la feuille volante
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L'ODYSSÉE D'ABOUNAPARTI - Frédéric LENORMAND - Éditions Robert LAFFONT.
- Le 29/03/2009
- Dans littérature française et francophone
'ODYSSÉE D'ABOUNAPARTI – Frédéric LENORMAND – Éditions Robert LAFFONT.
Nous sommes en 1798, si si, nous y sommes par le miracle de ce récit si vivant et si plein d'humour [je redis ici et encore une fois combien j'apprécie le style plaisant et parfois même insolite de l'auteur] qu'on se croirait aux côtés des protagonistes de cette expédition. C'est que le Directoire, soucieux de faire partager au reste du monde les bienfaits de la Révolution française, envoit Bonaparte, alors général, conquérir l'Égypte. Notre corse recrute donc, un peu au hasard, des savants et des artistes pour l'accompagner et étudier ce qui, à l'époque, était encore une terre inconnue. Mais, comme nous le savons, un militaire rêve avant tout de conquêtes, de batailles surtout quand celui-ci a d'autres ambitions pour son pays...et pour lui,! Surtout qu'il se prend déjà, contexte géographique oblige, pour Alexandre le Grand.
Voilà donc nos savants à la traîne de l'armée, survivant tant bien que mal et surtout abandonnés par ce général qui ne pense qu'à ses soldats et qu'à l'usage qu'il peut en faire, face à un peuple étrange et à un pays qui ne l'est pas moins, avec ses mystères, ses mirages, ses énigmes. Aussi bien, dans son esprit, chacune des expériences menées par les savants doit-elle impérativement avoir une application militaire! Au vrai, ces derniers sont beaucoup plus occupés à pratiquer leur art, voire à être rapatriés en France, qu'à servir l'armée. Bref, après avoir libéré le pays de l'emprise des Turcs, voilà que les Français sont en butte à une révolte qui veut les chasser eux aussi! Comme si cette campagne préfigurait déjà ce que sera le futur empire! En tout cas, rien ne sera épargné à ces troupes, ni les défaites, ni les épidémies, ni les trahisons, ni le blocus anglais, ni même l'abandon, par Bonaparte lui-même, sans doute déjà occupé ailleurs, la tête pleine de projets d'avenir...
Cette campagne a quand même quelque chose de légèrement surréaliste, qui nous présente des scientifiques qui, en pleine guerre et en territoires insoumis, vaquent tranquillement à leurs occupations. C'est, en tout cas, l'occasion d'une truculente galerie de portraits et une description par le menu d'une équipée qui semble quelque peu livrée à l'improvisation où la fiction est agréablement mêlée à l'Histoire, au point que le lecteur attentif et passionné peut difficilement, jusqu'à l'épilogue, distinguer l'une de l'autre... Mais est-ce vraiment nécessaire?
© Hervé GAUTIER – Février 2008.
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LE PALAIS DES COURTISANES « Les nouvelles enquêtes du juge Ti - Frédéric LENORMAND- Editions Libra Diffusio
- Le 29/03/2009
- Dans littérature française et francophone
N°294– Février 2008
LE PALAIS DES COURTISANES « Les nouvelles enquêtes du juge Ti » – Frédéric LENORMAND – Editions Libra Diffusio
Revoilà le Juge TI, personnage réel devenu par la magie de l'écriture successive de romanciers un héros de roman, de romans policiers comme il se doit, puisqu'il est magistrat dans cette Chine ancienne, Empire du Milieu à l'exotisme enchanteur. Ce qui l'occupe l'est un peu moins, encore doit-il faire face à une séries de meurtres perpétrés dans sa bonne ville de Pou-Yang. L'ennui pour lui, c'est que cette fois, certains de ceux qui passent de vie à trépas font, de près ou de loin, partie de son personnel! De plus, ses investigations vont le conduire dans le quartier réservé, connu sous le doux nom de « quartier des Saules » où se rencontrent nombre de maisons closes. Il va donc devoir entrer dans cet univers des courtisanes, inconnu de lui jusqu'à présent et remonter le cours du temps. Il va devoir dénouer l'écheveau compliqué des relations difficiles entre membres d'une même famille que les intérêts et la malfaisance ont dispersés, mettre à jour un secret que le temps et le système clanique avaient depuis longtemps scellé et explorer les arcanes parfois sordides des cerveaux de ses concitoyens où la vengeance le dispute aux lois ancestrales et à la conception de cette société ce qui n'est, d'une certaine manière, que son propre reflet et celui de ceux qui la composent.
Il va fréquenter l'un de ces lupanars bien malgré lui et seulement pour des raisons professionnelles, mais ses trois épouses légitimes ne l'entendant pas de cette oreille, vont, à cette occasion, tenter de s'émanciper quelque peu, C'est que cet épisode rocambolesque, plein de quiproquos, va compromettre l'équilibre de son foyer, mettre à mal son autorité de chef de famille et donner l'occasion à ces épouses de prendre des libertés pendant que ses occupations professionnelles le monopolisent.
Dans cette affaire un peu compliquée, la sagacité de Ti sera mise à l'épreuve mais aussi en échec, comme la justice elle-même qu'il incarne, mais il saura, à part lui, reconnaître les faits pourvu que l'ordre public soit sauvegardé, ce qui fait aussi partie des devoirs de sa charge.
© Hervé GAUTIER – Février 2008.
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PANIQUE SUR LA GRANDE MURAILLE [Les nouvelles enquêtes du Juge Ti]- Frédéric LENORMAND. - Editions FAYARD.
- Le 29/03/2009
- Dans littérature française et francophone
N°301 – Juin 2008
PANIQUE SUR LA GRANDE MURAILLE [Les nouvelles enquêtes du Juge Ti]– Frédéric LENORMAND. - Editions FAYARD.
La Grande Muraille reste un symbole fascinant pour un humain. Elle représente à la fois la puissance de l'Empire du Milieu qui l'a construite et la marque de la peur d'un ennemi dont on se protège et qu'on craint, mais aussi le symbole de l'enferment, du repli sur soi, du refus de s'ouvrir au monde... Le juge Ti est à ce point de sa carrière où il doit se rendre dans une de ces villes frontalières jouxtant cet édifice. Sa mission est d'autant plus importante qu'il menace ruine et que les Turcs ont des velléités d'invasion. Il doit donc boucher ce trou béant qui rend la protection illusoire, rassurer la population locale autant qu'affermir les frontières et réaffirmer l'autorité du pouvoir. Voilà donc le décor planté.
Notre juge se montrera, comme à son habitude, à la fois grand connaisseur de cette société, fin observateur des moeurs de son temps, psychologue averti des humains dont il a la charge et habile manoeuvrier dont l'intelligence le dispute à une grande de connaissance de l'âme de ses administrés qui sont des humains, animés d'esprit de grandeur et d'honneur, mais aussi de crainte, de lucre et d'appétit de pouvoir. A tout moment tout peut basculer dans le chaos et la révolte.
Pourtant, ce n'est pas seulement à un plaisant récit qui emprunte beaucoup à l'Histoire [saluons au passage l'important travail de recherches documentaires] que nous convie Frédéric Lenormand, c'est aussi à une évocation de cette société chinoise de la dynastie Tang, aristocrate, bureaucratique et brillante mais aussi faite d'un petit peuple d'ouvriers, de serviteurs, d'esclaves et de prostituées. C'est à une pertinente étude de caractères que se livre l'auteur quand il confronte notre mandarin, responsable de la sécurité et de la vie des habitants de cette cité, désormais assiégée et menacée de destruction, aux réalités du moment. Il doit non seulement faire face à un ennemi bien supérieur en nombre mais aussi, à l'intérieur des murs, au fanatisme religieux qui veut faire prévaloir le suicide collectif comme réponse au siège de la ville, à l'opportunisme flagorneur d'un autre haut fonctionnaire qui ne pense qu'à sauver sa vie et sa carrière, au sens discutable de l'honneur de militaires qui ne pensent qu'à mourir au combat, à la facilité de la trahison de certains citoyens, à l'esprit de renoncement des autorités...
La situation semblant désespérée, c'est donc là que Ti va donner toute sa mesure, faisant tour à tour appel aux crédulités bien ancrées dans l'esprit de ses contemporains, montrant un pragmatisme lucide autant qu'une audace étonnante. En bon confucéen, il ne manquera jamais de retourner en sa faveur une situation qui, sans lui, se serait transformée en fiasco et face à une énigme policière qu'il affectionne il n'a jamais trop de sa roublardise et de son esprit d'observation pour solutionner un problème qui se pose à lui comme un défi. C'est qu'il instrumente et agit au quotidien pour la défense de la société et de l'ordre face à la mythologie compliquée de cette civilisation superstitieuse où les dragons ailés voisinent avec des fantômes de revenants et des diables malfaisants. Il connaît tous les arcanes de la guerre psychologique, manie le paradoxe avec une aisance surprenante, profitant à l'occasion, dans les situations les plus compromises, de la moindre faille de l'ennemi ou de l'opposant pour finalement en triompher là où d'autres se seraient fourvoyés.
Il sera aidé efficacement dans sa tâche par sa première épouse, désireuse, malgré un âge avancé, d'avoir un enfant tout autant que de consolider sa position matrimoniale dans une société polygame. C'est là l'illustration à la fois traditionnelle de l'épouse chinoise qui se doit de donner un héritier mâle à son mari autant que la place grandissante que la femme prend, à cette époque, dans un empire... gouverné par une impératrice. Cela révèle, en tout cas, la clairvoyance de ce magistrat atypique qui sait reconnaître, en dehors de toutes références à la Chine ancestrale, la valeur de ceux à qui il accorde sa confiance et son attachement.
A l'exposé de ses décisions, le lecteur attentif et passionné ne peut pas ne pas se dire que décidément ce magistrat était quelqu'un de bien, notable respectable et respecté, fin lettré et cultivé, certes un peu chanceux, mais surtout plein de sagesse et de sagacité et qu'il devait y avoir du bénéfice à le rencontrer! Et de remercier l'auteur de faire revivre ainsi ce personnage historique.
J'ajouterai que chez Lenormand l'écriture est jubilatoire, l'humour se décline en multiples facettes, naît de l'assemblage de quelques phrases, parfois anodines, parfois artistement ciselées comme on compose une liqueur ou un tableau. Il les instille, l'air de rien, quand on ne s'y attend pas, dans un texte descriptif ou poétiquement évocateur et l'effet est immédiat : le lecteur le gratifie d'un sourire dans le secret et l'anonymat de sa lecture. Cela restera à jamais ignoré de l'auteur, mais qu'importe, ces quelques mots ont eu leur pesant de plaisir et c'est là l'essentiel. L'auteur est latin et cela se sent.
Il fait aussi partie, à mes yeux, de ces écrivains qui s'emparent de leurs lecteurs dès la première phrase du livre, les mènent avec bonheur dans tous ses développements jusqu'à la fin, sans que l'intérêt initial suscité ne retombe. C'est là bien servir notre si belle langue française, donner l'occasion d'en apprendre davantage sur cette civilisation chinoise étonnante et évoluée et cultiver cette ambiance que j'aime retrouver dans la lecture de chacun de ses romans.
©Hervé GAUTIER
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PETITS MEURTRES ENTRE MOINES[Les nouvelles enquêtes du Juge Ti - Vol. 4]- Frédéric LENORMAND. - Editions FAYARD.
- Le 29/03/2009
- Dans littérature française et francophone
N°302 – Juin 2008
PETITS MEURTRES ENTRE MOINES[Les nouvelles enquêtes du Juge Ti – Vol. 4]– Frédéric LENORMAND. - Editions FAYARD.
Tout semble aller pour le mieux pour Ti qui, à ce point de sa carrière, administre la ville prospère et paisible de Pou-Yang. Le hasard le met en situation d'arbitrer un conflit entre moines taoïstes et moniales bouddhistes qui en sont venus aux mains à propos d'une lutte d'influence ou pour quelque autre obscure raison. Lui qui est un bon adepte de Confucius et qui considère ces deux religions comme reposant sur la crédulité et la superstition des fidèles l'aurait plutôt pris à la légère, mais il y a l'ordre public dont il est responsable. Il fallait donc agir au plus vite, d'autant qu'il a su opportunément s'adjoindre, par un stratagème dont il a le secret, la collaboration, involontaire au début, mais finalement diablement efficace, de sa première épouse qui se rendra chez les moniales pendant qu'il enquêtera chez les moines.
Tout serait pour le mieux si on oubliait que partout où passe le juge Ti, les crimes et les morts suspectes se multiplient. Cela ne manque pas de se reproduire avant même qu'il ne franchisse la porte du monastère où il va mener son enquête. Dans ce microcosme, il va être confronté à des pratiques peu « orthodoxes », autant qu'à un sens de la morale quelque peu contestable prônée par les religieux, où l'hypocrisie le dispute à l'égoïsme, à la rancune, à la mystification. Il vérifiera encore une fois, de même que sa première épouse, que les nombreux travers de la condition humaine n'épargnent pas ces lieux pourtant en principe réservés à la prière et à la méditation. Ti en conçoit des remarques pertinentes sur la naïveté des fidèles autant que sur la cupidité, voire de la flagornerie des moines, et d'ailleurs des moniales, qui ne reculent pas devant de petits arrangements avec leurs voeux. Pour autant, il n'en laisse pas conter et ne manque jamais d'appliquer son doute systématique sur les apparences et les certitudes les plus solides.
Malgré ce contexte religieux où magie et fantastique se côtoient, en bon disciple de Confucius, il exerce constamment son esprit critique et pragmatique et finit par remettre les choses dans l'ordre d'où elles n'auraient jamais dû être détournées. Son épouse et lui-même découvrent les trafics séculiers et surtout lucratifs que cachent ses deux monastères pourtant ennemis jurés.
De cet épisode le Juge Ti sort encore une fois vainqueur et surtout avec lui la loi et l'ordre dont il est le garant. Il reste ce personnage à la fois brillant et facétieux qui me plaît bien. Pourtant si son épouse eut quelques interrogations sur elle-même et sur les raisons de sa présence chez les moniales bouddhistes quand elle y mena ses investigations, elle découvre en elle, malgré tout une certaine sérénité autant qu'une manière nouvelle d'envisager sa vie au foyer. A l'occasion de cet épisode où elle collabore avec son époux, elle contribue, elle aussi, à remettre les choses et les gens à leur vraie place, mais surtout elle prend conscience d'une nouvelle vocation, celle de mener comme son mari des enquêtes judiciaires. Certes, sa condition ne le lui permet pas, mais l'auteur semble nous dire que malgré l'époque, la femme est amenée à prendre une place grandissante dans cet Empire... que gouverne une impératrice.
Est-ce à dire que le juge Ti est anticlérical, à tout le moins en ce qui concerne le taoïsme et le bouddhisme? Il me plaît de penser que ce personnage décidément attachant porte sur ce clergé un regard amusé et que ce n'est pas cet épisode de sa vie qui va le faire changer d'avis.
Je ne suis pas un lecteur émérite, mais ce que j'aime chez un auteur c'est que, lorsque je referme son livre, j'ai l'impression d'avoir passé un bon moment. Cela tient au style autant qu'au sujet et l'intérêt que j'éprouve pour une oeuvre procède toujours autant de l'alchimie. Frédérique Lenormand me prête cette certitude et cette chronique qui s'enrichit à chacune de mes lectures, en garde la mémoire.
© Hervé GAUTIER – juin 2008.
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MADAME TI MENE L'ENQUÊTE [Les nouvelle enquêtes du juge Ti - Vol 5] Frédéric Lenormand
- Le 29/03/2009
- Dans littérature française et francophone
N°307 – Juillet 2008
MADAME TI MENE L'ENQUÊTE [Les nouvelle enquêtes du juge Ti – Vol 5]
Frédéric LENORMAND - Fayard.
Le hasard, à moins que ce ne fût l'absence de scrupules des habitants de Han-yuan, n'a pas eu, en cette année 666 de respect pour le juge Ti inopinément tombé de cheval et précipité dans un ravin à la suite d'un attentat perpétré contre sa personne. Il s'en tire heureusement avec une jambe brisée mais qui lui interdit tout mouvement. Pourtant autour de lui les meurtres ne cessent pas et il doit, peut-être un peu malgré lui, mais aussi probablement par calcul, recruter pour le seconder, un ancien repris de justice. Très vite, ce dernier comprend tout l'intérêt que lui réserve cette situation et confond allégrement son intérêt personnel avec la bonne administration de la justice.
Sa première épouse qui se morfond dans ce tribunal mais surtout dans le rôle très secondaire que la société chinoise réserve aux femmes, sent l'obligation de porter assistance à ce magistrat qu'elle voit désireux d'action. Aussi, prend-elle des initiatives autant pour aider son infirme de mari que pour contrer l'aigrefin qu'il a engagé. Pourtant, elle conserve en secret, au magistrat, toute sa loyauté et toute son efficacité, permettant au malheureux mandarin d'exercer quand même son ministère, de déployer toute sa sagacité pour démêler l'écheveau compliqué de ces meurtres en série que ses prédécesseurs ont parfois laissé en plan. De rebondissements en faits nouveaux Ti, décidément au mieux de sa forme, malgré les apparences, confondra à la fois le coupable de ces forfaits... et l'auteur de l'attentat commis contre lui.
Ce roman est aussi la découverte de cette femme, à la fois intelligente et perspicace, servant les intérêts de son époux, mais aussi, accessoirement les siens. Elle sera ses yeux mais aussi son témoin d'exception puisque cette affaire lui permettra de sortir de la maison où elle s'étiole. Elle se révèle son double, aussi douée pour les investigations que dans l'appréciation fine des évènements qu'elle rencontre. Elle se meut à merveille dans ce monde interlope du crime que son mari côtoie chaque jour, s'adapte à toutes les circonstances, possède l'art de la maïeutique.
Il y a les investigations que mène cette épouse zélée, mais, à mes yeux, ce récit est plus qu'un roman policier. Le titre lui-même annonce les choses, mais tout en nuances. Ce texte révèle une femme, certes de haute lignée, mais qui a été mariée dans les règles ancestrales de la société chinoise d'alors, c'est à dire qu'elle a été unie à un mari qu'elle ne connaissait pas et que, à tout le moins au début, elle n'aimait pas. Elle était certes la première épouse d'un magistrat important, mais elle devait cohabiter avec deux épouses secondaires qu'elle n'appréciait guère, mais qui avaient donné une descendance à ce mari, ce qu'elle s'était, elle, révélée incapable de faire. C'était là une condition importante pour qu'elle gardât son rang et cette infertilité faisait d'elle une épouse que son mari pouvait répudier légalement à tout moment. Les circonstances de cette enquête lui révèlent la vie différente et heureuse qu'elle aurait pu avoir avec un autre homme et cette intuition la laisse songeuse...
Au delà de l'enquête, toujours passionnante, il y a le regard du juge enfin, remis de ses malheurs, posé sur cette épouse « Il regarda sa Première s'affairer autour de lui pour préparer sa nuit. Il sentit, pour la première fois depuis longtemps, combien elle lui était précieuse. Il avait beau être moins possessif que ce fou de Pei Hang, il lui aurait été infiniment désagréable que son épouse principale lui fût ôtée, soit par les suites tragiques de sa témérité de tout à l'heure, soit d'une autre manière qu'il ne voulait même pas considérer. ».
j'ai toujours plaisir à rencontrer le juge Ti par delà le temps et par le miracle de l'écriture de Frédérique Lenormand. J'apprécie son humour où la formule lapidaire le dispute à l'usage de l'euphémisme, voire de la litote. Je passe vraiment de bons moments
© Hervé GAUTIER – juillet 2008.http://monsite.orange.fr/lafeuillevolante.rvg
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LE CHATEAU DU LAC TCHOU-AN [Les nouvelles enquêtes du juge Ti, vol.1]- Frédéric LENORMAND - Editions FAYARD.
- Le 29/03/2009
- Dans littérature française et francophone
N°308– Août 2008
Quelques lignes dans la rubrique nécrologique du samedi 2 août 2008. Elles annoncent simplement le décès et les obsèques de Jeanne Parthenay, épouse de Marcel Auger dit « Marjan ». Elle a été la compagne des bons et des mauvais jours de son mari. Je n'oublierai pas le sourire de celle que nous surnommions tous familièrement « Marjane ». Une absence de plus au triste compteur des disparus. Elle a donc survécu 10 ans à celui qu'on a appelé « le poète humoriste niortais ». Il m'honora de son amitié pendant plus de 20 ans et jusqu'à sa mort. Je continue à penser à lui. Tous ceux qui l'ont connu ou simplement croisé lui doivent au moins d'avoir favoriser leur démarche créatrice ne serait-ce qu'en devinant et en accompagnant leur merveilleuse envie d'écrire.
LE CHATEAU DU LAC TCHOU-AN [Les nouvelles enquêtes du juge Ti, vol.1] – Frédéric LENORMAND – Editions FAYARD.
Décidément, Ti est encore une fois ce « malheureux juge perdu dans un univers de crime et de vice omniprésents ». Le voilà effectivement en train de mener une enquête hors de sa circonscription sur des meurtres inexpliqués, au beau milieu d'une inondation qui l'a contraint à aborder dans la ville de Tch'ouan-Go [« l'endroit le plus paisible du monde »], alors qu'il rejoignait, accompagné de son seul sergent, sa nouvelle affectation. Soucieux d'échapper au confort plus que relatif de l'auberge locale, il obtient avec quelques difficultés l'hospitalité des châtelains locaux, les Tchou.
Dès lors, les choses se compliquent. Non seulement ses hôtes résident à l'écart de la ville mais semblent vivre dans un autre monde, entourés qu'ils sont d'un univers de légendes mais aussi de manifestations surnaturelles, jouissent d'une immense fortune dont ils ne semblent pas avoir cure, mènent une vie recluse et quasi monastique alors qu'ils pourraient connaître les fastes de la cour impériale des T'ang, ont une attitude des plus bizarres et changeantes. Et puis il y a « ce château étrange et ... son intrigant secret » et l'invitation appuyée de ses habitants à le voir quitter les lieux au plus vite et les laisser en paix. Tout cela n'est pas sans étonner notre juge dont l'esprit pétri de confucianisme est toujours en éveil et la passion pour la loi et l'ordre public intacte. A tout cela viennent s 'ajouter des cadavres, retrouvés flottant dans cette ville désormais envahie par l'eau mais dont tout le monde se moque, le niveau de la rivière étant pour l'heure la seule préoccupation des habitants. Bref, ces personnes maintenant réduites à l'état de cadavres avaient été des gens qui se déplaçaient librement dans cette cité et devaient bien en savoir long sur elle et sur ses habitants. Pourtant Ti « ne connaissait rien de plus secret que la façon de vivre de ces Tchou, dans leur château, sur leur île, au milieu de leur lac, dans leur parc fermé, derrière leur portail qui protégeait il ne savait quelle turpitude digne qu'on tuât pour en préserver l'incognito. »
Etait-ce le contexte climatique, cette maisonnée bizarre où il est un peu perdu parmi les secrets de famille, une pratique culinaire des plus douteuses, le mauvais sort qui semble s'acharner sur ses membres, comme si ce château portait malheur à ceux qui l'habitent, les hypocrisies qu'ils pressent ou les mutismes qu'ils supportent, mais notre juge hésite, se reprend, doute et s'égare un peu... A force de rebondissements de fausses pistes, d'impressions non vérifiées, Ti finit par entrapercevoir la vérité « La lumière jaillissait enfin. Elle était aveuglante. » En effet, la sagacité du mandarin, alliée cependant à la crédulité populaire, au contexte de légendes et de superstitions, au hasard et à la chance aussi, lui a permis de délier l'écheveau compliqué de cette histoire. Tout cela n'était donc rien d'autre qu'une tromperie macabre dictée par l'appât du gain, la fièvre de l'or, la convoitise qui ne font pourtant rien d'autre que de perdre ceux qui s'y laissent prendre.
Ti est décidément un fin observateur de la triste condition humaine et même s'il a été, lui aussi, un peu abusé, il se montre à sa manière, un tantinet opportuniste pour cacher cette mystification et même profiter de la situation. Mais, peut-on lui en vouloir?
©Hervé GAUTIER – Août 2008.http://monsite.orange.fr/lafeuillevolante.rvg
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LA NUIT DES JUGES[ Les nouvelles enquêtes du juge Ti, Vol 2]. Frédéric LENORMAND - Fayard
- Le 29/03/2009
- Dans littérature française et francophone
N°309– Août 2008
LA NUIT DES JUGES[ Les nouvelles enquêtes du juge Ti, Vol 2]. Frédéric LENORMAND - Fayard
Or, le juge Ti s'ennuie dans sa ville de Peng-Lai! La routine administrative, l'ordre public assuré, voire l'apathie générale de cette cité portuaire, en cette année 664 ne valent rien à notre sous-préfet qui se morfond et songe au pire. Heureusement, on le convoque au siège de la Préfecture sans plus de précisions, ce qui nourrit un temps son imagination. Cela lui fera au moins un semblant d'activité!
Comme nous le savons désormais, le juge Ti est non seulement un pourfendeur du vice, un défenseur de la morale, de la loi et de la sécurité publique mais c'est aussi un fin observateur de ses contemporains. Ici, cette convocation de six autres magistrats à Pien-Fou, ville d'eau et de tranquillité, a en réalité pour but de nommer l'un d'entre eux à un poste prestigieux et prometteur dans cette même ville. C'est non seulement l'occasion d'une galerie de portraits haute en couleurs et en variétés mais surtout une peinture fine d'une société bien différente de celle que Ti à l'habitude de côtoyer, c'est à dire celle des truands et des malfrats. On ne s'attend pas, en effet, de la part de mandarins qui sont de fins lettrés et dont la tâche est de punir les citoyens dont ils ont la charge au nom de la loi et de l'Empereur, à les voir se livrer à des mesquineries, des délations, des infamies, des mensonges, des perfidies pour discréditer leurs concurrents et ainsi se voir nommer à leur place. Et de noter avec pertinence « Cette compétition feutrée ne rehaussait pas l'opinion qu'on pouvait avoir de l'humanité administrative »,les petits travers de la condition humaine ne connaissant ni frontière, ni époque, ni classe sociale. Dès lors tous les coups sont permis au point qu'un juge trouve la mort dans ce qui ne peut pas être un banal accident. Mais Ti est d'une autre trempe, et cette mort, si elle bouscule un peu les choses, décourage la sagacité de l'ensemble des autres magistrats. C'est donc à lui qu'on confie hypocritement l'affaire, et notre auteur de noter « Il avait certes un penchant naturel à se jeter la tête la première dans toutes les énigmes qui se présentaient, mais la simplicité avec laquelle ses éminents confrères se déchargeaient sur lui blessait son amour-propre » C'est que, pour obtenir ce poste tant convoité tous les coups sont permis. Les choses se compliquent un peu quand le préfet déclare qu'il sera attribué à celui qui résoudra cette affaire. Notre magistrat se sent soudain bien seul d'autant qu'il a à faire face à la fronde de ses chers confrères. Dès lors, chacun s'affaire, à son rythme et selon sa méthode, la perspective d'une prochaine nomination ainsi mise en compétition étant de nature à motiver les candidats.
Ti, en bon enquêteur flaire une supercherie, mais, goûtant peu ce genre d'humour de la part de sa hiérarchie, il va, lui aussi, entrer dans le jeu, mais à sa manière. Cela a au moins l'avantage de l'occuper un peu et de tromper son ennui, ce qui ne l'empêche pas d'accumuler des indices sur ses chers collègues et de déjouer les pièges qu'ils lui tendent, de sorte que chacun devient, nonobstant sa qualité de magistrat, un meurtrier potentiel et ce d'autant que, chacun espionnant l'autre, tous les juges se retrouvent virtuellement au banc des accusés... pour leurs confrères, évidemment. Et, pour aggraver encore la situation, et comme si le sort avait décidé de désigner le lauréat par défaut, voilà qu'un deuxième magistrat, qui était pressenti pour ce fameux poste, est retrouvé assassiné allongeant la funeste liste. Cela commence à faire beaucoup pour un ville paisible! De plus, Ti fait figure de suspect idéal pour les autres mandarins qui n'ont pas, cela va sans dire, sa rigueur intellectuelle. C'est bien de cela dont il se sert pour découvrir la vérité qui se dérobe rarement devant lui. Il observe avec curiosité les travers et les turpitudes de la communauté humaine, raisonne, suppute, imagine, compulse dossiers et archives, n'hésite pas à remettre en question les apparences les plus établies et rien n'échappe à sa perspicacité [je soupçonne un peu l'auteur de mettre dans la bouche de Ti des remarques qui lui sont personnelles, mais, si cela est, je ne saurais lui en vouloir!].
Bref, dans cette « ténébreuse affaire », notre sous-préfet ne se laissera pas abuser et les choses reviendront à leur vraie place, celle qu'elles n'auraient jamais dû quitter si les hommes avaient été aussi vertueux que notre juge, même si elles empruntent un peu à l'hypocrisie pour que soient maintenus l'ordre social, la paix publique, la sérénité de la justice et la respectabilité de ceux qui sont chargés de la rendre. Pour la nomination, on fera prévaloir l'opportunité sur la compétence, comme souvent! Ti est malgré tout satisfait de sa démonstration, mais, je ne peux pas ne pas l'imaginer un peu frustré, lui qui n'avait rien sollicité mais qui aurait bien aimé une promotion prometteuse dans cette bonne ville de Pien-Fou. Il se voit payé de belles paroles de prédictions somptueuses, mais est renvoyé à Peng-Lai où il retrouvera son ennui, ses fonctions, sa famille et ses méditation sur cette société des hommes dont il doit combattre les perversités, même si elles se manifestent d'une manière inattendue. Il est aussi un bon philosophe, c'est à dire un peu fataliste, puisque notre auteur note avec pertinence « Ti se réjouit de sa médiocrité, qui le préservait des grandes tentations comme des grands vices, et repartit le coeur léger vers sa petite bourgade côtière qui lui paraissait soudain si pleine de ressources à sa mesure. »
j'apprécie toujours Frédéric Lenormand dont je lis les oeuvres avec gourmandise. J'ajoute que dans ce roman, comme dans tous les autres, le lecteur apprend beaucoup de choses sur la civilisation, sur les coutumes ou sur le droit chinois... Ce que j'attends d'un livre, même d'une fiction, c'est certes d'être bien écrit, emprunt d'un humour jubilatoire, de m'inviter au rêve et au dépaysement, mais aussi qu'il soit bien documenté. Je dois dire que je suis pleinement satisfait. C'est là une marque de respect du lecteur que j'ai plaisir à souligner ici.
© Hervé GAUTIER – Août 2008.
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Le mystère du jardin chinois [ Les nouvelles enquêtes du juge Ti ] - Frédéric LENORMAND - Editions FAYARD.
- Le 29/03/2009
- Dans littérature française et francophone
N°325– Février 2009
Le mystère du jardin chinois [ Les nouvelles enquêtes du juge Ti ] – Frédéric LENORMAND – Editions FAYARD.
Cette fois, Ti est sous-Préfet de la bonne ville de Pou-Yang, et, pour son malheur et en voulant porter secours à son supérieur hiérarchique, il est victime d'un accident qui, pour être banal, le rend complètement amnésique. C'est que cette province est frappée par une épidémie mortelle de volatiles de toutes plumes qui menace la paix publique ou plus exactement « contrevient aux lois du Ciel et de la terre ». Bien entendu, c'est lui qu'on tient pour responsable de cet état de chose, au motif que, traquant le crime avec plus de zèle que ses autres collègues, il en découvre donc davantage et que, « un excès d'intelligence [étant] le pire défaut d'un fonctionnaire», « le sens du monde [lui] échappe totalement», il convient donc de le déplacer au plus vite. Les bruits les plus fous courent d'ailleurs sur notre pauvre juge qui mérite donc bien cette pause. C'est la raison de la présence de son supérieur dans sa ville. Son amnésie tombe à pic et il va donc se reposer avec sa famille dans un magnifique jardin perdu dans la campagne, mais les paysages qui le composent sont aussi énigmatiques que les personnages qui le hantent. Pour y entrer et y mener librement son enquête, son esprit étant toujours en éveil, il a recours à un subterfuge, et, nonobstant sa perte de mémoire, il retrouve ses vieux réflexes de limier, son proverbial bon sens, d'ailleurs largement inspiré par l'enseignement de son maître Confucius. C'est que son hôte invisible, le décor dans lequel il évolue et les personnages énigmatiques dont il fait la rencontre, ne laissent de l'interroger. Voilà donc le décor planté.
C'est que, ce qui n'était au départ, qu'une vague histoire d'oiseaux, se transforme petit à petit, dans ce microcosme mystérieux où se succèdent les situations rocambolesques et les personnages fantasques voire inquiétants, en un théâtre d'opérations où il saura, nonobstant son indisposition provisoire, se montrer à la hauteur de sa réputation. En effet « le meurtre continuait à fleurir autour de lui comme si nul magistrat de la glorieuse administration chinoise n'avait été là pour rétablir l'ordre du Ciel ».
Dans ses fonctions retrouvées, et malgré son amnésie passagère, il sait pouvoir compter sur sa Première épouse, Dame Lin Erma, qui, en toutes circonstances est là pour le seconder et se révèle être son véritable double. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'elle agit efficacement aux côtés de son époux [« Panique sur la grande muraille », « l'art délicat du deuil », « Madame Ti mène l'enquête » « Petits meurtres entre moines »...]. Ce détail est non seulement la marque d'une grande unité dans l'œuvre de notre auteur, mais souligne l'importance de cette épouse, qui, si elle n'a pu donner de descendance à son mari, ce qui aurait suffit à la faire répudier, n'en prend pas moins la préséance sur les deux autres compagnes. Ti le reconnait volontiers [ « Sans vous je ne serais rien »] et là aussi, elle prend une part active à la résolution des énigmes qui émaillent ce récit. C'est la consécration du rôle des femmes dans cette société pourtant essentiellement masculine, mais qui est gouvernée par une impératrice dont Ti deviendra plus tard le conseiller influent.
Notre auteur nous indique qu'un jardin chinois est un univers magique qui symbolise le paradis terrestre. Le lecteur attentif ne manquera pas de s'en faire sa propre idée à travers ce récit aux multiples rebondissements qui met une nouvelle fois en lumière les travers humains dont Ti est toujours le témoin attentif. Il redécouvrira un magistrat qui exercera, comme toujours, son sens de la logique et son imagination. Cela le maintiendra en éveil jusqu'à la fin... même si cette dernière le surprend un peu!
J'apprécie les descriptions bucoliques et les évocations plus personnelles et psychologiques qui enrichissent le récit. Les phrases sont tricotées dans un style toujours aussi jubilatoire, qui, du début à la fin, déroule son voyage sans jamais lasser. Je retrouve aussi, avec gourmandise, l'humour qui fleurit sous la plume de notre auteur et un sourire complice éclaire souvent mon visage... Je note d'ailleurs que dans cet ouvrage, comme dans tous les précédents, il doit beaucoup au sens de la formule, aux expressions ciselées, aux raccourcis subjectifs autant qu'à l'emploi délicat de l'euphémisme et de la litote.
L'auteur parsème, comme toujours son récit de remarques et de notes, fruits de ses recherches méticuleuses. Elles renseignent utilement le lecteur sur les us et coutumes de l'époque et du pays, sur l'organisation de la société. Je goûte ce dépaysement dans le temps et l'espace. La note qui figure à la fin du livre attire même l'attention, non seulement sur les circonstances de ce récit, mais également l'actualise.
Ce roman à la lecture agréable se transforme ainsi en un document pédagogique et instructif.
Je remarque également que cette histoire renoue avec la symbolique de l'eau. Je n'en connais pas avec exactitude sa signification dans le contexte chinois, mais beaucoup d'aventures du juge Ti sont liées à cet élément ce qui me paraît significatif.
Faire vivre [ou revivre, puisque Ti a effectivement existé] un personnage, le faire évoluer dans un univers propre, respecter une personnalité reconnue, se mettre à sa place, habiter son personnage ou lui prêter, peut-être, un peu de ses sentiments personnels, est un art délicat. J'apprécie toujours qu'on parvienne au bout de cette entreprise qui peut se révéler périlleuse. Dans ce récit, comme dans les autres, je n'ai pas été déçu et j'ai retrouvé ce mandarin avec plaisir. J'avoue que personnellement, ce juge Ti me plait bien et que le lis toujours avec autant de passion ses aventures. Je redécouvre à chaque édition d'un nouveau livre, avec bonheur et même avec un certain étonnement, sa manière d'appréhender le quotidien.
Cette démarche illustre sans doute ce vers de Henry Longfellow « la vie est brève, l'art seul est durable. »
Une nouvelle enquête du Juge Ti publiée par Frédéric Lenormand est toujours pour moi un événement.
© Hervé GAUTIER – Février 2009.http://hervegautier.e-monsite.com