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la feuille volante

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  • LE PRIX A PAYER – un film d'Alexandra Leclère

     

    N°593– Septembre 2012.

    LE PRIX A PAYER – un film d'Alexandra Leclère [2007].

    TF1 Dimanche 23 septembre 2012 – 20H50.

     

    Je poursuis l'intérêt que je porte à l’œuvre cinématographique d'Alexandra Leclère. La Feuille Volante en a déjà été le témoin à propos des « Sœurs fâchées » (FV n° 554 de février 2012) et de « Maman » (FV n°577 de mai 2012) et j'avoue bien sincèrement que je suis très attentif à ce mode d'expression intimiste du cinéma.

     

    Ici, Alexandra Leclère s'attaque aux problèmes de couple. C'est sans doute peu original mais cela fait parti de la vie et mérite bien qu'on y prête un peu d'attention. Jean-Pierre Ménard [Christian Clavier], homme d'affaires riche et ayant réussi, est marié à une femme, jolie mais dépensière, Odile, [Natahlie Bayle] mais il est malheureux en ménage : c'est qu'elle a décidé depuis quelques temps de faire chambre à part et donc de se refuser à lui. Sur le conseil de Richard, son chauffeur macho et frustré [Gérard Lanvin] à qui il avoue son infortune, il lui supprime sa carte de crédit et son chéquier afin de la ramener vers lui. Il lui exprime les termes d'un marché qui a l'avantage de l'économie de mots et de la simplicité « Pas de cul, pas de fric » ! Avec une telle formule, le terme « devoir conjugal » prend tout son sens. De son côté, Richard vit avec Caroline[Géraldine Pailhas] qui poursuit un rêve inaccessible auquel il est étranger. Voici pour le décor.

     

    J'ai trouvé ce film un tantinet caricatural où d'un côté les femmes sont présentées comme des êtres libres qui s'adaptent à l'évolution de leur situation mais sont quand même dépendantes de l'argent de leur compagnon considéré comme un pourvoyeur d'euros, et de l'autre les hommes, pour qui l'argent qu'ils gagnent paie tout mais qui se sentent désemparés quand elles disparaissent. J'avoue que, malgré tout, j'ai du mal à entrer dans ce schéma un peu trop simpliste où les femmes sont maîtresses d'un jeu où l'argent est roi et achète les consciences et les postures,. Elles semblent assumer leur existence à travers lui, qu'elles se le procure à travers le travail ou les épisodes vaudevillesques. C'est plus fort que moi, je ne peux pas ne pas donner à la dernière réplique du film qu'Odile adresse à Jean-Pierre [« Tu comptes beaucoup pour moi »] une signification... comptable !

     

    J'ai trouvé le jeu des acteurs tout à fait dans le ton du film et conforme à son côté grand-guignol. A mon avis, la distribution sauve même le scénario. Cela aurait pu être drôle surtout lorsque Caroline avoue que dans sa vie l'écriture tient un grande place et correspond à ses aspirations profondes et que Jean-Pierre lui rétorque que sa femme aussi a des dispositions dans ce domaine, mais uniquement pour rédiger les chèques ! Pourtant, et malgré les apparences, je ne suis pas bien sûr d'avoir assisté à une « comédie », puisque j'y ai vu une illustration supplémentaire de la difficile cohabitation entre hommes et femmes et des épreuves qui émaillent inévitablement une vie de couple. On peut certes rire de tout mais ce genre d'épreuves laissent quand même des traces. Même l'épisode de la passade ratée avec un inconnu (Patrick Chesnais) ne me semble pas crédible. Je ne suis pas sûr non plus qu'Odile, à ce point dégoûtée de son mari, puisse répondre simplement à un admirateur enamouré qui lui déclare qu'elle est « très belle », qu'elle est seulement... « très mariée »  et qu'elle choisisse de revenir dans le giron familial ! Compte tenu de l'ambiance délétère qui règne au sein de ce couple, la fidélité de Jean-Pierre qui est ainsi artificiellement maintenue, ne me semble pas de mise. On imagine facilement qu'au lieu de se livrer à ce petit larcin misérable, il puisse préférer des amours de contrebande... D'autre part je conçois mal qu'une jolie femme en pleine possession de sa féminité, fasse l'impasse sur une vie sexuelle que son charme et sa beauté incitent naturellement à la séduction. Qu'elle se refuse à son mari pour des raisons obscures ou futiles, passe encore, qu'au moins elle satisfasse un ou plusieurs amants, l'abstinence qui est ici suscitée me semble quelque peu irréaliste !

     

    Jusque là je dois dire que j'avais apprécié le regard qu'Alexandra Leclère portait sur la société dont le cinéma peut être le miroir. Le thème choisi avait l'avantage de concerner le plus grand nombre d'entre nous qui n'ignorons pas que les relations entre les hommes et les femmes sont complexes, faites beaucoup plus de tensions, de haine et d'hypocrisie que d'amour et d'attachement. Ce qui est valable au début du mariage laisse rapidement la place à une atmosphère pesante où la passion se délite rapidement. Tous ceux qui ont contracté mariage l'ont fait par amour, pour faire comme tout le monde, par intérêt, par convenance, pour changer de vie ... mais on oublie un peu vite que, comme le spirituel, cela suppose une vocation. Après tout, on n'a pas trouvé mieux, depuis que le monde existe pour perpétuer la race et organiser les rapports entre les êtres. La morale, la philosophie, la religion, le droit ont tenté d'y mettre leur patte pour que cela ait des apparences correctes, présentables voire attirantes. Oui, mais, si on part du principe que l'amour existe, il rime rarement avec « toujours » et rapidement les choses prennent un autre visage moins avouable, fait de duplicités, de trahisons, d'infidélités... Le contrat de départ ne manque pas d'être écorné et presque naturellement c'est le divorce qui intervient, avec son lot de désillusions, de remords, de remises en question parfois impossible à surmonter, de vies brisées... On peut aussi admettre que les époux fassent perdurer artificiellement ce lien tout en vivant leur vie chacun de leur côté, en faisant prévaloir leur intérêt. Certes l'argent est roi et gouverne le monde, nous le savions déjà, mais de là à en faire l'enjeu de l'épanouissement sexuel d'un des conjoints, je trouve cela un peu fort. Ce problème de testostérone et de machisme me paraît un peu surfait. Je ne suis peut-être que très peu averti des choses de ce monde ou l'auteur a peut-être voulu être originale, mais il me semble que l'issue d'une telle situation intimement nuisible peut facilement être différente et déboucher sur une autre situation que celle proposée par le film. Cela aussi fait partie de cette règle du jeu et il n'est quand même pas rare que, dans le mariage, il y ait ce genre d'accident...

     

    J'ai donc été un peu déçu par ce film mais j'y ai retrouvé des thèmes traités dans « les sœurs fâchées »... et j'attends le suivant.

     

     

    ©Hervé GAUTIER – Septembre 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

  • HISTOIRE DE LA ROCHELLE – Sous la direction de Marcel Delafosse (†).

     

    N°592– Août 2012.

    HISTOIRE DE LA ROCHELLE – Sous la direction de Marcel Delafosse (†).

    Éditions Privat.

     

    Cet ouvrage collectif publié en 2002 est une nouvelle édition reprise, complétée et augmentée d'un ancien ouvrage portant le même titre, chez le même éditeur dans la collection « Pays et villes de France » publié en 1985.

    Les rédacteurs sont professeurs d'Université (Robert Favreau, Etienne Trocmé), maître de recherche au CNRS (Louis Pérouas), conservateurs (Olga de Sainte-Affrique, Marcel Delafosse(†). C'est assez dire que le document qui est ainsi livré au lecteur est un ouvrage de référence sur l'histoire de cette ville d'exception depuis sa fondation jusqu'à la période contemporaine.

     

    Cette « ville bénie des dieux » n'est principalement connue actuellement que par le festival des « Francofolies » et par les tours emblématiques de son port. Sans vouloir minimiser ces références très médiatiques, ce livre nous fait entrer dans les arcanes de l'histoire riche et palpitante de cette cité qui, au départ n'était qu'un modeste village de pêcheurs entouré de marais. A partir de l'an mil, et sans doute un peu par hasard, il se transforme en une cité qui ne cessera de grandir, de s'affirmer tout au long de sa vie pour devenir une des toutes premières villes de la côte atlantique.

    Grâce à cet ouvrage extrêmement bien documenté et pédagogiquement présenté, nous voyons cette cité, depuis sa création vivre et évoluer. Elle a été tour à tour anglaise, grâce à Aliénor d'Aquitaine, française à partir de 1224, puis à nouveau anglaise à la suite du traité de Brétigny de 1360 mais a toujours marqué son attachement à la couronne de France à laquelle elle est à nouveau rattachée en 1372.

    mais a toujours marqué son attachement à la couronne de France. Au début elle a abrité nombre de congrégations religieuses puis est devenue protestante et même une place forte, pour redevenir ensuite catholique surtout à partir de la fin du siège.

    Le XVII° siècle correspondit à l'essor colonial, celui du commerce et de la « course » qui enrichirent la ville et la dotèrent d'une architecture riche et originale. Lui succéda le XVIII°siècle pendant lequel le catholicisme revint en force, s'établit dans la ville et avec lui l'esprit de tolérance prôné par le siècle des Lumières qui a permis la cohabitation entre les deux communautés. Il en résulta l’émergence d'une nouvelle forme de société axée notamment sur la culture et un nouvel art de vivre ensemble.

    La Révolution a été à La Rochelle singulièrement modérée, loin de l’agitation parisienne. Quant au XIX° siècle, il fut « trop calme » selon l'expression des auteurs, mais le dynamisme inhérent à cette ville s'est à nouveau manifesté à la fin de cette période. La ville a consolidé son port de pêche, s'est installée dans l'industrialisation puis à nouveau dans le commerce international. Lorsque les crises successives eurent atténué ces activités, ce furent la culture, le savoir et le tourisme qui émergèrent et s'installèrent durablement.

    Très tôt la cité a dû sa richesse à son port d'où partaient le sel et le vin de l'Aunis. Puis des navires ont été armés, destinés au négoce avec les pays du nord, l'Afrique et les colonies ultramarines puis les Amériques, au commerce « en droiture » et «  triangulaire », enrichissant considérablement La Rochelle et en ont fait une cité longtemps convoitée. Si la perte du Canada et le révocation de l’Édit de Nantes, les guerres l'ont affaiblie, elles ne l'ont pas anéantie. Son activité commerciale a connu des périodes fastes de grande prospérité mais elle a aussi frôlé la ruine, on l'a même menacée de destruction, mais ses habitants ont toujours su comment la faire perdurer dans une paix relative favorable au commerce et à la vie en société. Autour notamment de ses édiles, elle a su relever les nombreux défis économiques sociaux qui se sont présentés, a su affirmer sa spécificité, son originalité, son sens de l’innovation, son amour de la liberté qui font d'elle, et définitivement, une cité « belle et rebelle ».

    Elle a donné à la France nombre de savants, juristes, militaires de haut rang, marins, écrivains et artistes. Son architecture urbaine exceptionnelle, son climat, sa douceur de vivre, ses attraits ont toujours fait d'elle une ville peuplée, attrayante, tolérante, véritable creuset, riche de diversités sociales et culturelle. On peut probablement regretter que Le Corbusier n'ait pas pu y donner toute la mesure de son talent mais Eugène Fromentin aurait aujourd’hui du mal à reconnaître « sa pauvre province », dans cette cité faite de pierre blanche et de toits ocres, bien différente de cette « vieille cité huguenote, grave, discrète avec ces maisons d'un luxe sévère aux façades sombres ».

     

    L'histoire nous enseigne les grandes évolutions des idées et peuples. C'est une discipline indispensable dans le vaste domaine de la connaissance et de la culture. J'ai personnellement, et depuis toujours, une passion pour cette ville et un tel ouvrage ne peut que me conforter dans mes certitudes.

     

     

    ©Hervé GAUTIER – Août 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

  • LA VIE EST BELLE – Un film de et avec Roberto Benigni

     

    N°591– Août 2012.

    LA VIE EST BELLE – Un film de et avec Roberto Benigni- 1997.

    [Cine + famiz – Mercredi 1° août 20h40.]

    Nous sommes en 1938 en Italie. Ce film met en scène Guido (Roberto Benigni), un serveur juif-italien excentrique, plein de joie de vivre, un peu dragueur et gaffeur qui souhaite ouvrir une librairie et passe son temps à deviner des rébus que lui propose un client de l'hôtel où il travaille. Il est d'autant plus extravagant qu'il tombe amoureux de Dora (Nicoletta Braschi), une jeune institutrice et cherche toutes les occasions de se faire remarquer. C'est plutôt mal engagé pour lui puisqu'elle est fiancée à un notable fasciste, mais Guido finit par l'épouser et à avoir avec elle un petit garçon, Giosué (Giorgio Cantarini). Malheureusement le régime de Mussolini persécute les juifs et, quelques années plus tard toute la famille est envoyée dans un camp d'extermination. Resté avec son fils, Guido va lui faire croire que tout ce qu'il voit n'est qu'un jeu où il faut accumuler des points pour gagner le premier prix qui est un vrai char d'assaut.

    Il est convenu de dire que ce film est une fable, une sorte de conte pour enfant. Benigni lui-même l'a prétendu. Il n'y a en effet rien de vraiment réaliste dans ce décor. Dans Arrezo où il habite, Guido semble étranger à la traque des juifs et ce film n'a rien de rigoureusement historique. Le camp est tout à fait fictif et Giosué a beau se cacher, on a du mal à croire à la réalité de ce que l'on voit. Malgré le travail forcé des prisonniers, le camp semble quelque peu surréaliste et tout ce qu'on sait de l'univers concentrationnaire ne se retrouve pas ici.[« Et si tout cela n'était qu'un rêve »]. Au début la magie opère dans les yeux de l'enfant qui croit l'histoire que son père lui raconte même si, à un certain moment il est le témoin d'une révélation sur le véritable but des nazis qui est l'élimination des juifs. Pourtant, Giosué semble avoir tout compris mais continue de faire semblant, même si cette histoire de char d'assaut qu'il avait fini par oublier, se transforme, à son grand étonnement, en réalité par la libération du camp par les troupes américaines. Guido lui-même se prend au jeu, surtout quand il s'improvise traducteur de l'allemand qu'il ne parle pas et quand il découvre le monceau d'ossements, il est complètement ébahi et semble prendre enfin conscience de l'évidence. Même la mort de Guido ne parvient pas à être triste parce qu'on songe, malgré nous peut-être à celle d'un clown de cirque à laquelle on ne croit pas et non à celle d'un déporté juif.

    Benigni donne ici toute sa mesure. Il réussit à nous faire sourire sur le thème de la mort, sur celui de l’extermination des êtres humains par d'autres hommes, sur celui de la Shoah. L'auteur semble nous dire que l'humour sauve de tout, même des pires choses, que c'est une bonne manière de résister à la noirceur, à l'oppression. Non seulement ce n'est pas faux puisque l'humour juif existe mais il a bien dû aider ce peuple dans son long combat pour l'existence.

    J'y ai vu une fabuleuse histoire d'amour, celle de Guido et de Dora : Il fait tout pour la conquérir et elle qui n'est pas juive exige de suivre son mari et son fils dans le train de déportés. Malgré la séparation du camp, Guido lui fait constamment des signes qu'elle comprend et il mourra en tentant de la retrouver. C'est un peu comme si lui aussi cherchait à se jouer une comédie et à se convaincre que tout ce camp n'est qu'un décor et qu'il va la rejoindre. C'est aussi une histoire d'amour d'un père pour son fils à qui il cherche à cacher la vérité. Même si ce film est tragique par le thème traité, par l’éclatement de cette famille qui ne demandait qu'à être heureuse et par la mort qui rôde, il ne faut pas oublier que ces faits, même s'ils sont imaginaires, même s'ils sont présentés avec humour et surréalité, peuvent parfaitement se reproduire de nos jours et le nazisme peut prendre des formes inattendues mais bien réelles.

    De nombreux prix qui ont couronné ce film (César du meilleur film étranger – Oscar du meilleur film étranger – Oscar du meilleur acteur pour Roberto Benigni – Oscar de la meilleure musique de film)... Pour ma part, une fois l'écran devenu noir j'ai eu la certitude d'avoir assisté à une histoire poétique et pleine d'émotion.

    ©Hervé GAUTIER – Août 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

  • LA ROCHELLE, fille de la mer – Christian Errath, Raymond Silar

     

    N°589– Juillet 2012.

    LA ROCHELLE, fille de la mer – Christian Errath, Raymond Silar - Geste Éditions.

     

    Dans mon imaginaire personnel, il est des villes dont le nom seul évoque le voyage, l'exceptionnel, un attachement à la fois irrationnel et définitif. La Rochelle est de celles-là. Son nom sonne comme celui d'un rocher solide face à l'océan, elle évoque mon enfance et pas mal de souvenirs. Pour l'extérieur elle reste attachée aux paroles d'une chanson (« Les filles de La Rochelle »), au douloureux siège de Richelieu, à ses emblématiques tours, aux 4 sergents qui y furent emprisonnés. Jadis la reine Aliénor en fit le port de l'Aquitaine et lui accorda le privilège de « franche commune ». Elle fut ensuite dédiée aux expéditions lointaines, au commerce triangulaire, puis à celui des produits du pays, sel, vins puis plus tard céréales, à la pêche à la morue, à celle de haute mer et à celle des coureaux. Aujourd'hui elle est le symbole de la culture et de l'université, de la plaisance, des loisirs, de l'écologie, des Francofolies, de la porte vers l'île de Ré, d'un art de vivre différent, mais elle a toujours été tournée vers la mer...

     

    Avec le texte érudit à l'humour subtil de Raymond Silar et les photographies pleines de cette lumière océane de Christian Errath, le lecteur se promène à la fois dans l'histoire et dans le présent de cette cité « bénie des dieux », créée, dit-on, par la fée Mélusine, mariée à l'Atlantique. Avec ces auteurs, le lecteur découvre « La grande aventure rochelaise » que ses différents musées évoquent et que sa pierre blanche conserve. Ses habitants ont su relever les défis de l'histoire, s'adapter aux changements structurels qui ont accompagné son parcours. Autrefois blottie derrière ses remparts, elle a su « prendre le vent des conquêtes nouvelles » et faire œuvre d'imagination dans bien des domaines ce qui a fait d'elle un véritable modèle. Cette ville à la fois « Belle et rebelle », conquise sur la mer a été successivement depuis Aliénor d'Aquitaine, anglaise puis française, catholique avec la présence des Templiers, des Carmes, des Jésuites et des Oratoriens... puis, évidemment, protestante, en paix et en guerre, peuplée à la fois d'ouvriers et de riches notables commerçants et armateurs. Elle garde les traces architecturales du temps, entre ses célèbres arcades, ses maisons à colombage, ses hôtels particuliers et ses bâtiments de style renaissance ou du XVIII° siècle. Une cité maritime où se mêlent tous les styles et toutes les influences, avec bonheur !

     

    Depuis le hameau de Cougnes qui a été à l'origine de sa fondation, elle a été tour à tour place forte en guerre et ville de paix, a su s'opposer au pouvoir central si celui-ci devenait trop pesant mais aussi se montrer loyale à ce même pouvoir quand il le fallait. La devise de ses armes,« Servabor rectore deo »(guidé par Dieu, je serai sauvé), même si elle prête à diverses interprétations, illustre bien son attitude. Elle a abrité des célébrités, savants, voyageurs, artistes, peintres, écrivains, philosophes, avocats, inventeurs, marins mais aussi des hommes au caractère bien affirmé, notamment parmi ses édiles nommés ici depuis 1199. Les Rochelais ont dû se battre pour conserver le privilège d'élire leur maire et ce d'autant plus qu'ils devaient cette singularité à Aliénor, une Duchesse-Reine en plein Moyen-Age ! Ils ont payé un lourd tribut lors des luttes qui ont jalonné l'histoire de cette cité mais la vie, la liberté et l'indépendance ont toujours prévalu ce qui la rend extraordinairement attractive.

     

    La Rochelle a toujours exercé une véritable fascination sur ceux qui l'ont approchée, a suscité des créations artistiques et des innovations parfois audacieuses de tous ordres, bref n'a laissé personne indifférent, a toujours insufflé à ses habitants autant qu'aux touristes de passage sa vitalité, son originalité, son souffle chaleureux.

     

     

     

    ©Hervé GAUTIER – Juillet 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

  • TANGO POUR UNE ROSE – Laura Pariani

     

    N°587– Juillet 2012.

    TANGO POUR UNE ROSE – Laura Pariani – Flammarion.

    Traduit de l'italien par Dominique Vittoz

     

    Le tango, c'est l'Argentine où Antoine de Saint-Exupéry a rencontré sa femme Consuelo, la rose c'est celle du Petit Prince dont l'enfant est éperdument amoureux et dont il est responsable sur cette drôle de planète, c'est elle puisqu'elle est présente dans ce roman. C'est aussi une référence aux mémoires de Consuelo intitulée « Mémoire de la rose ». Voilà donc pour le titre.

     

    Ce récit fictif est celui imaginé par l'auteur qui met ainsi en scène les derniers moments de l'aviateur-écrivain, sa dernière lettre à Consuelo où il lui redit son amour avec, en sourdine, les notes tout autant imaginées d'un ultime tango.

    Je l'ai lu avec ce souvenir que ne me quitte jamais de cet enfant mystérieux venu à la rencontre de cet aviateur tombé en panne dans le désert, avec aussi cette photo de John Phillips où l'on voit, pour la dernière fois le visage inquiet de St Ex qui s'envole vers la mort, crainte ou fascination ? Ce sont, peut-être pas forcément fictivement, une somme de réflexions personnelles sur le passage vers le néant, mêlées à des souvenirs de sa vie un peu cahoteuse, faite d'accidents d'avion et de voyages lointains, de son enfance heureuse malgré la disparition soudaine de son père et d'un de ses frères, un parcours d'homme, partagé entre l'écriture et l'avion, l'amour de la vie et les errances amoureuses et cette attirance vers la mort dont la guerre lui offrira l'opportunité. Disparu dans des conditions énigmatiques, il deviendra encore davantage un mythe, celui d'un homme devenu écrivain un peu par hasard mais qui fait chanter les mots, qui fait rêver son lecteur et réveille en lui les contours évanouis de l'enfance, les découvertes de l'aventure.

     

    L'auteur lui prête des conversations philosophiques avec un indien ou un mécanicien. On y parle de la fuite du temps, de l'incontournable mort, de l'aspect transitoire de la vie, des plaisirs éphémères, de la volonté de laisser une trace derrière soi. En contrepoint il y a cet air lancinant du tango, cette danse à la fois langoureuse et sensuelle, rythmée et énigmatique aussi où l'homme et la femme jouent une partition personnelle sur le thème de la séduction, de la possession, de la fuite mais aussi du hasard, de l'improvisation, du mystère, du symbole, entre tendresse et agressivité.

    C'est une fable inspirée à la fois par St Ex (rebaptisé Tonio) et par Dante où l'aviateur écrirait à Consuelo une lettre qui n'arrivera jamais, où le Ligthning P38 qui lui servira de cercueil est remplacé par un autocar mais où les balles meurtrières viennent quand même interrompre ce parcours terrestres à son heure comme si d'invisibles Parques officiaient, avec en arrière plan les paysages de son enfance aperçus une dernière fois. En ce 31 juillet 1944, St Ex est parti rejoindre Le Petit Prince rencontré un jour dans le désert, entre les pages d'un livre ou pendant une longue période de géniale inspiration.

     

    ©Hervé GAUTIER – Juillet 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

  • La Rochelle, « Poche » de l'Atlantique - Christiane Gaschignard

     

    N°584– Juillet 2012.

    La Rochelle, « Poche » de l'Atlantique – Christiane Gaschignard – Éditions « Rumeur des Ages ».

     

    Les liens qui m'unissent à La Rochelle font que rien de ce qui touche à cette cité ne m'est indifférent, cette chronique s'étant déjà largement fait l'écho des événements qui s'y sont déroulés ou des gens qui y ont vécu. Son histoire a été mouvementée et bien souvent bousculée par des guerres, des sièges dont le plus célèbre est celui de 1627 au cours duquel Richelieu réduisit la place forte des protestants. Mais ce ne fut pas le seul ! La « Belle et rebelle », comme on l'appelle, a toujours été un endroit stratégique au bord de l' Atlantique. Le dernier en date fut celui de « la poche de La Rochelle » à la fin de la deuxième Guerre mondiale (Août 1944 – mai 1945).

     

    Dès juin 1940, elle a été déclarée « ville ouverte » et rapidement occupée par les Allemands. La Pallice, port en eaux profondes, présentait en effet un intérêt particulier pour l'ennemi et l'organisation Todt y construisit, de 1941 à 1943, une imposante base sous-marine, élément essentiel du « Mur de l'Atlantique » complétée sur le littoral par des blockhaus, des batteries d'artillerie, des bunkers. La Rochelle-Pallice était en effet « le port allemand de l'atlantique » autant que le siège du commandement du sud-ouest. Pourtant, un débarquement sur ces côtes n'a jamais été sérieusement envisagé.

    Cette période de huit mois a donc constitué le 5° siège de l'histoire de la cité rochelaise, période pendant laquelle l'angoisse a succédé à l'espoir, le temps s'est en quelque sorte arrêté puisqu'elle était coupée du reste de la France et que planait sur elle une menace de destruction. C'était une situation un peu surréaliste puisque les Allemands qui commençaient à reculer sur le reste du territoire tenaient encore ce port dans le but de le rendre inutilisable par les alliés mais aussi de fixer des troupes loin du front qui avançait vers l'Allemagne et de garder intacte leur base de sous-marins. Cette présence ennemie constituait donc un danger d'autant que pour les Américains, La Rochelle ne constituait pas une priorité et qu'il fallait marcher sur Berlin. Les Allemands tenaient certes la ville, mais, face aux troupes françaises et aux FFI, ils étaient également prisonniers ce qui entraîna une cohabitation avec les Rochelais. La présence de ces derniers fut salutaire puisqu'on pouvait penser qu'elle constituait une sorte de bouclier contre les bombardements alliés bien que, après la destruction de Royan, cette certitude fut quelque peu remise en question dans la population. De plus, l'imminence de la fin des combats a catalysé les mouvements de Résistance qu'il fallait impérativement unifier et coordonner aux manœuvres des régiments de l'armée régulière en évitant les débordements. Bien entendu se posa la question du ravitaillement qui intéressait à la fois les Français et les Allemands mais aussi la présence de la Milice, les « collabos », le marché noir, comme partout durant la guerre. Heureusement la Suède a apporté son concours et l'approvisionnement de La Rochelle fut réalisé dans l'ordre et le calme.

     

    L'originalité de cette « poche » fut, comme le souligne opportunément l'auteur, « sa dimension humaine ». L'administration et les instances de Libération ont su faire preuve de souplesse pendant cette période mouvementée d'autant plus que si les comités de Libération commençaient à se manifester, les structures pétainistes demeuraient néanmoins en place. Mais les Rochelais se sont montrés sages et tempérés en évitant au maximum des occasions de friction avec l'occupant. De même que le signal de la Résistance avait été donné dès juin 1940 par le maire Léonce Vieljeux, cette volonté d'apaisement a été incarnée par des hommes tels que le commandant Hubert Meyer et l'amiral Schirlitz qui négocièrent diplomatiquement entre hommes de bonne volonté et de raison une reddition honorable pour les Allemands et la remise de la ville intacte aux forces françaises, ce qui était essentiel dans le futur redressement du pays. Le colonel Adeline, de son côté, fit preuve de détermination pour faire que « la convention du 20 octobre » soit signée. Il n'y eut donc pas de combats pendant cette période et les Allemands furent considérés comme des prisonniers de guerre.

    Si La Rochelle a été libérée bien après Strasbourg, elle l'a été par les Français eux-mêmes et surtout sans dommages pour ses installations portuaires, la riche architecture de la ville et sa population. La situation aurait facilement pu rapidement dégénérer mais ce ne fut pas la cas et on préféra la négociation à l'emploi de la force et la volonté de vengeance.

     

    J'ai lu ce livre fort bien documenté et passionnant du début à la fin avec les yeux d'un Rochelais désireux d'en savoir toujours davantage sur « cette ville bénie des dieux » dont le renom ne cesse de grandir. Même s'il a été publié en 1987, cet ouvrage est essentiel pour la connaissance de cette cité et de sa population.

     

    ©Hervé GAUTIER – Juillet 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

     

     

     

     

     

     

     

  • LA VIE EN SOURDINE-David Lodge – Éditions Rivages.

     

    N°583– Juin 2012.

    LA VIE EN SOURDINE – David Lodge – Éditions Rivages.

    Traduit de l'anglais par Maurice et Yvonne Couturier.

     

    Desmond Bates est un ancien professeur de linguistique à la retraite dans une petite ville du nord de l'Angleterre. Il est veuf, sexagénaire et remarié avec Winfred dont il est très amoureux. Elle est de quelques années sa cadette mais sa vie mondaine et professionnelle est assez débordante. S'il a choisi une retraite anticipée c'est qu'il a un grave problème d'audition. Il n'est pas complètement sourd, mais plutôt malentendant et se sent maintenant inutile[« Que vais-je faire de moi aujourd’hui ? », question à laquelle il se trouvait confronté chaque matin en se réveillant depuis qu'il était à la retraite »], surtout devant la réussite professionnelle de sa femme. C'est sans doute pour cela qu'il accepte une tournée de conférences en Pologne alors que rien ne le justifie. Comme tous ceux qui souffrent d'un tel désagrément, il est isolé du monde extérieur, malgré les appareils auditifs avec lesquels il semble avoir pas mal de difficultés. Il se réfugie dans la lecture quotidienne du « Guardian » et les visites qu'il fait à son père, seul, vieux et sourd lui aussi. A l'occasion, il ne dédaigne pas un petit verre !

    Les activités culturelles de son épouse l’entraînent souvent dans des manifestations où il s'ennuie d'autant plus qu'il entend mal. Dans l'une d'elles, il fait la rencontre d'une jeune étudiante américaine, Alex Loom, qui lui tient un long discours auquel il n'entend goutte, et pour cause! Elle le relance pourtant le lendemain en lui demandant de l'aider dans sa soutenance de thèse... avec pour thème une approche particulière sur le suicide, le lecteur comprendra pourquoi par la suite. Le sujet intéresse Bates, mais ce qui le gêne c'est que ce travail se fera dans le dos d'un de ses collègues encore en poste et surtout qu'une relation équivoque commence à se nouer entre la jeune fille un peu fantasque, affabulatrice et aguicheuse et le vieux professeur. Finalement, elle repartira en Amérique sans avoir mené ses recherches universitaires à leur terme. Son départ illustrera une nouvelle fois son côté cynique et manipulateur.

     

    Le récit prend la forme d'un journal intime tenu par Desmond lui-même, donc à la première personne mais, bizarrement, il change et écrit « Je me sens pris par une brusque envie d'écrire à la troisième personne » pourtant il emploie le « je » dans la presque totalité du récit. Ce texte est la narration d'une tranche de vie d'un vieil homme qui s'ennuie dans sa récente retraite et qui collationne ce qui lui arrive, ses réflexions sur la mort, sur l'amour qu'il porte à sa jeune épouse et ses états d'âme sur une passade possible avec Alex.

    Au départ je trouvais que la relation du quotidien de Desmond procurait une lecture fastidieuse, notamment ses tribulations avec son appareil auditif, ses fantasmes personnels et sexuels quelque peu échevelés, ses démêlés avec Alex , ses cours de lecture labiale, les difficultés avec son père aussi sourd que lui, veuf et atteint par la maladie d’Alzheimer. Il excelle pourtant dans la description des moindres gestes, des plus petits détails et s'attache son lecteur qui, grâce à son humour subtil, a envie d'en savoir davantage, même si parfois ses digressions prennent une dimension dangereusement universitaire. Il réussit à rire de lui-même, trouvant dans son infirmité matière à plaisanter(«la surdité est comique, la cécité est tragique », « Il y a au moins une chose que nous autres les sourdingues réussissons à faire dans une réception, c'est de déclencher le rire des gens avec nos bourdes, et ils n'ont pas se plaindre de moi en la circonstance »), et ce malgré le fait qu'il associe la surdité à la mort. Le titre anglais lui-même [Deaf Sentence] est un jeu sur le mot deaf (surdité) et death (mort). L'hospitalisation de son père consécutive à une attaque et son décès lui rappellent celui de sa propre mère, « organisé » par son entourage.

    En fait, Desmond est à a recherche du bonheur qu'il pensait avoir trouvé en épousant Winfred. Mais cette femme plus jeune que lui, se dérobe de plus en plus à ses sollicitudes sexuelles, lui échappe et il note qu'elle se conduit par rapport à lui « comme une étrangère » plus soucieuse de de son travail que de son mari... et lui l'attend toute la journée à la maison. Sa visite solitaire au camp d'Auschwitz en est l'allégorie, de même que le plaisir qu'il ressent à rester dans le silence qui le protège des agressions du monde extérieur. Il ne profite même pas de la présence d'Alex qui pourrait représenter pour lui une foucade. C'est tout le problème des hommes qui ont épousé des femme plus jeunes et qui désirent le rester et Desmond se prépare à reproduire l'exemple de son père dont il s'occupe pourtant avec patience. On imagine très bien ce qu'il adviendra de lui dans quelques années et la déréliction qui en résultera.

    C'est donc un roman doux-amer que nous livre ici cet auteur à la fois érudit et drôle bien qu'il traite de la maladie, de la vieillesse, de la dégradation physique, de la fin de vie et de la différence grandissante qui existe entre un homme vieillissant et une épouse plus jeune que lui et je ne parle pas de de la valse- hésitation de Desmond face à Alex, ses interrogations, ses craintes pour l'avenir, sa phobie de la mort ...

     

    J'avais lu avec plaisir « Jeux de maux » du même auteur (La Feuille Volante n° 330). Encore une fois, je n'ai pas été déçu, David Lodge est vraiment passionnant.

     

     

    ©Hervé GAUTIER – Juin 2012.http://hervegautier.e-monsite.com

  • Le loup dans la bergerie - Gunnar Staalesen

     

    N°581– Juin 2012.

    LE LOUP DANS LA BERGERIE – Gunnar Staalesen – Gaïa [1977]

    Traduit du norvégien par Olivier Gouchet.

     

    Pour Varg Veum, détective privé de son état à Bergen (Norvège), cette période de l'année est plutôt exceptionnelle : deux clients pratiquement à la fois sollicitent ses services. L'un, un avocat connu, William Moberg, pense que sa femme le trompe et souhaite qu'il en fasse la preuve et l'autre, Ragnar Veide veut retrouver sa sœur, Margeret, disparue depuis de nombreuses années et dont il est sans nouvelles. C'est d'autant plus urgent que leur père est à l'article de la mort. Bien qu'il lui faille payer ses factures qui s'entassent dangereusement sur son bureau, il refuse la première enquête mais accepte la seconde... pourtant il ne tarde pas à s'apercevoir, d'après une photo, qu'il s'agit de la même personne ! Après d'ennuyeuses filatures, l'épouse de l’avocat est retrouvée morte et le frère commanditaire de la deuxième enquête s'avère être une autre personne... et la police soupçonne Veum d'être l'auteur du meurtre. C'est donc un classique du roman policier qui nous est ici proposé.

     

    Il y a du Nestor Burma chez Veum, les même ennuis avec les autorités, le même désœuvrement, la même foule de cadavres qui l'entoure, le même problème avec l'alcool et les femmes, le potentiel de séduction en moins peut-être ? Bref, l'image traditionnelle du privé. Le thème abordé ici est le trafic de drogue, ce qui était peut-être original il y a quelques années, à l'époque de l'écriture de ce premier roman,(1977) mais qui aujourd'hui est plutôt banal. Comme cela sera son habitude dans les autres romans, il le livre à une attaque de la société, montrant ici que les bénéficiaires de ce commerce illicite ne sont pas forcement ceux qu'on attend. Il dénonce ici les agissements d'une couche pourtant aisée de la société norvégienne de cette ville portuaire mais qui se drape dans l'hypocrisie et le faux semblant. Il s'agit aussi de relations extra-conjugales qui conduiront Veum à un réseau de prostitution.

     

    Comme je l'ai déjà indiqué dans le numéro précédent (La Feuille Volante n° 580), j'ai découvert cet auteur par hasard. J'avais déjà noté le style humoristique qui doit sans doute beaucoup à la traduction, mais j'ai toujours un faible pour un livre qui m'accroche dès la première ligne. Au moins cela m’encourage à poursuivre ma lecture. Jugez plutôt la première phrase de celui-ci «  Au commencement était le bureau et au bureau, il y avait moi,les pieds sur la table. Le bureau était rangé … A gauche il y avait une pile de facture, à droite il y avait ce que je possédait en argent liquide, dix couronnes et trente ore... » Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai trouvé cela engageant ! J'ai pu vérifier au long du roman qu'il a aussi le sens de la formule.

    Il s'agit ici du premier roman de Gunnar Staalesen

    ©Hervé GAUTIER – Juin 2012.http://hervegautier.e-monsite.com