pour son interlocuteur une vieille affaire dont il garde une mémoire encore vivre, d'autant qu'il est persuadé que le coupable n'a jamais été inquiété. Il s'agirait de l'incendie d'une usine de peinture dans les années 50 qui avait fait plusieurs morts. Il pense avoir retrouvé la trace d'un homme, Harald Ullven surnommé « Mort au rats », ancien collaborateur des nazis pendant la guerre et qui était employé et qui serait responsable de ce sinistre pourtant considéré comme un accident et classé sans suite. Cet homme a une particularité physique : il boite. De plus, il y a la disparition bizarre d'un autre homme, « Johan le Docker », celle d'un ouvrier un peu trop curieux et la présence d'un ancien président du conseil municipal de Bergen...

    Veum, qui s'ennuie un peu reprend mollement cette affaire et veut bien admettre qu'elle n'a pas été complètement élucidée puisque cet ancien policier le prétend, mais quand ce dernier est renversé par une voiture cela prend des proportions inquiétantes. Certes Nymark survit mais trouve mystérieusement la mort à sa sortie de l'hôpital, avec, en prime l'ombre de Ullven. C'est donc au tour de notre détective de s'occuper sérieusement de cette affaire, ce que, bien entendu, il fait. Même si c'est trente ans après, Veum refait l'enquête, contacte les rares survivants de cet incendie. Après les bars qu'il affectionne, c'est dans le milieu des SDF qu'il va devoir exercer ses talents puisque un survivant de l'incendie est maintenant dans la rue. Décidément, ce Veum a tous les attributs d'un privé avec en plus la nuit « où tous les loups sont gris ».

     

    C'est non seulement un roman policier avec morts mystérieuses, enquêtes qui soulèvent plus de doutes qu'elles ne résolvent de questions, rebondissements, fausses-pistes mais c'est aussi une évocation de cette période troublée de l'histoire de la Norvège où, comme ailleurs, une partie du pays s'est soulevé contre l'occupant et l'autre a choisi la collaboration. Il met en lumière la collusion entre le nazi Ullven et et le démocrate Fanebust qui avait été aussi un héros de la Résistance.

    C'est aussi la critique du milieu économique qui prospère dans le mensonge et le crime tandis que les plus faibles sont appauvris. S'il lui est possible d'accéder aux plus démunis, il lui est en revanche impossible de rencontrer notamment le patron l'usine qui a brûlé et qui aurait pu éclairer son enquête. C'est la manière de l'auteur de dénoncer les disparités qui règnent dans son pays.

    J'avoue que je ne connaissais pas cet écrivain rencontré par hasard sur les rayonnages de la bibliothèque où j'ai mes habitudes. Son personnage fétiche, même s'il date un peu et s'il a des côtés bien conventionnels me plaît bien. Ce n'est pas tant qu'il est en conflit avec les femmes et qu'il a un faible pour l'alcool et les bars, mais le regard qu'il pose sur la société qui l'entoure et le cynisme dont il fait preuve ne me laisse pas indifférent. C'est une histoire un peu compliquée avec des gens qui ne veulent pas parler, d'autres qui ont changé de nom, d'autres encore qui se sont vengés en temps de paix d'une guerre qui ne leur avait pas permis de faire justice.

    Il y a aussi ces réparties qui se sont gravées dans ma mémoire [-ça, ça venait du fond du cœur – ça vient tout droit de mon cul, renchérit-elle en tordant la bouche. - C'est ce que je voulais dire, certains l'ont à cet endroit.]

     

    C'est une occasion aussi de voir ce pays sous un autre jour que l'actualité immédiate nous l'a présenté, avec notamment les meurtres perpétrés par Anders Behring Breivik.

     

    Au bout du compte, je ne me suis pas ennuyé, et c'est cela l'essentiel.

     

    ©Hervé GAUTIER – Juin 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

  • Sur la route - Jack Kerouac

     

    N°579– Mai 2012.

    SUR LA ROUTE – Jack KEROUAC (1957) - Gallimard

    Traduit de l'américain par Jacques Houbard.

     

    Il est des artistes comme des produits de grande consommation, leur nom suffit à évoquer leur pays. Jack Kérouac (1922-1969) est de ces écrivains emblématiques des États-Unis qui ont caractérisé un style, un mode de vie, qui ont inspiré toute une génération à la quelle il sont imprimé leur marque, parfois malgré eux. Ce roman fut le texte fondateur de la « Beat génération » et dans ce domaine le nom de Kérouac est associé à celui de Allen Ginsberg.

     

    C'est un roman écrit à la première personne ce qui laisse à penser qu'il est autobiographique. Il met en effet en scène un écrivain, Sal Paradise, en quête de nouvelles expériences :« Quelque part sur le chemin je savais qu'il y aurait des filles, des visions, tout quoi ; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare » Ainsi donc, en juillet 1947, il part de New York à destination de la côté Ouest par Chicago, c'est à dire par la route du nord. Il accomplit son périple en car puis en auto-stop, fait des rencontres extraordinaires, des hommes mais surtout des femmes, fait des petits boulots dans les champs de coton ou dans les vignes pour survivre, atteint San Francisco puis revient à New-York par le sud. Il effectuera ainsi plusieurs voyages en 1949 et 1950, notamment dans le sud et au Mexique mais toujours devant lui il y aura la route et ses promesses d'aventures,(« Mais qu'importait, la route, c'est la vie ») des occasions de visiter des « paradis artificiels ».

     

    Il raconte son récit comme une épopée, sans recherche de style, d'une manière spontanée et rapide (« La prose spontanée »), inspirée semble-t-il du rythme de jazz Be Bop qu'il aimait. On pourra objecter que certains passages sont longs et monotones, mais ils traduisent ainsi ce que peut-être un tel voyage en voiture. Le personnage central de ce roman est Dean Moriarty, à la fois héros romantique, « pauvre gosse », « saint truqeur » et « ange de feu », animé par une rage de vivre, l'amour de la vitesse et du jazz. C'est un texte brut, écrit, selon une légende remise en cause, en trois semaines sur un rouleau de téléscripteur de 36 mètres de long mais refusé par les éditeurs à cause de son côté non conventionnel. Ce tapuscrit fut cependant vendu aux enchères en 2001 pour un prix exceptionnel et, une décennie après sa rédaction, ce roman a été reconnu comme un chef-d’œuvre, adapté au cinéma, notamment par Walter Salles en 2012 (film actuellement en compétition au festival de Cannes 2012) et à la radio (Radio France en 2005). Il influencera aussi le genre cinématographique connu sous le nom de « road movie ».

     

    Kerouac, bien qu'il soit issu d'une famille canadienne-française aux origines bretonnes, incarne l'Américain confronté aux changements de son époque et amoureux des grands espaces qui sont l'apanage des États-Unis, mais aussi, et peut-être paradoxalement, c'était un homme qui avait du mal à se positionner dans cette société, en rejetait les valeurs traditionnelles, les certitudes mais aussi le mensonge social qui l'étouffaient, ces écrits donnant naissance à la « Beat génération ». Est « Beat » celui qui rejette le passé et même le futur, celui qui voit sa vie au quotidien comme un mélange d'alcool, de sexe, de drogue, vitesse en voiture, de voyages, et, dans le cas de Kérouac, également de spiritualité, l'exact contraire de la société américaine de son époque ! On ne peut pas ne pas penser à James Dean en lisant ce livre où il y a la marque de Louis -Ferdinand Céline et de Rimbaud. Il fut un précurseur et ses romans qui inspirèrent d'autres auteurs américains furent à l'origine du bouleversement social de la jeunesse et du pacifisme des années 60, déclarant qu'il fallait préférer l'amour à la guerre. Il fut pourtant, à cause notamment de sa vie marginale mais aussi de son style littéraire personnel, en proie à de violentes critiques dans les médias et de la part des auteurs reconnus.

     

    C'est le roman le plus connu de Kerouac, mais ce n'est pas le seul. Il ne cessera d'ailleurs d'écrire, de la prose comme de la poésie toute sa vie malgré les vicissitudes qu'elle lui réservera et trouvera dans la création littéraire notamment un moyen d'exorciser son mal de vivre.

     

    Il fut un personnage controversé, refusant la célébrité, inspirant des auteurs notamment dans le domaine de la chanson et du cinéma, trouvant sa consolation dans l'alcool qui aura raison de sa vie, aux opinions parfois changeantes qui l'éloignèrent quelque peu de son image primitive. Il fut un auteur qui ne laissa pas indifférent de son vivant et qui étend encore son ombre sur notre société contemporaine.

     

    ©Hervé GAUTIER – Mai 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

  • Ces vies-là

     

    N°566 Avril 2012

     

    CES VIES-LA Alfons Cervera. Éditions la contre-Allée

     

    Le décès d'un parent est souvent l'occasion de relations longtemps cachées sur son parcours, sur sa vie. Chacun apporte son témoignage, on libre la parole, on fait valoir des convictions, on exhibe des preuves, des photos, des papiers, on pose des questions qui appellent des réponses, des commentaires parfois. Des légendes souvent patiemment tissées s'effondrent d'un coup et des affirmations trouvent soudain leur justification. Tous ces secrets de famille révélés en un jour écornent ou renforcent l'image du défunt.

     

    Quelques temps après la mort de sa mère, l'auteur qui est aussi le narrateur, participe un colloque Grenoble sur le thème "Témoins et témoignages, mémoire individuelle et collective". C'est pour lui l'occasion de revenir sur les dernier jours de cette femme dont une chute apparemment sans gravité avait révélé une tumeur qui allait l'emporter. Pendant un an et demi, elle avait subi patiemment soins et examens médicaux , comme si la mort, avec elle, avait pris son temps. Elle s’était accrochée à la vie tout en appelant la mort de ses vœux. L'auteur se souvient des signes inquiétants survenus avant son décès, de cette longue agonie, de ses silences, de ses moments d'absence, de cette lente progression de la maladie, de la peur qu'on ne peut maîtriser, peur de l'inconnu, du moment fatal et incontournable, peur de souffrir, de mourir [pourtant il cite opportunément Thomas Berhnard "  Je ne comprends pas la peur de la mort parce que mourir est aussi normal que manger  "], peur de l’au-delà, du néant ou de l'inconnu, peur d’être enterrée vivante. La mort guette et elle est patiente. Bien entendu elle inaugurera une longue période d'oubli que ceux qui restent combattront avec leurs moyens. Cervera a choisi l’écriture pour exorciser à la fois cet oubli et ce deuil. L'ouverture de cette succession révèle aussi des documents dont il n'avait jamais entendu parler, qui attendaient sans doute depuis des années et qui concernaient son père mort depuis 16 ans d'un infarctus. L'un disait qu'il avait été condamné à 12 ans de prison en 1940 et l'autre, de 1952, annulait cette condamnation et ce un an après la fin de la guerre civile espagnole qu'il avait faite dans le camp républicains ! Pourtant, il n'aurait jamais été emprisonné. Autour de cet événement, le mystère s’épaissit au cours du récit d'autant que la vieillesse et la maladie ont gommé la mémoire de ceux qui l'ont connu. Nous apprendrons plus tard que ce père a simplement été condamné sur dénonciation, après le conflit, pour avoir participé à l'attaque d'une maison où étaient conservées des reconnaissances de dettes de tout le village. Cette condamnation a été commuée en exil intérieur. Lui qui était boulanger au village de Los Yesares dut partir pour Valence où il se fit laitier. Cet épisode familial est, pour Cervera, à travers le souvenir de son père, l'occasion de prendre son compte   la mémoire des vaincus de cette guerre meurtrière qui ensanglanta le pays et engendra, même après la fin du conflit, haine, exil et assassinats sommaires.

     

    J'ai bien aimé ce texte écrit d'une manière nostalgique et mesurée, simple et parlante à la fois["  Nous construisons nos vies sur l’échafaudage de nos souvenirs"], sans que je sache exactement si cette impression est due au style de l'auteur ou la qualité de la traduction.[ Sans vouloir faire offense aux auteurs en général, certaines traductions, tout en restant fidèles au texte original, sont de véritables recréations au cas particulier cela n'a d'ailleurs pas dû être très facile puisque j'ai noté au milieu du roman, une phrase sans ponctuation, qui fait un chapitre entier, court, certes, mais quand même !] Qu'importe d'ailleurs, lire est un plaisir chaque fois renouvelé surtout quand le texte sert si bien notre belle langue française.

     

    J'ai appris aussi, de la part de Cervera qui confesse ne jamais se séparer d'un cahier où il note tour ce que lui inspire l'instant, les aphorismes sur l”écriture " Écrire est un acte héroïque, un labeur impossible, une erreur, la seule écriture descente est celle du silence", "Lire est une autre forme d'écriture, une autre erreur". J’adhère assez cette analyse de l'écriture, ce qui est du domaine du non-dit et le sera toujours à cause de l’impossibilité de s'exprimer ou par la non-volonté de le faire, à cause de motivations qui resteront à jamais secrètes parce que l'art de la parole écrite n'est pas forcement libératrice et ne doit en aucun cas être quelque chose qu'on fait pour plaire aux autres. Elle peut être un exorcisme mais elle reste toujours en retrait de ce qu'on voudrait dire et qu'on ne dira jamais, sans doute parce que la douleur qu'on porte en soi est trop forte et que tenter de l'exprimer est la fois désespéré et inutile. Pire peut-être ? Cet exercice est souvent un pauvre cautère et il est illusoire de penser que le lecteur puisse s'y retrouver ou s'y reconnaître. Il est quand même paradoxalement nécessaire parce qu'il est le vecteur de la mémoire.

     

    Alfons Cervera (dont il est déjà question dans le n° 564 de cette chronique) est un de ces écrivains du renouveau littéraire espagnol. Il a choisi de faire sien le combat contre l'oubli en portant la parole des vaincus de la Guerre civile, des bannis, des morts et de leur redonner une mémoire que la dictature franquiste avait si longtemps étouffée.Ce roman est le deuxième publié en français.

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    c Hervé GAUTIER - Avril 2012.

    http://hervegautier.e-monsite.com 

  • Cosmofobia

     

    N°574– Mai 2012.

    COSMOFOBIA – Lucia Etxebarria – Éditions Héloïse d'Ormesson.

    Traduit de l'espagnol par Maïder Lafourcade et Nicols Véron.

     

    J'avais déjà lu, un peu par hasard, cette auteure (« Amour, prozac et autres curiosités » – La Feuille Volante n° 433 de juin 2010). J'avais bien aimé parce qu'elle m'avait étonné par son humour. Pourtant là, j'ai eu beaucoup plus de mal à entrer dans son univers. Tout d'abord je n'ai pas aimé le style. Je suis peut-être vieux-jeu mais j’attends d'un roman qu'il soit bien écrit et quand on doit passer par le biais de la traduction, c'est d'autant plus difficile parce qu'il n'appartient pas au traducteur de réécrire le livre qu'on lui a confié. Le style est certes spontané, reflète le langage parlé, les dialogues en sont la reproduction. Je ne dis pas que cela me gêne mais quand j'ouvre un roman, je m'attends, peut-être inconsciemment à lire autre chose que ce que je côtoie dans la vie, même s'il se trouve des lecteurs pour penser le contraire. Des enfants ballottés d'un côté et de l'autre par des parents qui font passer leur plaisir ou leurs intérêts avant ceux de leur progéniture, les couples qui se séparent alors qu'ils se sont promis de s'aimer pour la vie, des gens qui choisissent de vivre ensemble alors qu'ils ne se supportent plus par habitude ou par peur de la solitude ou qui préfèrent fermer les yeux sur les infidélité de l'autre, l'existence qui devient soudain insupportable alors qu'elle avait été magnifique, les mensonges, les trahisons, l'hypocrisie, cela existe, ce sont des faits de société et personne n'y peut rien. Nous ne vivons pas dans un monde virtuel où tous les protagonistes sont beaux, gentils, fidèles et irréprochables. Les contes de fée, c'est pour les enfants et l'espèce humaine me semble de plus en plus infréquentable...

    Cela me semble être la traduction du titre : Cosmofobia, peur du monde entier. Cela me plaît plutôt quand la littérature se fait l'écho de ce quotidien qui n'a rien d'un monde melliflu, mais au moins que cela soit agréable à lire, que le lecteur passe un bon moment, que sa lecture soit un plaisir.

    Ce roman est une autofiction, une somme de nouvelles qui mettent en scène une télé-opératrice fauchée et un peu paumée qui vit dans un quartier populaire de Madrid. A travers de nombreux personnages l'auteure aborde les questions du métissage, de l’immigration, de la vie en société et de ses amours difficiles.

     

    Je suis désolé de ne pas faire chorus avec les louanges que j'ai pu lire dans la presse à propos de cette auteure. C'est vrai que c'est facile de formuler ainsi des critiques, mais j'ai eu beaucoup de mal à terminer ce roman et je n'y ai pris aucun plaisir.

     

    ©Hervé GAUTIER – Mai 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

  • Le couperet - Un film de Costa Gavras

     

    N°578– Mai 2012.

    LE COUPERET – Un film de Costa Gavras.[2004]

    Ciné+club - Vendredi 18 mai 2012 – 21h.

    Le cinéma comme la littérature ne sont vraiment dans leur rôle que lorsqu'ils sont le reflet de notre société.

    Dans ce film, adapté d'un roman éponyme de l'américain Donald Westlake, Costa Gavras choisit de traiter un sujet qui gangrène nos sociétés occidentales : le chômage. Pour cela il met en scène un cadre supérieur, Bruno Davert (José Garcia), hyper diplômé et particulièrement compétent dans l'industrie du papier. A la suite d'une restructuration, d'une compression de personnel, la société qui l'emploie et qui n'a rien à lui reprocher se délocalise à l'étranger au nom du profit et de la pression des actionnaires... pour gagner encore plus d'argent. Cela n'a rien d'un cas d'école et peut malheureusement se vérifier chaque jour quand les plans sociaux et les fermetures d'usine sont le quotidien d'un monde du travail en pleine mutation.

    Après deux ans de veine recherches, entre entretient d'embauches qui tournent mal et déception chronique, Davert devenu amer et agressif, conçoit un plan machiavélique. A la suite d'un stratagème, il se fait communiquer les CV de cadres qui, comme lui, sont à la recherche d'emploi dans sa branche et qui, de ce fait, sont des concurrents potentiels et donc des obstacles pour lui. Il en sélectionne cinq qu'il estime être de son niveau et une société, « Arcadia » qui peut fournir l'emploi souhaité. L'un d'eux y est d'ailleurs employé. A ses yeux, le seul moyen d'y obtenir du travail est... de les tuer! Il va donc ressortir le vieux Luger de la guerre 39-45 que lui a légué son père pour mettre en œuvre son sombre projet. Il y a urgence et, malgré le cadre agréable de sa maison, et son confort qui correspondent bien à un cadre supérieur, tout autour de lui se délite. Son épouse (Karine Viard) qui fait vivre la famille grâce à de petits boulots, le trompe et son fils est convaincu de vol ce qui attire la police à son domicile. Seule sa fille semble être un pilier solide au milieu de toute cette débandade. C'est elle qui redonne à la fin à Bruno son véritable rôle de père-héros au sein de sa propre famille.

    La quête criminelle de Bruno l'amène à côtoyer les cadres supérieurs qu'il a sélectionnés et qui se sont reconvertis pour un temps, qui dans un restaurant minable, qui dans le prêt à porter et qui lui confient leurs états d'âme et leur désarroi face à la crise. Cela ne l'empêche pas de les éliminer les uns après les autres tant sa détermination est grande ou d'assister, par enquête policière interposée, à leur suicide. C'est que notre homme, quoique déterminé, reste quand même un amateur en matière de crime. Il laisse derrière lui des traces qui font que la police se présente chez lui, non pour l'arrêter, mais pour l'avertir qu'une série de meurtre a été commise... contre des cadres de la papeterie au chômage ! Pendant tout le film, l'omniprésence des policiers entretiendra un suspense équivoque et sera comme une épée de Damoclès sur la tête de Bruno. C'est finalement l'inspecteur en charge de l'enquête qui viendra lui annoncer... qu'il n'a plus rien à craindre ... de ce serial killer !

    Au bout du compte, Bruno assiste, un peu par hasard à la mort accidentelle du responsable de la société qu'il souhaite intégrer. Il faut dire qu'il est, si l'on peut dire, un peu chanceux dans son entreprise morbide et que tout semble, en apparence, s'arranger pour lui, mais en apparence seulement. La dernière image du film nous le présente comme un cadre bien installé dans sa nouvelle entreprise et même bien dans sa peau mais qui va, à son tour, devenir la proie de ceux qui, comme lui auparavant, sont à la recherche d'un emploi et qui n'hésiteront pas à mettre en œuvre ses propres méthodes pour prendre sa place.

    C'est l'occasion pour Costa Gavras d'exprimer une idée bien simple. Dans d'autres sociétés humaines, on élimine, au nom de l'élan vital, les éléments surnuméraires, enfants et vieillards, dès lors qu'ils sont une charge insupportable pour la collectivité, pour ne garder que ceux qui sont rentables. Dans nos sociétés occidentales, c'est le contraire et on se débarrasse, au nom du profit, des meilleurs qu'on pousse vers la sortie, la pauvreté, le suicide...

    José Garcia est ici à contre-emploi mais campe admirablement le personnage machiavélique et déterminé constamment noyé dans l’ambiguïté de l'action, emprunt d'un humour froid mais qui ne parvient cependant pas à être antipathique.

    Après avoir traité avec brio des problèmes politiques (Z, l'aveu) Costa Gavras choisit ici un sujet de société malheureusement bien actuel. Il le fait, certes, sous l'angle bien particulier du thriller, mais en donnant à cette fable, adapté d'un roman noir américain, une dimension humaine dans ce qu'elle a de plus déstructurant pour un individu mais en sauvegardant à la fois la valeur de la famille et du travail.

    ©Hervé GAUTIER – Mai 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

  • MAMAN – Un film d'Alexandra Leclère.

     

    N°577– Mai 2012.

    MAMAN – Un film d'Alexandra Leclère.

     

     

    Alexandra Leclère s'attaque encore une fois au drame de la famille. Déjà, avec « les sœurs fâchées » (La Feuille Volante n° 554) elle avait mis en scène deux femmes que tout opposait. Ici, ce sont également deux sœurs, Sandrine ( Mathilde Seigner) et Alice (Marina Foïs), la quarantaine, parisiennes, mais bien différentes l'une de l'autre qui voient, tout d'un coup, leur mère, Pauline, divorcée (Josiane Balasko) dont elles n'avaient pas de nouvelles depuis vingt ans, débarquer dans la capitale parce qu'elle a été abandonnée par l'homme avec qui elle vivait. Cette mère acariâtre, excessive et égoïste compte sur ses filles pour la seconder et l'aider dans sa nouvelle vie et peut-être aussi lui faire oublier son échec sentimental. C'est surtout l'occasion pour elles de régler avec leur mère un vieux compte. Elle ne les a jamais aimées, elle n'a jamais su être maternelle bref elle n'a été pour ses filles qu'une véritable étrangère. Elles vont donc la kidnapper le temps d'un week-end dans un manoir breton pour lui faire prendre conscience de ses carences affectives et l'obliger enfin à les aimer.

     

    Au début c'est Sandrine qui ouvre le bal et s'oppose ouvertement à sa mère alors que sa sœur paraît vouloir rechercher un compromis. Alice, plus docile, semble même être à la traîne de sa sœur, mais, tout d'un coup, elle prend conscience que l'occasion est trop belle et sort de ses gonds. C'est à cause de cette mère indigne que ses filles ont manqué d'amour, que Alice passe son temps à refuser la maternité en se faisant avortée et que Sandrine a une vie sentimentale décousue. Des claques volent en même temps que des mots durs mais aussi des menaces de mort... Alice et Sandrine veulent faire payer à Pauline tout ce temps perdu, toutes ces occasions manquées. Chacun finit par s'expliquer et il n'y a rien de manichéen dans cette situation. Il y a une opposition entre le calme de la mer et la violence des scènes de ce film préfigurant peut-être la réconciliation du dénouement qui se conclue par une sorte de « happy end », si on veut le voir comme cela, dans le fait que Sandrine qui était la plus remontée contre sa mère, à tel point qu'elle ne pouvait même pas l'appeler « maman », lui donne enfin ce titre.

     

    Il y a sans doute de l'autobiographie dans ce film, mais nous sommes nombreux sans doute à avoir souffert de l'abandon ou de l'indifférence de nos parents. L'amour maternel est une sorte de fantasme que nombre d'écrivains et de poètes ont célébré et qui a été, en quelque sorte, sanctifiée par une fête annuelle, même si celle-ci nous vient des temps contestés du pétainisme. A mes yeux, c'est plutôt bien d'avoir montré que toutes les femmes ne sont pas maternelles, et pourquoi le seraient-elles d’ailleurs ? Nous avons tous vécu avec cette sorte d'image d’Épinal où la femme devenue mère se sacrifiait pour ses enfants. Il suffit de promener son regard sur notre société, d'écouter parler les gens, de recueillir leur témoignage pour se persuader que toutes les grandes idées qu'on peut avoir sur la famille en général et sur les mères en particulier se révèlent souvent être des idées fausses mais qu'on transforme rapidement en tabou pour éviter de les évoquer. Après tout, toutes les petites filles n'ont pas joué à la poupée au sortir du berceau et si, mariées, elles ont donné la vie, ce n'était pas forcément par désir mais on peut imaginer qu'elles l'ont fait par hasard, par erreur, par accident ou pour satisfaire à un besoin de descendance de leur famille. L'amour n'est pas forcément au rendez-vous et elles ne sont pas, dans ces conditions, tenues d'aimer leurs rejetons. Tant pis pour eux, il faudra qu'ils s'y fassent, qu'ils vivent avec ce manque toute leur vie et qu'ils parviennent, peut-être à le surmonter !

     

    Ce film, même s'il comporte des longueurs inévitables compte tenu du thème traité n'est pas une fable, pas une fiction, bien au contraire, c'est un drame, une histoire banale mais douloureuse qui malheureusement se reproduit trop souvent et génère injustices et traumatismes pour les enfants qui sont, bien souvent, les seuls à payer.

     

     

     

    ©Hervé GAUTIER – Mai 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

  • Le Président - Un film d'Henri Verneuil

     

    N°576– Mai 2012.

    LE PRESIDENT – Un film d'Henri Verneuil (1961).

    (Arte – Dimanche 6 mai 2012 – 20h40).

     

    La politique est une chose passionnante mais ceux qui la font, c'est à dire ceux qui en font leur métier, le sont, à mes yeux, beaucoup moins. Ainsi donc, au soir du 6 mai 2012, une fois les résultats de l'élection présidentielle connus, ai-je eu plaisir à regarder une nouvelle fois le fameux film d'Henri Verneuil « Le Président ». Cela tombait plutôt bien et collait à l'actualité. Je délaissai donc les cris de victoire et d'espoir des vainqueurs, et les déclarations de dépit des autres, abandonnant la situation et ses évolutions probables aux commentaires des journalistes, aux déclarations des hommes politiques des deux bords, aux appréciations des instituts de sondage; tout cela reviendrait bien assez tôt, dès le lendemain dans les médias, sous forme de florilèges ou de chroniques. Et puis j'aime bien le cinéma. Surtout que ce film, même s'il n'est pas de la première jeunesse, même s'il est en noir et blanc, a le mérite d'être le reflet de la condition d'hommes politiques, même si le constat date un peu et s'inscrit dans une hypothétique IV° République qui s'est caractérisée par des crises ministérielles à répétition et a fini par en crever.

    Et puis, quand un film met en scène Jean Gabin, c'est plus fort que moi, il faut que je le regarde et que je le savoure tant cet acteur avait de talent. Il campait avec le même bonheur un prolétaire ou un aristocrate, un flic intègre ou un voyou de la pire espèce. Nous manquons actuellement terriblement de ces « Monstres sacrés » que chacun à plaisir à retrouver sur la pellicule bien des années après leur disparition. Et puis ce film brille aussi par les dialogues et aphorismes du regretté Michel Audiard qui savait si bien manier les mots. (« Dans un voyou il y a toujours un Préfet de Police qui sommeille » « Je suis un mélange de conservateur et d’anarchiste, dans des proportions qui restent à déterminer »)

    L'histoire où, bien entendu « toute ressemblance avec des personnes existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence » s'ouvre sur la visite d'un homme politique anglais de premier plan qui vient à Paris pour une conférence internationale et fait à son vieil ami, le Président Émile Beaufort (Jean Gabin), qui passe dans sa propriété familiale une retraite paisible, une visite de courtoisie. Paisible, pas tout à fait puisque, compte tenu de son grand âge, il y a à sa porte une meute de journalistes qui attendent la nouvelle de sa mort et que la venue du médecin ou du curé remplissent d'espoir. Au moins ils auront quelque chose à imprimer dans leur journal. C'est que l'homme n'est pas le premier venu. Il a été, dans le cadre d'une hypothétique IV° République, un Président du Conseil qui, à l'époque, éclipsait même le locataire de l'Elysée. Il incarnait, fictivement bien sûr, cette génération d'hommes qui étaient entrés en politique comme on entre en religion, c'est à dire qu'ils s'étaient investis si personnellement dans leurs fonctions qu'ils s'étaient oubliés eux-même. Quand on lui demande le détail de sa vie sentimentale Beaufort répond qu'il est veuf après dix années d'un mariage heureux, qu'il n'a jamais qu'une maîtresse, la France, et pour le reste, il a fréquenté les maisons closes et les théâtres subventionnés (merci Michel Audiard). Nous avons effectivement eu dans l'histoire de nos républiques des hommes qui se sont effacés devant leur fonction au point de ne pas pratiquer l'enrichissement personnel, le népotisme ou les prévarications de tous ordres, mais ils sont rares. Ceux de maintenant fréquentent plus souvent les prétoires et parfois même les prisons que les couloirs de la Chambre, les bureaux des ministères ou les salons des palais nationaux. Le traditionnel antiparlementarisme français vient sans doute de là.

    C'est que, un Président du Conseil, surtout quand il a été intègre, a toujours quelque chose à dire et compte bien laisser son nom dans l'histoire en révélant sur le tard les ficelles et les intrigues qui ont émaillé ses mandats. Alors il écrit ses mémoires. C'est bien ce que fait Beaufort. Il en profite pour jeter un regard désabusé sur l'espèce humaine en général, sur ses trahisons et ses compromissions et bien entendu sur la classe politique qu'il connaît bien. Son directeur de cabinet de l'époque, Philippe Chalamond (Bernard Blier), jeune homme plein d'avenir et d'ambition, trahit le secret qui entoure une prochaine dévaluation. C'était le temps où, quand elle était réussie, elle correspondait à une relance de l'économie, à condition qu'elle reste cachée jusqu'au dernier moment. Pour des raison d'enrichissement familiale et parce qu'il voit là une occasion de se lancer dans l'arène, il révèle cette mesure à son beau-père, banquier, ce qui lui permet de spéculer contre le franc, c'est à dire contre son pays. Beaufort ne peut enrayé cette décision mais exige que Chalamond atteste par écrit sa culpabilité. Cette simple lettre qui restera longtemps entre les mains de Beaufort bride Chalamond au point que le ministère de l'Intérieur charge la secrétaire particulière du Président de récupérer ce papier compromettant. Nous retrouvons Chalamond, à la Chambre quelques années plus tard. Il est question de la construction européenne que Beaufort avait défendue(déjà) et que Chalamond, alors chef de file des députés conservateurs, avait combattue. A l'époque, ils avaient refusé la confiance à Beaufort ce qui avait fait chuter son ministère. Cela a été l'occasion d'une envolée lyrique du Président comme on aimerait en entendre plus souvent au parlement et ailleurs, dénonçant l'affairisme des députés d'opposition. A l'un d'eux qui a fait du pacifisme son option politique, il reproche l'activité familiale de... fabriquant d'armes, à un autre, démocrate chrétien, il rappelle son métier d'avocat d'une banque israélite...

    Plus tard, Chalamond qui est pressenti comme chef de gouvernement, vient rendre visite nuitamment à Beaufort, sollicitant son avis et lui proposant une collaboration occulte, faisant aussi amende honorable, son projet de gouvernement reprenant celui de Beaufort qu'il avait portant combattu quelques années plus tôt. Le vieux renard refuse de succomber à la vanité de revenir ainsi aux affaires et Chalamond qui en réalité venait rechercher sa confession compromettante, repart sans l'avoir obtenue et se voit contraint de renoncer au pouvoir.

    J'ai revu ce film toujours d'actualité avec plaisir. On y parle des États-Unis d'Europe, du nécessaire abandon de la souveraineté nationale qu'implique le fédéralisme, de l'Europe de la fortune contre celle du travail. On y met une nouvelle fois en lumière la bassesse et la cupidité des hommes, leur appétit de pouvoir, l'hypocrisie qui gouverne cette espèce humaine décidément peu fréquentable.

     

    ©Hervé GAUTIER – Mai 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

     

     

     

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  • 16,rue d'Avelghem

    • Le 07/05/2012

     

     

     

     

    N°575– Mai 2012.

    16, RUE D'AVELGHEM – Xavier Houssin – Éditions Buchet Chastel.

    Ce roman est, si on en juge par les dédicataires, Angèle et Joseph, un peu un devoir de mémoire, mais pas au sens d'une obligation mais un peu comme ce qu'on faisait à l'école, une composition, une rédaction, pour ne pas perdre le souvenir de ceux qui nous ont quittés parce que les morts ne le sont jamais autant que lorsque les vivants ne pensent plus à eux.

    Le narrateur nous les présente, ces gens sans histoire qui habitent Roubaix l'adresse indiquée sur la couverture du livre. Lui, Joseph Lapierre, ancien combattant le la Grande guerre, ancien chauffeur de maître est un ouvrier modèle qui aime son travail, respecte le patron, va à la messe, ne fait pas grève et ne fréquente pas les cafés, un homme humble, père de famille nombreuse qui n'a pas réussi comme on dit maintenant. C'est lui qui a choisi cette nouvelle maison, c'était son idée, parce que dans la précédente on était un peu à l'étroit. C'est vrai qu'avec huit enfants il faut de l'espace ! C'était un peu une folie, une grande maison inoccupée depuis si longtemps, avec tous ces travaux et le loyer qui doublait. Comme le propriétaire était le directeur de la filature, il s'était endimanché pour la visiter. Angèle, sa femme n'était pas d'accord, mais elle s'est résignée, comme toujours. Après tout c'est lui le Pater Familias, celui qui commande et dont on ne discute pas les décisions. Et puis il y a le jardin, le potager et bientôt le poulailler pour améliorer l’ordinaire, et même, pour lui, une salle qui sera son jardin secret, son univers où il bricolera, où il se retirera.

    Dans cette maison, les enfants grandissent et l'Histoire semble extérieure à elle, le Front Populaire, la deuxième guerre mondiale, les restrictions, la libération, tout cela semble étranger à cette famille qui vit sa vie avec ses petits bonheurs et ses grands malheurs, les deuils, les maladies, les révoltes intérieures, les enfants qui s’affranchissent de la tutelle parentale et partent faire leur vie ailleurs, dans les ordres ou dans la société, qui ont à leur tour des enfants, la retraite qui vient et la maison qui se vide, les souvenirs, les regrets, les remords. ..On s'occupe comme on peu avec les fêtes de quartier, l'accordéon et les moules frites en se persuadant, sans trop y croire, que la vie est belle et qu'elle va durer longtemps.

    Puis c'est la solitude à deux, le jardin où les fleurs succèdent aux légumes, la salle à manger au rez de chaussée qui sert de chambre à coucher parce qu'on ne peut plus monter à l'étage, puis la mort qui s'installe, petit à petit, la Camarde qui emporte Joseph et quelques années après Angèle et la maison qu'on détruit pour faire un parking, une page qui se tourne, des vies qui s'évanouissent...

    Ce roman c'est une musique pleine de sensibilité, de tendresse, de poésie, de mélancolie aussi. Une évocation simple de la vie dans ce petit coin de France que ces gens n'ont jamais quitté ou si peu, une chronique douce-amère, un bon moment de lecture en tout cas.

    ©Hervé GAUTIER – Mai 2012.http://hervegautier.e-monsite.com