la feuille volante

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  • La chambre bleue - Prosper Mérimée

    N°1888 – Mai 2024.

     

    La chambre bleue - Prospère Mérimée- Éditions Garnier frères..

    Une gare est un lieu de rencontre privilégié, surtout pour les couples illégitimes. Léon et y retrouva une jeune et jolie femme, dissimulée par un voile noir comme c’était l’usage à l’époque pour éviter d’être reconnue. Elle avait tout prévu pour cette escapade avec Léon dans l’unique hôtel d’un bourg de province où on leur donna la chambre bleue. Malheureusement pour eux, des militaires s’étaient donné rendez-vous pour un dîner dans l’auberge. Durant la nuit, dans la chambre d’à côté, un bruit étrange, une vision furtive, un voisin Anglais bizarre suscitent des peurs incontrôlées où l’imagination alla bon train… mais tout cela est bel et bon et Léon ne perdit pas de vue son aventure secrète.

    Une petite histoire sans prétention et aussi sans doute sans grand intérêt et, dans l’esprit de l’époque pendant la narration de laquelle l’auteur se soucie de son lecteur. En 1866, Mérimée est à Biarritz avec l’impératrice et le prince impérial . On s’y ennuie ferme et pour distraire son hôte Mérimée écrit ce texte qui est pourtant passé à la postérité.

  • Djoumane - Prosper Mérimée

    N°1887 – Mai 2024.

     

    Djoumane - Prospère Mérimée- Éditions Garnier frères..

    C’est le récit d’un lieutenant français en garnison en Algérie qui revient d’une mission et à peine reposé apprend qu’il va devoir repartir au combat pour lutter contre la dissidence. Auparavant, il est convié avec d’autres officiers à un repas somptueux avec une exhibition de saltimbanques au cours de laquelle une petit fille est mordue par un serpent appelé Djoumane mais sans dommage pour l’enfant puisque cela fait partie du spectacle...Le lendemain, en opération il brave le danger, se trouve en présence d’une femme qu’il suit dans un caverne et y retrouve la petite fille au serpent de la veille en compagnie d’un vieux sorcier… et du serpent. Plus tard il suit une très belle femme qui lui offre du café dans une caverne richement décorée. Ce court récit ressemble à un rêve d’autant qu’à son réveil la jolie arabe se transforme en un banal maréchal des logis de son escadron.

    Ce texte paraît en 1870 correspond à la fascination qu’on avait pour l’Algérie et les conquêtes coloniales. Que Mérimée ait voulu célébrer la beauté des femmes maghrébines n’est guère étonnant et la symbolique du serpent, à la fois judéo-chrétienne et freudienne n’est jamais très loin. L’image de la caverne qui revient doit sans doute avoir une signification précise. Là aussi l’avis des psychiatres serait peut-être bienvenu.

  • Federigo - Prosper Mérimée

    N°1885 – Mai 2024.

     

    Federigo - Prospère Mérimée- Librio.

    Federigo est un jeune seigneur accroc au jeu et tricheur au point de ruiner douze fils de famille qui périrent dans des combats et furent précipités en enfer. Federigo lui-même connut la déchéance et se retira sans un sou dans un petit manoir qui lui restait et qi était toute sa fortune. Un soir il y reçoit le Christ et ses apôtres qui lui accorde trois vœux. En les formulant, il pense surtout à sa passion pour le jeu et au plaisir qu’il a à mystifier ses semblables. En effet, au cours de sa vie, non seulement il fait fortune grâce à ses cartes mais parvient, repentant, à tromper le dieux des enfers en lui subtilisant les âmes des malheureux fils de famille qu’il avait jadis ruinés. Il va même jusqu’à tromper la camarde et même Jésus qui, aux portes du Ciel est en quelque sorte contraint de l’y laissé entrer.

    C’est une courte nouvelle parue en 1829, originale dans sa rédaction mais j’y vois une aimable mystification de la religion, une rédemption plus facilement obtenue au terme d’un astucieux parcours pour quelqu’un qui, selon les critères évangéliques ne l’aurait pas méritée, autant que la négation de la mort, ce qui correspond bien à la philosophie de l’époque.

  • Vision de Charles XI - Prosper Mérimée

    N°1885 – Mai 2024.

     

    La vision de Charles XI. - Prospère Mérimée- Librio.

    Avec « La Vénus d’Ill » Prospère Mérimée avait fait dans les contes fantastiques. Ici, il prend d’emblée la précaution de préciser que, d’ordinaire, on se moque des apparitions surnaturelles même si certaines sont attestées par procès-verbal avec témoignages historiques. Pour illustrer son propos il met en scène un narrateur qui révèle une prédiction connue bien avant que les faits n’arrivent. Charles XI, roi de Suède qui, après la mort de son épouse Eléonore, eut un soir, en présence de trois personnes, une vision funeste faite de fantômes, de cadavres, de sang. Il apprend que, si son règne sera exempt de violence, cinq règnes après le sien, le malheur s’abattra sur le royaume. Tout cela fut consigné par écrit et contresigné par ceux qui en ont été les témoins.

    La création de tels textes aussi dramatiques pose question. Est-ce le plaisir d’écrire et d’embarquer son lecteur dans un univers inconnu et fictif, l’illustration d’un fantasme, d’une crainte que l’auteur veut ainsi exorciser, d’une volonté de changer de registre en donnant libre cours à son imagination, la manifestation et la mise en forme de l’inconscient inhibé, d’un goût caché pour l’absurde, de la projection d’une obsession intime et refoulée, la volonté de l’auteur de s’inscrire dans la réalité historique du fait puisque le procès-verbal existe réellement et que la nouvelle de Mérimée fit l’objet d’une polémique. En effet si le document officiel existe réellement, Mérimée l’a intégré volontairement dans un récit fantastique en le mettant en scène à sa manière ce qui outrepasse quelque peu le fait historique. Il convient de noter que Mérimée fait mention d’Ankarstroem qui est l’ authentique régicide de Gustave III.

    Ainsi ce court texte, fort agréable à lire, est-il de nature peut-être à intéresser aussi les psychiatres qui ne manqueraient pas de procéder à une dissection psychologique mais cela m’a paru à moi, qui ne suis qu’un simple lecteur, un bon moment de lecture.

  • La partie de trictrac - Prosper Mérimée

    N°1884 – Mai 2024.

     

    La partie de trictrac . - Prospère Mérimée- Librio.

    Sur un bateau immobilisé en pleine mer faute de vent le capitaine raconte au narrateur l’histoire d’un lieutenant de marine du premier empire, Roger, qui, ayant rencontré Gabrielle, une femme peu farouche devenue comédienne en est évidemment tombé follement amoureux. Évidemment pour satisfaire ses caprices il se ruine et un soir il joue au trictrac, triche et gagne une forte somme d’argent au détriment d’un officier hollandais qui, désespéré se suicide. Il a fait cela par amour pour cette femme mai, miné par la culpabilité, Roger songe à se suicider à son tour; Gabrielle tente de le raisonner, mais lui préfère trouver la mort dans un combat contre les Anglais, affrontant en quelque sorte son destin d’honnête homme malgré l’amour qu’il porte à Gabrielle. L’épilogue est surprenant et le capitaine interrompt brutalement son histoire parce qu’une baleine apparaît qu’on va chasser, brisant ainsi la monotonie de cette interminable attente. J’ai eu plaisir à relire Mérimée mais j’ai commencé par ses nouvelles fantastiques qui ont ma préférence. Là j’ai été un peu déçu.

  • Il viccolo di madama Lucrezia - Prosper Mérimée

    N°1883 – Mai 2024.

     

    Il viccolo di Madama Lucrezia . - Prospère Mérimée- Librio.

    Mérimée renoue avec les nouvelles fantastiques. Le narrateur, un jeune homme de famille de 23 ans se rend à Rome, sans doute pour faire son « grand tour » comme cela se faisait à l’époque. Son père lui recommande l’adresse , avec lettre introduction, d’une marquise qu’il a jadis connue, qualifiée de « bacchante » ce qui en dit assez long sur leur vieilles relations. Son souvenir, entretenu par un portrait suspendu dans le cabinet de travail paternel, mettait mal à l’aise sa mère et rendait son père quelque peu pensif. Le jeune homme s’y rend donc, accueilli chaleureusement par son hôte devenue dévote et qui retrouve avec plaisir en ce jeune homme les traits de son père. Il est confié au bons soins de son deuxième fils destiné à devenir sous peu cardinal mais dont le destin se révélera quelque peu différent. Il est intrigué par un étrange portrait de Lucrèce Borgia, il se trouve être le témoin d’un récit tragiquement prémonitoire et un pouvoir supposé de certaines statues. Et ce n’est que le début pour lui puisqu’il est le témoin accidentel puis passionné d’une invitation féminine à laquelle il n’entend pas résister, curieux qu’il est des mystères qui l’entourent et sans doute désireux de marcher sur les traces un peu coquines de son père.

    Certes Mérimée transporte son lecteur dans un autre monde irrationnel et plein de suspens, mais je note qu’il associe toujours ces histoires imaginaires et parfois diaboliques à des figures féminines, à la fois belles et sensuelles. On pensera de cela ce qu’on voudra.

    J’ai eu plaisir à retrouver le style de cet auteur un peu oublié et cette trop courte lecture fut pour moi un bon moment.

  • Il viccolo di madama Lucrezia

    • Le 25/05/2024

    N°1883 – Mai 2024.

     

    Il viccolo di Madama Lucrezia . - Prospère Mérimée- Librio.

    Mérimée renoue avec les nouvelles fantastiques. Le narrateur, un jeune homme de famille de 23 ans se rend à Rome, sans doute pour faire son « grand tour » comme cela se faisait à l’époque. Son père lui recommande l’adresse , avec lettre introduction, d’une marquise qu’il a jadis connue, qualifiée de « bacchante » ce qui en dit assez long sur leur vieilles relations. Son souvenir, entretenu par un portrait suspendu dans le cabinet de travail paternel, mettait mal à l’aise sa mère et rendait son père quelque peu pensif. Le jeune homme s’y rend donc, accueilli chaleureusement par son hôte devenue dévote et qui retrouve avec plaisir en ce jeune homme les traits de son père. Il est confié au bons soins de son deuxième fils destiné à devenir sous peu cardinal mais dont le destin se révélera quelque peu différent. Il est intrigué par un étrange portrait de Lucrèce Borgia, il se trouve être le témoin d’un récit tragiquement prémonitoire et un pouvoir supposé de certaines statues. Et ce n’est que le début pour lui puisqu’il est le témoin accidentel puis passionné d’une invitation féminine à laquelle il n’entend pas résister, curieux qu’il est des mystères qui l’entourent et sans doute désireux de marcher sur les traces un peu coquines de son père.

    Certes Mérimée transporte son lecteur dans un autre monde irrationnel et plein de suspens, mais je note qu’il associe toujours ces histoires imaginaires et parfois diaboliques à des figures féminines, à la fois belles et sensuelles. On pensera de cela ce qu’on voudra.

    J’ai eu plaisir à retrouver le style de cet auteur un peu oublié et cette trop courte lecture fut pour moi un bon moment.

  • Il viccolo di madama Lucrezia

    • Le 25/05/2024

    N°1883 – Mai 2024.

     

    Il viccolo di Madama Lucrezia . - Prospère Mérimée- Librio.

    Mérimée renoue avec les nouvelles fantastiques. Le narrateur, un jeune homme de famille de 23 ans se rend à Rome, sans doute pour faire son « grand tour » comme cela se faisait à l’époque. Son père lui recommande l’adresse , avec lettre introduction, d’une marquise qu’il a jadis connue, qualifiée de « bacchante » ce qui en dit assez long sur leur vieilles relations. Son souvenir, entretenu par un portrait suspendu dans le cabinet de travail paternel, mettait mal à l’aise sa mère et rendait son père quelque peu pensif. Le jeune homme s’y rend donc, accueilli chaleureusement par son hôte devenue dévote et qui retrouve avec plaisir en ce jeune homme les traits de son père. Il est confié au bons soins de son deuxième fils destiné à devenir sous peu cardinal mais dont le destin se révélera quelque peu différent. Il est intrigué par un étrange portrait de Lucrèce Borgia, il se trouve être le témoin d’un récit tragiquement prémonitoire et un pouvoir supposé de certaines statues. Et ce n’est que le début pour lui puisqu’il est le témoin accidentel puis passionné d’une invitation féminine à laquelle il n’entend pas résister, curieux qu’il est des mystères qui l’entourent et sans doute désireux de marcher sur les traces un peu coquines de son père.

    Certes Mérimée transporte son lecteur dans un autre monde irrationnel et plein de suspens, mais je note qu’il associe toujours ces histoires imaginaires et parfois diaboliques à des figures féminines, à la fois belles et sensuelles. On pensera de cela ce qu’on voudra.

    J’ai eu plaisir à retrouver le style de cet auteur un peu oublié et cette trop courte lecture fut pour moi un bon moment.