la feuille volante

la feuille volante

  • La felicità del lupo - Paolo Cogneti

    N°1984 – Juin 2025.

     

    La felictà del lupo - Paolo Cogneti - Einaudi.

     

    La montagne est le lieu idéal pour se ressourcer et faire le point quand la vie vous invite à réfléchir sur votre parcours. La petite station de ski alpine de Fontana Fredda accueille au début de l’automne Fausto, la quarantaine, qui a choisi de quitter la vie étouffante de Milan et son mariage raté pour revenir seul et pour une durée indéterminée dans ce village du val d'Aoste où il a passé ses vacances d'enfant. Il vient chercher dans ce paysage montagneux un nouvel élan pour son écriture un peu en berne et pour survivre se fait cuisinier dans le restaurant de Babette qui elle aussi fuit le brouhaha du monde. Dans ce lieu solitaire il rencontre Santorso, ancien garde forestier, un peu ermite et donc taiseux mais qui aime et respecte la nature et Silvia, une jeune serveuse mais aussi artiste-peintre de vingt sept ans, de passage, un peu perdue elle aussi et qui recherche un ailleurs. Le temps change et vient l'hiver et avec lui la neige, les paysages qui changent, les employés des pistes, les bucherons, les skieurs qui animent ce lieu, mais aussi le retour possible du loup, animal longtemps chassé, à la fois dangereux et fascinant mais dans son milieu naturel. J'y ai vu une ressemblance avec ces personnages, dans leur recherche d'une certaine sérénité dans la liberté.

    Avec le retour du printemps Fausto et SIlvia, aussi instables l'un que l'autre vont s'aimer mais aussi quitter Fontana Fredda, elle pour monter plus haut vers le glacier Felik, lui pour la ville où il espère régler son divorce.

    Il y a l'histoire d'amour, somme toute assez banale, avec ses hésitations et ses questions, le parcours de ces personnages qui fuient le monde mais aussi et surtout la montagne, ses paysages sauvages, sa solitude qui convient bien à chacun d'eux, la vie rude et simple qu'elle offre, ses habitants qui vivent au rythme ses saisons, une opportunité pour Fausto et Silvia de faire le point sur leur vie, leur parcours... C'est aussi une réflexion sur la beauté de la nature, sa flore et sa faune et le respect que l'homme lui doit, plus souvent amené à la détruite pour des questions financières,

    Le style est agréable et ce n'est pas première fois que Paolo Cognetti choisit la montage comme décor de ses romans, "Les huit montagnes" a été couronné par le prix Strega en Italie et en 2017 par le prix Médicis étranger en France.

     

     

  • La stratégie du lezard - Valerio Varesi

    N°1982– Mai 2025.

     

    La stratégie du lézard- Valerio Varesi - Agullo.

    Traduit de l'italien par Florence Rigollet.

     

    Parme est engluée dans la neige, le brouillard et de froid humide des bords du Pô, ce qui va bien au commissaire Soneri, bougon, pessimiste, nostalgique. Heureusement, sa délicieuse compagne Angela, la cuisine et le bon vin sont là pour le sortir de son apathie, mais aussi parce qu'il est aussi policier et qu'à ce titre il doit veiller sur la population. On lui signale, venant de la digue, des musiques nocturnes bizarres, la mort d'un vieil homme souffrant de démence dans l'escalier de secours d'un hospice privé, une bagarre autour d'un cercueil, l'agression d'un curé et par dessus tout cela la disparition du maire officiellement parti faire du ski. Soneri est dubitatif mais ce qu'il sait c'est que cette ville est corrompue jusqu'à la moelle, avec le trafic d'influence et de drogue, la spéculation sur les marchés publics, le blanchiment d'argent sale, les dessous de table, les atermoiements de la justice et la paralysie provoquée de la police, le tout camouflé sous des dehors parfaitement légaux, avec de généreux actes d'altruisme, des montages juridiques compliqués, des prête-noms... C'est sans compter les magouilles politiques de tout bord avec des élus sont en délicatesse avec la justice, des notables qui manipulent les comptes et les gens, la mafia qui investit les entreprises, le pouvoir et le pervertit. Une véritable stratégie employée par les mafieux et les politiciens pour cacher leurs activités criminelles, un peu comme le lézard qui sacrifie sa queue pour ne pas être pris. Au départ, ce qui n'était qu'un fait anodin débouche sur un enchaînement de circonstances qui amène le commissaire à enquêter, un peu avec l'aide du hasard.

    Comme toujours sous la plume de Varesi, la ville de Parme est un authentique personnage de ce roman passionnant, bien écrit (bien traduit?) plein d'un suspense de bon aloi et agréable à lire, même si l'image qu'il en donne n'est pas vraiment à son avantage.

     

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  • Familia

    N°1981– Mai 2025.

     

    Familia - un film de Francesco Costabile. (2024)

     

    Rome, 1980. Licia Celeste (Barbara Ronchi) élève difficilement et seule ses deux fils, Gigi et Alessandro puisque leur père, Franco (Francesco di Leva) est en prison à la suite d'un braquage de banque manqué et surtout de violences sur son épouse. L'absence du père et sa brutalité ont marqué leur enfance.

    Après dix ans d'absence, Franco réapparaît, souhaitant réintégrer ce qu'il considère comme son foyer, mais Gigi (Francesco Gheghi) s'est intégré à un groupe fasciste et le suit aveuglément, reproduisant le schéma paterne de la violence. Tout le film est fait d'une alternance de brutalités à la fois à l'intérieur de cette famille déchirée et à l’extérieur avec une dimension politique et nostalgique du fascisme et de tendresses d'Alessandro pour sa mère. Le film aborde également la notion d'emprise et avec elle la manipulation psychologique. Licia, malgré toutes ses démarches pour gommer Franco de sa vie l'accepte finalement dans son nouveau foyer malgré toutes ses dérives. La reproduction de l'échec me parait un thème intéressant soit qu'on l’attribut à des causes génétiques soit, et c'est plus cruel, à une sorte de destin qui contrecarre les efforts qu'on fait précisément pour éviter ce clonage, autrement dit on cherche à ne pas reproduire le modèle mais, malgré soit, il s'impose à nous.

    Certes, ce film, le deuxième de ce réalisateur, s'inscrit dans une sorte de renaissance bienvenue du cinéma italien et aborde le difficile et trop longtemps négligé thème de la violence faites aux femmes et spécialement dans le microcosme familial.

    La violence semble être un des thèmes favoris de Francesco Costabile puisque son premier long métrage "Una femmina" (2022) traite de la lutte d'une femme contre la puissante mafia calabraise. Il semble également favoriser la biographie puisque ces deux films sont directement inspirés de faits réels.

    Sans négliger aucunement les autres formes de créations artistiques, ce que je demande au cinéma, et à la littérature, c'est d'être le miroir de leur époque, surtout dans une société de plus en plus folle qui a perdu ses certitudes, ses repères et sa boussole. L'espèce humaine est capable du pire comme du meilleur, mais bien souvent du pire et oublie souvent l'élémentaire bon sens. Je suis quand même sorti de ce film secoué par cette violence anxiogène.

  • Le fate ignoranti

    N°1980– Mai 2025.

     

    Le fate ignoranti (tableau de famille)- Un film italien de Ferzan Özeptek (2001).

     

    Antonia (Margherita Buy), biologiste à Rome, quadragénaire, découvre après la mort tragique de Massimo (Andrea Renzi), son mari, un tableau ayant appartenu à ce dernier et dédicacé "La tua fata ignorante" (ta fée qui ne sait rien). Elle suppose que Massimo avait une maîtresse et malgré le deuil se met en devoir de la retrouver. Après quelques recherches elle acquiert la certitude qu'il s'agissait, non pas d'une femme... mais d'un homme et que leur liaison durait depuis sept ans. Elle qui vivait confortablement dans un quartier résidentiel se retrouve dans cette communauté homosexuelle d'hommes et de femmes logés dans un immeuble d'un quartier populaire romain. Bouleversée par ce contraste, elle finit par s'intégrer à cette nouvelle tribu à la fois spontanée et cordiale où on mange et boit beaucoup, au point de se lier avec Michele (Stefano Accorsi), ancien amant de Massimo.

    Ce film m'a inspiré nombre de réflexions eu égard aux différents thèmes qu'il évoque. Le deuil brutal dans lequel est plongée Antonia mais aussi sa révolte devant la trahison de son mari sont d'autant plus forts qu'elle était à ce point attachée à Massimo qu'ils rejouaient volontiers, après dix ans de mariage, les circonstances de leur première rencontre. Non seulement elle n'a rien vu de cette liaison avec Michele et a été "une fée ignorante" à sa manière, mais il m'a semblé qu'elle ressentait une sorte de culpabilité face à la révélation de la bisexualité de son mari. Elle restera cependant attachée à lui en mettant au monde l'enfant qu'elle porte.

    La présence des femmes me parait essentielle. Celle de la mère d'Antonia (Erika Blanc) qui vient la soutenir mais aussi l'inviter à vivre librement après cette épreuve. Cette liberté toute neuve me semble aussi être symbolisée par Serra (Serra YIlmaz) qui anime cette communauté faite d'amour et de tolérance et dont les nombreux membres qui la composent sont, avec leur spontanéité et leur naturel, eux aussi des "Fées ignorantes". Antonia acceptant cette nouvelle forme de vie, s'intégrera à ce phalanstère où finalement elle se sent bien et même utile puisque, en tant que médecin, elle soigne un de ses membres atteint du Sida qui a cependant épargné Michele et Massimo.

    Un grand film servis par de bons acteurs.

    Ferzan Ospetek, a créé une série télévisée inspirée par ce film.

  • Poèmes pour Valli

    • Le 28/04/2025

    Ce matin (Valli-3)

     

    Ce matin Valli est partie

    Nous l’avons accompagnée

    Ce n’était pas triste

    Il y a eu des paroles, de la musique

    des sourires ou simplement une présence,

    Venus de loin ou d’à côté, pour tous être là était important

    Parce que nous l‘aimions beaucoup

    Elle reposera en Ombrie, parmi les siens,

    Je ne sais pas pourquoi, j’ai l’impression que nous reparlerons d’elle

    pendant longtemps alors que l’oubli menace les mémoires

    Peut-être parce que , malgré sa modestie ,

    Elle ne laissait personne indifférent

     

    © H.G.

    A la mémoire de Valli Vigna  décédée en 2021.

     

  • Lettres sicilennes

    N°1977– Avril 2025.

     

    Lettres siciliennes (iddu) - Un film de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza -(sorti en avril 2025 en France)

     

    La mafia est indissociable de l'Italie et particulièrement de la Sicile dont elle est le berceau. Elle a beaucoup inspiré les auteurs, surtout italiens.

    Nous sommes au début des années 2000 Catello Palumbo (Toni Servillo) sort d'une longue peine de prison pour collusion avec la mafia. C'est un homme politique aguerri, ancien maire, ancien proviseur, rusé, mais il a tout perdu. Il est approché par les services secrets italiens pour aider à capturer son filleul, Matteo Messina Denaro (Elio Germano) surnommé Iddu(celui qu'on ne nomme pas), successeur de son défunt père, dernier chef maffieux en cavale depuis de nombreuses années. qui vit reclus chez une veuve (Barbora Bobulova) qui le protège parce qu'il a tué l'assassin de son mari, tout en continuant à se cultiver par la lecture, ce qui tranche sur l'analphabétisme traditionnel des maffieux, et à régler ses affaires sous des prête-noms. Il est ainsi devenu une sorte de fantôme propice à la légende. C'est pour Catello l'occasion unique de revenir sur le devant de la scène politique. Nous assistons donc à la lutte de deux personnalités de générations différentes, l'un qui collabore avec la police malgré les risques, l'autre qui se cache. Catello entame donc avec Matteo une correspondance faites de feuilles pliées et scotchées, les pizzini, d’où le titre du film, livrées par des intermédiaires dévoués. C'est un film inspiré de faits réels mais largement ouvert à l'imagination des auteurs.

    Les réalisateurs qui avaient déjà traité de ce sujet (Salvo en 2013, Sicilian ghost story en 2017), mais pas vraiment de la même manière, nous offrent ici avec un scenario un peu confus et malgré un épilogue tragique, une comédie noire un peu burlesque avec suspens, sur un mafieux en cavale et son parrain, tous deux également égocentriques et orgueilleux où ils montrent que la mafia infiltre toutes les couches de la société, où tout le monde se méfie de tout le monde mais aussi où les femmes, même si elles sont reléguées un rôle domestique traditionnel ne se gênent pas pour critiquer les hommes qui les entourent. Une mention particulière pour la jeune et intègre policière (Daniela Marra) qui sera broyée par cette lutte contre la maffia qui la dépasse, face à une hiérarchie policière qui temporise.

    Malgré la talentueuse prestation de Tony Servillo, célèbre acteur italien multi récompensé, et également celle de Elio Germano, le film m'a paru sonner faux. Le scénario est librement inspiré de la vie de Denaro, le plus recherché d'Italie, condamné plusieurs fois à perpétuité par contumace pour de nombreux meurtres, attentats, enlèvements et pour son rôle dans l'assassinat des juges Falcone et Borselino en 1992. Il est mort en hôpital-prison à 61 ans après 30 ans de cavale à cause d'un cancer qu'il soignait sous un faux nom dans une clinique privée de Palerme où la police le cueillit en 2023. Une vie et une fin tristes à la mesure de ce triste personnage.

    Pour le film, je suis un peu déçu quand même.

  • L'éloge de la marâtre

    En hommage à Mario Vargas LLOSA qui vient de nous quitter.

     

    N°279 – Août 2007

     

    L'ELOGE DE LA MARATRE – Mario VARGAS LLOSA - Gallimard Editeur.

     

     

    Loin du registre qui a fait sa notoriété, l'auteur explore un univers familial particulier, celui, vu à la fois avec les yeux d'adulte et ceux d'un enfant, d'une femme, non seulement épouse mais aussi maîtresse, en ce qu'elle est la complice active des jeux de l'amour, mais surtout la belle-mère. Cette dernière emprunte son lien de parenté au mariage, c'est à dire qu'elle apparaît un peu par hasard dans la vie de gens qui n'ont rien fait pour la connaître. Elle est souvent l'intruse, le mauvais côté de l'image de la femme. Ici, il s'agit de la marâtre, terme un peu péjoratif qui désigne la deuxième femme du père, souvent plus jeune que lui, à la suite de cette détestable habitude qu'ont les hommes d'épouser, surtout en secondes noces, des femmes-enfants! Ils puisent en elles leur vitalité retrouvée, la volonté de combattre les affres de la vieillesse qui vient et parfois l'échec de leur premier mariage. Elle est porteuse de symboles mais aussi de promesses qu'elle ne doit pas décevoir. Pour l'enfant, dit « du premier lit »elle remplace la mère disparue ou partie, sans pour autant prendre sa place, bien au contraire. Il l'accueille souvent mal et s'engage entre eux un combat fait de subtils attaques ou d'affrontements violents peut-être parce que le complexe d'œdipe s'habille ici d'autres apparences, que chacun marque son territoire et tient à ses prérogatives parfois durement acquises...

     

    Mais le titre nous indique qu'il s'agit d'un éloge et donc que vont être battues en brèche les idées reçues que le sujet génère. Il s'agit d'une mise en perspective d'un trio, le père, Don Rigoberto, jouisseur-esthète et fort amoureux de Lucrecia, sa deuxième épouse, marâtre de son fils Alfonso. On pourrait croire qu'il va s'agir du théâtre d'une lutte entre ces trois personnages. D'ailleurs, l'auteur sollicite à la fois la culture et l'attention de son lecteur, par l'évocation qu'il fait de tableaux aussi différents que ceux de Jacob Jordeans, du Titien, de Fra Angélico ou de Fernando de Szyszlo. Les époques et les écoles s'y mélangent, comme le figuratif et l'abstrait. Vargas Llossa y livre sa lecture de ces œuvres où se retrouve toujours un trio, et, en filigrane, une histoire d'amour. Cet amour est à la fois chaste et jouisseur, emprunt de retenue ou de licence, humain et divin. Le corps de la femme y est alternativement montré et caché, mais aussi joliment évoqué avec des mots choisis. Un troisième personnage vient souvent s'immiscer dans le tableau, soit qu'il y est déjà et parle, soit qu'il en est le commentateur extérieur qui, à la manière du chœur antique traduit pour le lecteur-témoin les pensées de la femme ou se charge de débroussailler le subtil écheveau de ses désirs secrets, oscillant entre lubricité et vertu parce qu' ainsi va la vie et que le plaisir procède de ces deux facettes.

     

    En même temps, la femme, prétexte aux désirs masculins est présentée alternativement comme objet mais aussi comme sujet de l'action amoureuse, à la fois passive et active. L'auteur nous rappelle, à travers ces fables écrotico-esthétiques, en réalité de longs poèmes, que l'amour n'est pas un acte bestial, voué à la seule procréation ou a l'assouvissement d'instincts animaux, la démarche, et ce qu'il en résulte est au contraire toute en nuances, faite de prolégomènes et de soins des apparences sans lesquels la séduction spontanée paraît impossible. En filigrane, je souhaite voir l'image de la mort, pendant de celle de l'amour et qui en est parfois la conséquence comme l'est paradoxalement la vie avec tous les fantasmes inhérents aux relations ambiguës hommes-femmes, mais aussi enfants-adultes.

     

    Je choisis de voir dans ce texte, non un éloge comme l'indique le titre, mais une vengeance subtilement accomplie du beau-fils qui amène habillement sa marâtre à se compromettre et grâce à un écrit anodin, sorte de mise en abyme du livre de Vargas Llosa, à dénoncer l'adultère, à amener son père à se séparer de cette épouse infidèle ainsi démasquée, à le forcer peut-être à rester fidèle à son ancienne épouse, même si, pour cela, il doit perdre sa joie de vivre retrouvée et pénétrer de plain-pied dans la mort. C'est probablement une manière de retrouver son père et peut-être aussi de le détruire, tant les relations entre les humains sont complexes, faites d'amour et de haine, de luttes et d'apaisements, de sincérité et de mensonge.

  • Or, encenset poussière - Valerio Varesi

    N°1973– Mars 2025.

     

    Or, encens et poussière - Valerio Varesi - Aguillo.

    Traduit de l'italien par Florence Rigollet.

     

    Parme, son atmosphère hivernale lourde, brumeuse et crépusculaire. Un carambolage spectaculaire s'est produit sur l'autoroute à proximité d'un camp de tziganes avec bétaillère renversée et animaux errants au milieu des véhicules encastrés. Compte tenu de sa connaissance des lieux, le commissaire Soneri est envoyé sur place. Le policier découvre le cadavre à demi calciné d'une femme, apparemment jeté là avant l'accident qui est celui d'une fort jolie émigrée roumaine, liée au camp de tzigane et qui multipliait les amants riches de la société bourgeoise parmesane. Il y va de ses réflexions sociales sur la différence entre les riches et les pauvres, sur la respectabilité de la bourgeoisie, de ses tares, de son hypocrisie aussi puisque la clientèle de l’Église attachée à certains commerçants fait perdurer l'hypocrisie de la stabilité d'un couple alors que ce dernier est miné par l'adultère .

    Le commissaire entame donc une enquête autour de ce cadavre de cette femme qui apparemment le fascine; L'autopsie ayant révélé qu'elle était enceinte, il pourrait bien s'agir d'un homicide. et ce même s'il doit bousculer un trafic d'or qui existe entre les Roms et la bourgeoisie de la ville.

     

    J'ai retrouvé avec plaisir le commissaire Soneri, sa mélancolie, son côté rêveur, amateur de cigares de bonne chère et de vin chez son ami le restaurateur Alceste, un brin philosophe aussi quand il devise avec Sbarazza, un marginal qui a connu des jours meilleurs mais qui est toujours de bons conseils et jette sur la vie un regard désabusé. Les femmes, le hasard prennent une grande place dans ses enquêtes même s'il est quelque peu réticent à utiliser les ressources d'internet. C'est aussi dans ce roman un épisode dont il se passerait bien et qui va perturber le romantique qu'il est. Sa séduisante compagne avocate Angela vient de lui avouer avoir rencontré un autre homme et être sur le point de le quitter. Il sent bien qu'il ne peut plus vraiment lutter dans ce domaine. Protecteur de la société en tant que policier, il n'en est pas moins fragile, vulnérable, d'autant plus qu'on le sent d'un autre temps

    Il y a certes des longueurs et cette histoire de violeurs qui détourne l'attention du lecteur mais ce roman bien écrit (bien traduit) m'a bien plu.