la feuille volante
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LE LISEUR – Bernhard SCHLINK
- Le 21/11/2009
- Dans Autres littératures étrangères
N°378– Novembre 2009
LE LISEUR – Bernhard SCHLINK – Gallimard Roman [traduit de l'allemand par Bernard Lortholary].
Des les premières lignes, le narrateur, Michaël Berg, se présente comme un adolescent chétif et maladif âgé de quinze ans qui fait sa première expérience amoureuse avec une femme qui a l'âge de sa mère. A bien y réfléchir, cette sorte d'initiation, sans être courante, est quand même exceptionnelle. On n'oublie jamais un tel épisode de sa vie, surtout s'il se déroule sous de tels auspices et ce récit pourrait s'arrêter là. C'est, certes, une remémoration du passé, mais l'auteur l'exprime avec une formule qui revient souvent « C'est aussi une image qui me reste d'Hanna ». Mais l'évocation de sa partenaire, Hanna, a quelque chose de lointain, sans pour autant que cette impression d'éloignement ne doive rien au temps qui a passé. Les réactions de cette femmes sont bizarres: elle lui donne du plaisir, a des réactions violentes et coléreuses mais lui demande de lui faire la lecture(d'où le titre), puis un jour elle disparaît de sa vie sans motif. Lui, qui de son côté avait choisi de ne rien révéler de cette liaison, ressent du chagrin solitaire face à ce départ précipité.
Il la retrouve quelques années plus tard, alors qu'il est étudiant en droit et qu'elle est dans un box d'accusés. Pendant la guerre, elle s'était engagée aux côtés de SS comme surveillante de camp de concentration et doit répondre de ses crimes. Dès lors pour lui, bien des choses qui étaient restées en suspens, trouvent une explication, sa fuite sans raison, son habitude de choisir dans le camp une lectrice parmi les prisonnières, lui permettant ainsi de vivre quelques heures plus supportables avant la mort, ses différentes dérobades professionnelles, plus tard, après la guerre... Au cours de ce procès, qu'il suit de bout en bout, il découvre qu'elle est analphabète. Dès lors, face à ses juges, elle se défend mal, cherche même la condamnation et n'ose pas avouer qu'elle ne sait pas lire. De quoi a-t-elle le plus honte, de ne pas savoir lire ou d'avoir été un bourreau? L'auteur lui-même est partagé et en conçoit une culpabilité d'avoir aimé une criminelle. Dès lors se bousculent dans son esprit l'image de la femme sensuelle qu'elle a été pour lui et celle de la tortionnaire qu'elle a dû être pour ses prisonnières même si des zones d'ombre subsistent et des questions émergent : Est ce qu'on tue sur ordre, par amour de la violence, par désir de vengeance, par haine des hommes?
Malgré sa position de subalterne, à cause sans doute d'un épisode particulièrement atroce où elle laisse planer un doute sur sa responsabilité, elle finit par être condamnée à la prison à perpétuité sans que l'auteur puisse rien faire pour elle. D'ailleurs, malgré la fascination qu'elle exerce toujours sur lui, il choisit de ne rien faire et de laisser passer la justice. Cette attitude ambiguë répond sans doute à celle d'Hanna désirant garder le secret sur son analphabétisme?
Puis la vie du narrateur s'est déroulée comme celle d'un homme, un mariage, un divorce, des liaisons avec d'autres femmes, mais, dans chacune de ses passades, il recherchait malgré tout et sans peut-être se l'avouer à lui-même, le goût et le parfum de cette Hanna. Autant de fuites dont il se sent coupable...Devenu juriste et historien du droit, il s'intéressa au Troisième Reich et retrouva la trace d'Hanna dans sa prison. Pour elle, il se mit à lire l'odyssée d'Homère(« l'odyssée est l'histoire d'un mouvement qui à la fois vise un but et n'en a pas »), puis à Schnitzler, à Tchekhov et à beaucoup d'autres auteurs qu'il enregistra à haute voix et sur des cassettes qu'il lui fit parvenir. Une nouvelle fois il redevient son « liseur ». Puis vinrent des textes originaux de l'auteur écrits exclusivement pour cette femme.
Cela avait quelque chose de surréaliste : écrire et dire ces textes à haute voix pour cette femme à la fois analphabète et absente, lui faire parvenir sans jamais chercher à la voir, des enregistrements qui étaient autant de déclarations d'amour alors qu'il demeurait volontairement loin d'elle, manifestaient cette volonté de ne pas l'oublier et de lui permettre d'accéder à la lecture. De fait Hanna fait l'effort d'apprendre à lire et à écrire pour lui seul. Ses lettres brèves qui étaient autant de victoires sur elle-même, devinrent avec le temps pertinentes et pleines de sens critique au regard de l'écriture créative de l'auteur. Ces enregistrements étaient le seul lien qui la reliait à l'extérieur mais elle semblait indifférente à cette opportunité. Quand vint le temps du pardon et qu'une libération anticipée fut envisagée pour Hanna, le narrateur est amené à la rencontrer, à envisager pour elle une réinsertion dans cette société. C'est pourtant une vielle femme qu'il retrouve après tant d'année d'incarcération de sorte que si lui fait un effort réel dans sa direction, elle préfère la mort pour échapper probablement à une vie commune avec lui ou pour gommer à jamais l'image grise qu'elle lui a donnée d'elle, incapable peut-être d'accepter le pardon impossible qu'un séjour en prison lui a fait « mériter », préférant peut-être la mort à la rencontre toujours probable d'une de ses anciennes prisonnières?
J'ai rarement lu un roman aussi bouleversant, bien écrit [et en tout cas bien traduit] qui tient en haleine le lecteur de bout en bout.
Le livre refermé, il reste des questions sur le pouvoir de l'écriture. L'auteur s'en explique « Je voulus écrire cette histoire pour m'en débarrasser », mais l'écriture a-t-elle véritablement ce pouvoir exorcisant? Les Allemands, qui bien souvent n'étaient pas nés lors de la deuxième guerre mondiale éprouvent-ils des difficultés à aborder l'histoire de leur pays lors de cette période? La culpabilité, qui est très présente chez Schlink, peut-elle être gommée par le pardon? Le pardon est-il possible?
©Hervé GAUTIER – Novembre 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
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LE CHANT DE LA MER – Norman LEWIS
- Le 07/11/2009
- Dans Autres littératures étrangères
N°377– Novembre 2009
LE CHANT DE LA MER – Norman LEWIS– Phébus.
« Il n'y a rien ici »!
En effet, c'est un décor du nulle part, quelques barques, des chats maigres qui s'acharnent sur les reliefs de la dernière pêche, la mer, quelques maisons qui forment un méchant bourg ensoleillé de Catalogne après la deuxième guerre mondiale, après la guerre civile espagnole, en pleine période franquiste. Que vient donc faire ici, dans ce petit village de Farol, sur les bords de la Méditerranée, cet étranger, un Anglais, un « homme tranquille », un peu taiseux à cause de sa vie antérieure, de la guerre à peine terminée il y a quelques mois avec ses désillusions, ses désespoirs, ses horreurs ? Il pourrait rentrer chez lui, en Angleterre, mais il a plutôt suivi les prescriptions de son médecin, le changement d'air, le changement de vie...
Mais voilà, il est ici un étranger et on se méfie de lui. Lui, désireux de n'être pas venu ici pour rien et surtout d'y demeurer, à cause probablement des rituels, des silences, de la vie simple de cet endroit où il n'y a effectivement rien, de sa volonté de se poser quelque part sur terre, parce qu'il est saisi intimement de cette appétit de réadaptation au monde, de son attachement intime à l'imperfection qu'il chérit, de la volonté d'être différent politiquement, de rester fidèle au valeur de l'ancienne république, va petit à petit se faire accepter par ce peuple, s'acclimater dans ce petit port catalan. C'est en cherchant à se fondre dans ce paysage, gardant le silence et cherchant à n'être « personne » qu'il va, sans même s'en apercevoir, être accepté par les autres villageois, sans doute parce qu'il leur ressemble! Il va l'être tellement qu'on lui fait des confidences, qu'on l'invite pour des parties de pêche tout en l'initiant aux tabous du métier, qu'on lui confie les comptes...
Il a choisi cet endroit parce qu'il est l'écart, parce que le temps semble s'y être arrêté, à cause des chats qui, plus que les autres animaux donnent l'impression à l'étranger qu'il vient effectivement d'une autre planète.
Un village n'est rien sans ses personnages : ce curé assez anachronique dans un bastion où historiquement on a toujours refusé le clergé; on le supporte à cause peut-être de la maîtresse qu'il entretient au vu et au su de tous, l'alcade, désigné par le pouvoir central et dictatorial de Franco qui fait semblant de diriger tout ce petit monde, Don Alberto, grand propriétaire, personnage anachronique qui semble tout droit sorti d'un roman de Cervantès, mais surtout la grand-mère chez qui l'auteur choisit de loger, une femme à la fois fantasque et attachante, qui, en réalité gouverne ce village et qui tient son pouvoir du seul fait que c'est là « le pays des chats », Muga qui incarne la modernité mais surtout le changement, le pouvoir de l'argent.
C'est un récit labyrinthique, nécessairement magique que nous offre l'auteur. Il y distille, avec un certain humour, le délicat parfum de l'éphémère de cette vie, de la fragilité de ce monde qui est le nôtre, une délicate musique un peu enrouée de fin de quelque chose qui, même si on ne le veut pas, finit par être tragique et pleine de désespoir. Les choses évoluent sur cette terre, et pas forcément dans le sens souhaité, la nostalgie des temps anciens peut exister et perdurer, l'humour combattre plus ou moins efficacement tout cela, mais la réalité est là. Farol, avec ses airs d'ailleurs, comme marginalisé par lui-même et désireux de faire durer ce climat d'exception va être emporté par la spirale du temps: les bancs de poissons vont se faire de plus en plus rares, les chênes-lièges, richesse de l'arrière-pays, seront atteints par la maladie, l'argent qui corrompt tout, les « libertés venues du Nord », la spéculation... Ce petit peuple « d'irréductibles », attaché viscéralement à son originalité va voir la voir se dissoudre avec rapidité... C'est probablement là ce qu'on appelle le sens de l'Histoire, l'évolution des choses, le progrès, la recherche inévitable et irréversible du confort, même si tout cela ressemble étrangement à une auto-destruction, au nom du sacro-saint profit, dont les sociétés dites civilisées sont friandes. Face à cela, ce petit coin de terre ne pèse rien et cette fable, pas si fictive que cela, ce « chant de la mer »,qui nous renvoient peut-être à celui des sirènes qui charmèrent Ulysse qui nous endort assurément est une prise de conscience bienvenue mais qui, malheureusement a toute les chances de demeurer lettre morte.
©Hervé GAUTIER – Novembre 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
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SEUL DANS LE NOIR - Paul AUSTER
- Le 25/10/2009
- Dans Littérature anglo-américaine
N°374– Octobre 2009
SEUL DANS LE NOIR – Paul AUSTER- Actes Sud.
Le cadre tout d'abord: August Brill, soixante douze ans, veuf, critique littéraire à la retraite, immobilisé par un accident de voiture, vit dans le Vermont chez sa fille, Miriam qui ne peut se libérer de la blessure que lui a infligé son divorce même si cela fait cinq ans que ce mariage a été dissout. Elle a recueilli sa fille, Katya, anéantie elle aussi par la mort de Titus qu'elle avait quitté et qui a perdu la vie dans des circonstances atroces en Irak. Elle est rongée par la culpabilité et s'accuse de cette mort absurde qui, à ses yeux, est motivée par leur séparation. Ce sont donc trois membres d'une même parentèle que la vie a meurtri et qui sont enfermés dans le microcosme de cette maison, chacun avec ses remords.
Une nuit, pour échapper a ce quotidien autant qu'à ses souvenirs, Brill se réfugie dans l'imaginaire pour meubler ses insomnies. Dans ce monde, le 11 septembre n'a jamais eu lieu, la guerre en Irak n'existe pas mais les États-Unis sont en proie à une seconde guerre civile, et lui change de peau et d'identité, devient Owen Brick, le héros un peu irréel d'une histoire qui ne l'est pas moins et qui doit tuer l'instigateur de ce conflit. Dès lors, il craint pour sa vie et il devient lui-même l'enjeu de ce « contrat ».
Petit à petit, au fil de la nuit, imagination et réalité viennent à se confondre et l'auteur mêle à son parcours imaginaire le sien propre et celui de ses proches, pratiquant, peut-être à l'excès les mises en abyme, s'inventant des passades amoureuses dont il n'aurait pas été capable dans la vraie vie. Il émet des considérations personnelles sur les livres, sur les films mais aussi sur la bonté et l'éducation comme pour questionner l'individu au regard de sa propre responsabilité.
Puis August Brill met fin unilatéralement et brutalement à cette histoire de monde parallèle pour déboucher, à la fin, sur un dialogue intime entre le grand-père et la petite fille qui est un peu frustrant pour le lecteur.
J'avoue que lorsque j'ai entamé la lecture de ce livre, j'étais plus intéressé par la puissance imaginative de l'écrivain, par cette faculté qu'il a, plus que tout autre sans doute, d'imaginer les choses et de s'identifier personnellement à elles, par les frontières qui existent entre l'imaginaire et le réel et par les ponts qui enjambent ces deux mondes, le pouvoir des mots, le talent narratif et évocateur de l'auteur. Il s'ensuit la création d'entités qui s'interpénètrent, des engrenages qui s'entrainent entre eux et broient. C'est là une quête dont les arcanes me passionnent que j'ai plaisir, parfois, à explorer pour moi-même, à entrer, virtuellement bien sûr, dans cette spirale où la pataphysique a sa place. Le parcours des autres sur ce thème m'intéresse aussi, ne serait-ce que pour éprouver si ce que je fais est digne d'intérêt. C'est aussi le mécanisme de la création artistique qui est étudié ici et son pouvoir sur les vicissitudes quotidiennes du monde.
Pourtant, cet univers m'a paru inquiétant et comme à chaque fois que j'aborde un roman de Paul Auster, j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans son écriture.
©Hervé GAUTIER – Octobre 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
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LA PROCHAINE FOIS JE VOUS LE CHANTERAI - France Inter- Philippe Meyer
- Le 07/10/2009
- Dans Réflexions
N°370– Octobre 2009
LA PROCHAINE FOIS JE VOUS LE CHANTERAI – France Inter - Philippe Meyer – Samedi 12h05 à 13 h.
La radio a toujours été un média qui a eu ma préférence, tout d'abord parce que je n'avais, au départ, pas la télévision [j'appartiens à une génération qui, sans avoir vraiment connu la TSF, n'en a pas moins vécu toute sa jeunesse avec pour seule distraction un poste de radio écouté dans la nuit] et puis surtout parce que parce que j'ai toujours accordé une certaine magie à la seule voix d'un homme (ou d'une femme) sans devoir pour autant mettre un visage sur celle-ci. Mais, comme beaucoup, et je le déplore, je n'écoute plus la radio qu'en voiture.
Le hasard qui gouverne nos vies beaucoup plus souvent que nous voulons bien l'admettre, m'a donné l'occasion, lors d'un déplacement en automobile, d'entendre à nouveau la voix de Philippe Meyer.
J'avoue que je l'avais un peu oublié, celui-là, encore que j'avais toujours dans l'oreille le son radiophonique de sa voix autant que la pertinence et l'humour de ses remarques. Je l'ai donc écouté avec attention tout en me souvenant que, voilà quelques années, cette modeste chronique avait déjà attiré l'attention de ses improbables lecteurs sur une émission matinale que je ne manquai jamais parce qu'elle accompagnait mon trajet vers le travail.
Je reproduis donc ici le numéro 71 de juillet 1991, pour le plaisir de me souvenir qu'à l'époque, je commençais toujours la journée par un sourire.
Juillet 1991
n°71
CHOSES ENTENDUES – (A propos de « Choses vues » - Chronique de Philippe Meyer – 8h45 - France Inter).
Notre pauvre monde ne me réserve sans doute pas grand chose mais franchement peu m’en chaut puisque, comme tout un chacun, je suis, chaque matin abreuvé de nouvelles qui ne sont pas de nature à me faire regarder notre société comme un parangon idéal. Ce ne sont que catastrophes, assassinats, coups d'État, quand l’homme lui-même n’en rajoute pas par un petit scandale, une petite « affaire », une petite magouille… Pour l’heure nous sommes servis !
Il y a bien des tentatives de détournements d’opinion qui voudraient, en braquant habilement le projecteur de l’actualité sur un fait anodin, nous faire oublier le chômage et les injustices en tout genre que génère notre société qui pourtant sert de modèle. Reconnaissons que tout cela ne dure qu’un temps. Heureusement !
Loin des hommes politiques douteux, des journalistes flagorneurs, je suis reconnaissant aux hommes de communication, chroniqueurs de l’audiovisuel et autres échotiers contractuels de me faire commencer ma journée par un sourire. L’humour est en effet la seule arme efficace contre la morosité qui dévore de plus en plus notre vécu qui, bien entendu, n’est pas « sans nous interroger quelque part », pour peu qu’on prenne un peu conscience des réalités.
Ainsi chaque matin, « auditeur sachant auditer », en me rendant à mon travail, ai-je le plaisir d’écouter attentivement la chronique de M. Philippe MEYER, non seulement parce que c’est la seule station (France Inter) qui soit audible sur un auto-radio aussi vieillissant que mon automobile, mais encore parce que ses remarques pertinentes et humoristiques viennent frapper mes tympans au moment précis où mon véhicule s’immobilise sur la chaussée, victime des encombrements coutumiers.
Je lui suis reconnaissant, dès le matin, de nous faire voir la face cachée de notre société ou, à tout le moins de nous la présenter sous un jour plaisant, ce qui chasse du même coup et pour un temps les préoccupations des embouteillages, du trou de la Sécu et des délices incomparables de la rédaction de notre déclaration de revenus !
Vous me croirez si vous voulez, mais quand j’entends, à 8h45 et malgré les grésillements du susdit (auto-radio), sa voix monocorde annoncer « Heureux habitants de la Charente et des autres départements français », c’est plus fort que moi, cela me fait sourire et je tends l’oreille. Le monde est ainsi fait maintenant que l’humour pour moi prend le pas sur les choses qu’on dit sérieuses et j’ai de plus en plus envie, à l’invite de ce chroniqueur « matutinal » de poser sur le décor qui nous entoure un regard amusé, gage d’un certain art de vivre. A force de l’entendre dire chaque matin que « nous vivons une époque moderne », je vais bien finir par en être persuadé.
J'ai passé un bon moment en sa compagnie et, grâce à lui, j'ai découvert un chanteur italien, Gianmaria Testa, qui, je pense, va m'intéresser.
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SERAPHINE, de la peinture à la folie- Alain Vircondelet
- Le 24/09/2009
- Dans Autres centres d'intérêt culturel (peinture, théâtre histoire, chansons...)
N°369– Septembre 2009
SERAPHINE, de la peinture à la folie- Alain Vircondelet – Albin Michel
L'univers des autodidactes m'a toujours fasciné, tout comme la spontanéité du style naïf en peinture comme dans d'autres disciplines artistiques. D'autre part, le succès, la notoriété ont des lois que je ne m'explique pas très bien surtout quand ils se manifestent en dehors des voies royales de la médiatisation, du matraquage journalistique ou d'un parisianisme incontournable.
Rien ne prédisposait en effet, Séraphine Louis, née à Asny [Oise] en 1864 dans une famille pauvre, d'un père horloger itinérant et d'une mère domestique de ferme qui meurt alors qu'elle vient d'avoir un an, à connaître le succès. Son père meurt lui-même alors qu'elle n'a pas encore sept ans. C'est donc une orpheline qui, recueillie par sa sœur aînée, devient bergère, domestique au Couvent de la Providence à Clermont [Oise] puis femme de ménage, à partir de 1901, à presque quarante ans, dans les familles bourgeoises de Senlis. C'est dans cette même ville qu'en 1912 s'installe un collectionneur et marchand d'art allemand, Wilhem Uhde, lassé de la vie parisienne. Amateur de Picasso et du Douanier Rousseau, il remarque, chez des notables, de petites œuvres peintes sur bois et découvre que leur auteur n'est autre que sa propre femme de ménage, Séraphine. Voilà tous les ingrédients d'un conte de fée, mais la réalité est toute autre. Celle qui aurait voulu devenir religieuse par amour de Dieu et qui a été maintenue par la Mère Supérieure dans sa condition de simple servante à cause de sa pauvreté et de son absence de dot, garde cependant en elle une foi inébranlable. Considérée comme un esprit simple, sans instruction et sans fortune, elle est finalement poussée dehors et commence à peindre en s'inspirant de ce qu'elle connaît, des images pieuses, des vitraux, des statues des églises et du culte marial, des fruits, des fleurs et des feuilles.
Elle s'humilie devant Dieu qui, le pense-t-elle, lui dicte son cheminement artistique. Elle peint sans véritable technique, sans avoir jamais appris, au Ripolin, pratique des mélanges inattendus et improbables mais reste à l'écoute exclusive de cet « ange » qui la guide. C'est un peu comme si, en elle, se révélait une sorte de « mémoire héréditaire » dont elle était l'expression, la manifestation, avec en plus la main de Dieu pour la soutenir. La folie mystique qui l'habite et dont elle ne cache rien, la fait déjà considérée par la rumeur publique comme une folle. Elle se compare à Jeanne d'Arc, à Bernadette de Lourdes, se définie comme une « voyante de Dieu », prétend entendre des voix qui lui intiment l'ordre de peindre, ce qu'elle fait comme un devoir sacré.
Après la guerre de 14-18, Uhde revient s'occuper d'elle et la révèle au grand public, organise des expositions. Son style, naïf et primitif, s'inspire d'une nature luxuriante semblable à celle qu'elle imagine au Paradis Terrestre. On la compare déjà au Douanier Rousseau et les surréalistes s'intéressent à ses œuvres. Elle-même se reconnaît une parenté artistique avec Van Gogh. La notoriété aidant, elle devient imbue d'elle-même, et elle qui avait toujours vécu de peu, se met à faire des dépenses inutiles et couteuses malgré les mises en garde de Udhe. Son style change et se surcharge de pierreries et de plumes, les couleurs, vives au départ, s'assombrissent mais elle continue d'exploiter les thèmes bibliques ... Sa peinture est, d'une certaine façon, la synthèse entre Dieu et les hommes, se définissant elle-même comme une médium solitaire et secrète, investie par les puissances surnaturelles. Dès lors, elle se prétend « l 'élue de Dieu », sa servante, son instrument, s'affirme cependant « sans rivâle » et s'enfonce de plus en plus dans une folie irréversible.
La grande dépression des années trente met fin à ses ventes ce qui affecte sa santé mentale et physique au point qu'on songe de plus en plus sérieusement à un internement. Les symptômes délirants s'accentuent avec la perspective de la guerre qui s'annonce, Uhde, juif, anti-nazi et homosexuel, disparaît, et avec lui sa source de revenus. Son discours mystique s'accentue, elle parle de la mort, abandonne la peinture, s'enfonce de plus en plus dans un dénuement moral dont elle ne sortira plus. Des plaintes sont déposées et, possédée par un délire définitif, finit par troubler l'ordre public, ce qui la précipite à l'hôpital psychiatrique de Clermont en 1932. Elle perd complètement la tête ainsi que l'atteste un rapport de police. Dès lors personne n'entendra jamais plus parler d'elle, elle ne fera jamais plus partie de ce décor provincial où elle dérangeait. Elle y restera dix ans sans jamais reprendre la peinture, prostrée, comme si cette vibration qui avait guidé sa main l'avait définitivement quittée. Elle est victime de délires hallucinatoires, de psychoses, l'hystérie la gagne et elle souffre de persécutions. Uhde retrouve sa trace et l'aide financièrement pour adoucir son sort, mais dans cet univers, la peinture qui a été toute sa vie n'a plus d'importance.
Son délire s'accentue dangereusement, elle se croit enceinte et la deuxième guerre mondiale éclate la précipitant dans un état de dénuement physique et mental alarmant que les restrictions alimentaires et un cancer aggravent. La politique d'extermination des nazis à l'égard des malades mentaux la précipite, fin 1942, dans la mort solitaire, mais c'est aussi de faim qu'elle meurt. Personne ne réclamant son corps, elle sera ensevelie à la fosse commune.
C'est un livre passionnant et agréablement écrit que j'ai lu d'un trait tant l'histoire de cette femme est inattendue mais pourtant si commune à celle de bien des artistes, et comme le note l'auteur « Comme Camille Claudel morte dix mois seulement après elle et dans les mêmes circonstances, elle a été de ces artistes qui ont été au bout d'eux-mêmes, à l'extrême de leurs limites et qui ont accepté la plus grande violence contre eux » .
De nombreux musées, celui de Nice, de Senlis mais aussi le musée Maillol à Paris exposent ses œuvres.
(C) Hervé GAUTIER – Septembre 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
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QUELQUES MOTS SUR HORACIO QUIROGA [1878-1937]
- Le 24/09/2009
- Dans Littérature hispanique et ibérique
N°367– Septembre 2009
QUELQUES MOTS SUR HORACIO QUIROGA [1878-1937]
Les écrivains sont le miroir de l'humanité. Ils parlent d'elle et elle se reflète en eux. A ce titre, ils présentent de multiples facettes et mettent en lumière toutes les composantes de la condition humaine, des plus basses turpitudes aux attitudes les plus morales. Ainsi a-t-on l'habitude de résumer en quelques mots l'œuvre d'un auteur. A titre personnel, je ne sais pourquoi, j'ai toujours été attiré par ceux qui parlent de la solitude et de la mort, probablement parce que, bien que nous refusions cela, elles résument notre parcours terrestre. Parmi les noms qui sont présents dans ma bibliothèque idéale, celui d'Horacio Quiroga y tient une place particulière.
Il y a, certes, des contes pour enfants[« Contes de la forêt vierge »], écrits pendant le séjour qu'il fit le long du fleuve Paran, en Argentine, où le spectacle qu'il donne à voir est onirique et même plaisant, il a également publié des recueils de poèmes mais, ailleurs, dans toute son œuvre, la mort revient avec une prégnance singulière. Elle est présente dans chacune de ses nouvelles. Elle est même parfois dépeinte comme une chose simple et même parfois apaisante comme dans « les exilés » où un paysan heureux repose au soleil, une machette plantée dans le ventre ou un homme, au fond d'un puits, regarde les étincelles d'une mèche de dynamite qui se consume à ses pieds. Elle peut-être aussi plus subtilement distillée sous forme d'un alcool mortel dégusté par un client au pied même de l'alambic! C'est donc de la fragilité de l'existence dont l'auteur souhaite être le témoin.
C'est que la mort a fait très tôt partie de sa vie, son père mourant accidentellement alors qu'Horacio, son fils, n'avait que trois mois, puis, dix-sept ans plus tard, c'est son beau-père qui se suicide sous ses yeux. Sa première épouse met fin à ses jours puis s'est lui qui, en manipulant une arme tue son meilleur ami, Frédérico Ferrando. Plus tard, atteint d'un cancer, se suicidera en 1937 à Buenos Aires et ses deux enfants se suicideront à leur tour. La violence dans la mort est aussi une constante dans ses écrits.
La solitude est également un thème récurrent dans son œuvre. Né en Uruguay, il s'installe, en 1912, à San Ignacio, dans la forêt tropicale, son œuvre témoigne de ce lieu, de la faune hostile comme de la flore et l'atmosphère qui se dégage de ses écrits est oppressante. Dans « Anaconda », il dessine un décor labyrinthique où les animaux dont doués de sentiments humains dans lequel le lecteur trouve à la fois la folie et la mort. Au départ, les histoires racontées sont réalistes, dans un style épuré et sont le fruit de l'expérience vécue de l'auteur, mais elles dérapent rapidement dans un surréalisme inquiétant et l'atmosphère qui s'en dégage est monstrueuse et délirante.
Dans « Contes d'amour de folie et de mort »,il y a, certes, l'évocation des deux premiers thèmes, mais c'est surtout le dernier qui est évoqué, comme un poison que l'homme porte en lui et qui finira par lui être fatal.
Il est considéré, à juste titre, comme le maître de la nouvelle fantastique latino-américaine, à l'égal de Maupassant ou d'Edgar Poe dont il s'est sans doute inspiré.
(C)Hervé GAUTIER – Septembre 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
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LES MAINS NUES - Simoneta GREGGIO.
- Le 05/08/2009
- Dans Littérature italienne
N°356– Aout 2009
LES MAINS NUES – Simoneta GREGGIO– Stock.
J'aime bien les artistes italiens, les différents articles de cette revue en attestent. J'ai donc lu ce roman, dont je ne connais pas l'auteure et dont j'apprends qu'il est écrit directement en français, avec une curiosité favorable, d'autant que le style narratif se teinte parfois d'une agréable poésie.
L'histoire, puisqu'il faut bien commencer ainsi, est celle d'un retour brutal d'un passé qu'Emma aurait sans doute souhaité révolu « Je me vois à travers les années, une série de poupées russes, la plus petite, toute neuve, loin dans le temps, la dernière encore debout dans son vernis écaillé ». Emma, donc, 43 ans, célibataire, vétérinaire de campagne, à la vie rude, solitaire mais sexuellement libérée et ne vivant que pour son travail, reçoit un soir la visite de Giovanni, bientôt 15 ans, en rupture avec sa famille et dont elle a jadis connu les parents, Raphaël et Micol, partageant avec eux quelques années d'une jeunesse qu'elle aimerait mieux oublier.
Avec cet adolescent, c'est donc son passé qui lui revient en pleine figure et, calée dans son quotidien solitaire et laborieux, Emma souhaiterait que Giovanni parte au plus vite, mais il n'en fait rien et s'installe entre eux une relation ambiguë qui se transforme rapidement en liaison amoureuse. A cause de l'âge des deux amants, cela devient tabou, Giovanni n'est plus un enfant mais pas encore adulte, il y a donc détournement de mineur et la chose, bien sûr se termine devant les tribunaux. Le juge cherchera à comprendre et pour cela fouillera dans le fameux passé qu'on aurait souhaité définitivement enfoui.
C'est que, avant le mariage de Raphaël, Emma et lui ont été amants, qu'il avait voulu renouer leurs relations intimes longtemps après son mariage mais qu'elle avait refusé puis sans doute accepté et cette visite de Gioavanni c'est un peu, sans qu'il le sache, comme souffler sur de vieilles braises mal éteintes, raviver des souvenirs qu'on voudrait à jamais effacés.
Et puis, la liaison révélée, il y a ce déferlement médiatique, les journalistes charognards qui se croient tout permis au nom de l'information mais qui sont surtout avides de scoop et pour cela n'hésitent pas à dire et à écrire n'importe quoi, à bousculer quiconque pourra s'opposer à ce qu'ils fassent « leur métier ». D'autant qu'à la campagne, une femme vivant seule, sans enfant et sans homme à ses côtés, cela inquiète[« Non, les braves gens n'aiment pas que, on suive une autre route qu'eux » chante Brassens] ! Il a y aussi cette vindicte populaire allumée par la presse pour faire vendre du papier, et qui se croit obligée de se nourrir du scandale et de recouvrir d'opprobre au nom d'une morale désuète ce qui n'est après tout qu'une aventure amoureuse dont ceux qui la dénoncent rêveraient peut-être pour eux-mêmes sans oser se l'avouer. C'est ici un tabou qui a été bousculé, une vengeance ainsi vidée qu'Emma assume, un témoignage émouvant sur la solitude et sur la déconvenue amoureuse d'une jeune femme qui voit son amour de jeunesse lui échapper. Raphaël ne s'est-il pas vu forcer la main par la fausse promesse de Micol d'un enfant à naître, ce Giovanni justement qui, après toutes ces années revient auprès d'Emma, comme pour lui donner enfin l'amour qu'elle n'avait pas eu avec Raphaël? C'est l'expression d'une vengeance entre deux femmes amoureuses du même homme, comme si une justice immanente existait, différente bien sûr de la justice des hommes qui passe et peut-être apaise?
Mais, heureusement, à la fin, les choses reprennent leur vraie place, l'espace s'emplit de gestes quotidiens à l'image de cette nature si joliment évoquée.
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Hervé GAUTIER – Aout 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
Hervé GAUTIER – Aout 2009.
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PARFUM DE FEMME - film de Dino RISI (1974).
- Le 10/07/2009
- Dans Cinéma italien
N°350– Juillet 2009.
PARFUM DE FEMME – film de Dino RISI (1974).
Mercredi 8 juillet 2009 – Cinéma Classic.
L'histoire de ce film, devenu un classique, est connue. Fausto, un ancien capitaine de cavalerie devenu aveugle et manchot à la suite de la malencontreuse manipulation d'une grenade, n'a jamais cessé d'être un grand amateur de femmes. Il refuse son infirmité, la cache sous une agressivité constante et ne devine plus la présence des femmes qu'à la fragrance de leur parfum. Il doit se rendre à Naples et Giovanni [rebaptisé par lui et un peu par dérision Chichio], un jeune militaire du contingent, est chargé de l'accompagner et de le guider jusqu'à sa destination. Le jeune homme est certes impressionné par son supérieur, non seulement par l'argent qui dépense et gaspille mais par la comédie qu'il joue pour masquer aux autres et peut-être à lui-même ce handicap qui pourrit sa vie. C'est vrai qu'il est en constante opposition aux autres, à sa vieille tante chez qui il vit et trouve dans ce jeune soldat un bouc émissaire idéal sur qui il va reporter toute cette violence contenue faite d'insultes et parfois de coups... qui, au départ il file doux mais finit rapidement par se rebeller, à sa façon. Il découvre dans ses affaires une photo de femme et un pistolet, deux choses qui, pour un aveugle, sont parfaitement inutiles.
C'est qu'il a un rendez-vous mystérieux à Naples pour abattre un homme, ainsi qu'il le révèle au jeune homme incrédule. On le retrouve dans cette ville, chez Vincenzo, un lieutenant, aveugle lui aussi, et il y retrouve Sara, une jeune fille qui a toujours été amoureuse de lui. On sent bien qu'il la désire puisqu'il ne peut résister à une femme, mais la repousse cependant. Il y a dans leurs relations une sorte de résumé en filigranes de sa vie devenue insupportable, puisqu'il se considère lui-même, et malgré l'image qu'il veut donner de lui, comme un homme fini, une véritable épave! Il est à la fois drôle et cruel!
Il festoie avec Vincenzo dont on suppose qu'il est l'ami, mais c'est en fait lui qu'il est venu tuer pour une raison obscure, mais le manque.
J'avoue que j'aime beaucoup le cinéma italien de cette époque, ce personnage en particulier, à la fois homme et monstre, qui le sait, qui est sans demi-mesure, qui refuse l'aide et l'amour authentique que lui offre Sara, lui préfère, mais en apparence seulement, la jouissance qu'il peut trouver en compagnie des autres femmes [« Le sexe, les cuisses, de belles fesses : voilà la seule religion, la seule idée politique, la vraie patrie de l'homme »], qui joue ce rôle suicidaire presque jusqu'à la fin, mais finira par accepter le bras de cette femme qui ne voit que lui et sans doute par s'appuyer définitivement sur elle parce qu'il comprend sans doute tout l'aspect délirant du personnage qu'il s'est lui-même crée, parce qu'il ne peut jouer jusqu'au bout ce jeu de la solitude qui va le précipiter dans la mort. C'est que Fausto est devenu solitaire, marginal du fait de son état. Il sait que cela est définitif et débouchera forcément sur le néant, mais il tente, une dernière fois fois peut-être, de se jeter dans l'alcool et le plaisir, mais cela semble être sans issue. Il croît à peine un prêtre de ses amis qui lui affirme que le salut de son âme passe par cette infirmité quotidienne.
Il me semble que le parcours qu'il réalise en train de Turin où il habite à Naples en passant par Gênes et Rome [deux villes que tout oppose], en compagnie de Gioanni, est allégorique et préfigure celui qui va lui faire admettre que Sara et l'amour authentique qu'elle lui porte, sont sa seule planche de salut en ce monde et qu'il n'y en a pas d'autre. A la fin, il s'en remet à elle, et à elle seule, pour cheminer dans une nature hostile dans laquelle il ne pourra se débrouiller seul. C'est un peu comme s'il acceptait enfin ce qu'il avait toujours refusé jusqu'à présent, la pitié!
Il y a dans ce film une émotion réelle, une violence, une douceur et un réalisme qui ne peuvent me laisser indifférent, le tout servi par un jeu d'acteurs exceptionnels, Victorio Gassman, évidemment, mais aussi Allsendro Momo [Giovanni] et Agostina Belli[Sara].
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Hervé GAUTIER – Juillet 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
Hervé GAUTIER – Juillet 2009.