la feuille volante
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L'enfant rivière - Isabelle Amonou
- Le 19/11/2023
- Dans littérature française et francophone
N°1799– Novembre 2023
L’enfant rivière – Isabelle Amonou – Éditions Dalva.
Thomas est venu de Paris pour les obsèques de son père au Quebec. A Cette occasion il revoit Zoé, son épouse dont il est seulement séparé et qui vit ici. Il y a six ans, leur fils Nathan, quatre ans à l’époque, a disparu dans la rivière alors qu’il était sous la garde de sa mère. Son corps n’a pas été retrouvé et leur couple n’a pas résisté à cette disparition. Ils s’étaient mariés mais ne se ressemblaient pas vraiment, lui, plus intellectuel, elle davantage tournée vers la nature, la chasse, le sport, un de ces mariages qu’on fait par amour et qu’on ne tarde pas à regretter. Apparemment elle s’était mariée pour échapper à son enfance ravagée par une vie de famille désastreuse. Cette rencontre va tourner au drame.
Nous sommes en 2030 et le Canada doit non seulement faire face à des bouleversements climatiques inquiétants et répétés avec tornades et inondations, mais doit également affronter un problème migratoire. En effet là où vit Zoé qui croit toujours que son fils n’est pas mort et le recherche dans cette nature sauvage, il y a des camps de migrants américains qui se sont réfugiés au Canada non seulement pour fuir le réchauffement climatique mais également le délitement de la société suite à une guerre civile. On songe à ériger un mur pour les contenir en Alaska. Pour corser le tout, il y a dans la forêt près de chez Zoé des enfants et des ados, fuyant les États-Unis qui vivent comme des sauvages et des voleurs et qu’elle chasse comme des bêtes. Les autorités les remettent ensuite aux services sociaux. Cette région, auparavant calme, était rapidement devenue dangereuse.
Je ne suis entré dans cette histoire qu’à la fin du roman, quand Tom rencontre à nouveau Zoé. Si je n’ai pasx été passionné par cette histoire, ce n’est pas à cause du réchauffement climatique qui est malheureusement inévitable, pas non plus à cause de la migration américaine à la suite d’une guerre civile, ce qui peut parfaitement arriver dans un contexte géopolitique cahoteux et surtout dans un monde qui devient de plus en plus fou, mais la quête de Zoé m’a paru surréaliste après tout ce temps, son parcours personnel, dans une famille indigne, la culpabilité qu’elle traîne derrière elle comme un fardeau, le deuil impossible à faire pour chacun d’eux... Je n’ai pas cru non plus qu’on puisse pardonner ainsi si facilement les erreurs passées, j’ai assez peu adhéré à la prise de conscience de soi de Zoé et l’épilogue ne m’a pas convaincu..
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Le chat du rabbin -Vol 10 "Rentrez chez vous" - Joann Sfar (BD)
- Le 19/11/2023
- Dans Autres littératures étrangères
N°1800– Novembre 2023
Le chat du rabbin – Volume 10 « Rentrez chez vous »- Joann Sfar -Dargaud.
Cet album illustre avec humour et à travers les yeux du chat l’antisémitisme ordinaire et traditionnel qui combat les Juifs là où ils se trouvent et leur ordonne de rentrez chez eux. Oui mais, pour des raisons historiques dues notamment à l’invasion de la Palestine par l’Empire Ottoman, ils n’avaient plus de pays à eux. L’expression « Juif errant » trouvait donc sa justification et ils étaient rejetés voire persécutés dans tous les pays où ils vivaient. En France, le décret Crémieux de 1870 accordait au Juifs d’Algérie la nationalité française et la déclaration Balfour de 1917 se prononçait en faveur de la création « d’un foyer national juif » mais cette terre qui était historiquement la leur était occupée par les Arabes. Le panarabisme ne tarda pas à s’opposer à ce processus ce qui conduisit la SDN a confier à la France et à la Grande Bretagne un mandat dans la région pour y maintenir la paix . Évidemment le problème religieux avec ses dogmes, sur cette terre où l’Islam, la chrétienté et le judaïsme devaient cohabiter, vint tout compliquer et l’établissement d’un état juif fut compromis. Il y eu des soubresauts historiques, notamment avant pendant et après la Seconde guerre mondiale mais l’État d’Israël naquit bel et bien sur cette terre et les Juifs du monde entier purent enfin espérer y émigrer. L ‘expression « L’an prochain à Jérusalem » devint donc un but pour chacun d’eux. Cet album, inspiré par une réalité, prend au regard des événements actuels une dimension particulière.
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Les bâtisseurs d'empire - Boris VIAN
- Le 17/11/2023
- Dans littérature française et francophone
N°1798– Novembre 2023
Les bâtisseurs d’empire – Boris Vian – Éditions l’Arche.
La scène se passe dans une pièce sans originalité meublée sommairement, entre deux étages où vit une famille avec une domestique et un être indéterminé, blessé (le schmürz) entouré de bandages et de loques, toujours dans un coin et qui est en permanence frappé par eux et même par le voisin. Apparemment les parents ont des pertes de mémoire à propos seulement de leur passé immédiat et la famille a récemment déménagé pour un appartement plus petit à cause d’un bruit étrange et inconnu qui peut être dû à la guerre ou à un désordre social. La fille regrette le précédent logement et tout ce qu’on y a oublié ou peut-être tout ce que les événements de leur vie leur ont fait perdre
Cette pièce de théâtre en trois actes n’est pas l’œuvre la plus connue de Boris Vian célèbre surtout pour ses romans. Elle a été écrite en 1959 c’est à dire l’année de sa mort. Il y a beaucoup de recherche de vocabulaire, je choisi d’y voir une quête de la perfection cependant jamais atteinte à cause du temps qui passe du vieillissement et de la perte des facultés. Quant au bruit, pas entendu par tout le monde, j’y vois des idées fixes, des obsessions propres à chacun. Le personnage du schmürz me paraît est à la fois énigmatique et révélateur, souffre-douleurs de chacun, considéré comme responsable des maux des autres parce qu’il faut bien en trouver un mais aussi personnage sans aucune importance qu’on se croit autorisé à maltraiter parce qu’il est différent et ne représente rien. C’est à la fois irrationnel, parfaitement en phase avec la nature humaine, mais ça marche toujours, racisme ordinaire qui masque mal la solitude ou volonté de s’affirmer soi-même en faisant le mal autour de soi ? Le schmüz peut être l’étranger, l’immigré (nous sommes dans les Trente glorieuses) qui va servir d’exutoire, incapable de se défendre parce qu’il sait qu’il n’est pas chez lui et d’une manière générale celui qu’on n’aime pas, qu’on méprise , l’inférieur, parce qu’il n’a pas le même niveau social, financier ou culturel que nous et qui, à ce titre, mérite notre haine. Avec le recul, cela me paraît être prémonitoire d’une société qui a perdu ses repères qui court après un progrès destructeur et qui ne génère que de la solitude, de la souffrance.
Boris Vian est l’un des écrivains majeurs du XX° siècle, malheureusement un peu oublié. J’ai toujours aimé son humour, sa sensibilité, son désespoir.
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Le chat du rabbin - La tour de Bab-El-Oued - Joann Sfar (BD)
- Le 16/11/2023
- Dans Autres littératures étrangères
N°1797– Novembre 2023
Le chat du rabbin – Joann Sfar – Dargaud
Volume 7 – La tour de Bab-El-Oued.
La vie continue à Alger, sauf que la mosquée est inondée et que l’imam Sfar demande au rabbin Sfar si ses fidèles ne pourraient pas venir prier dans sa synagogue, ne sont-ils pas cousins après tout ? Cela ne devrait pas poser de problèmes mais il apparaît rapidement évident qu’à la réflexion, il faut que chacun reste chez soi, cultive ses différences, qu’on n’est pas si frères que cela, qu’il faut remettre en cause les textes sacrés et ne pas se croire obligés de respecter la fraternité, la charité et l’amour du prochain et tant pis pour la tolérance.. Quand c’est la synagogue qui est inondée, le délire religieux reprend le dessus, on affirme que ce déluge c’est la volonté de Dieu, que c’est une punition divine à cause de la renonciation à sa foi, avec la culpabilité, le culte de la douleur, la recherche d’un responsable et la nécessité d’un sacrifice expiatoire. Pour cela le chat fait parfaitement l’affaire. Et pour que la fête soit complète, il fallait un prêtre catholique, mais il n’est pas question d’aller prier dans une église.
J’ai bien aimé cette fable, le graphisme en général et spécialement celui du chat. Oreillard, famélique, avec ses grands yeux verts, il est plein de bon sens et d’humour, donc attachant. A force de parler avec les humains il a fini par leur ressembler et a négligé, comme eux, les valeurs morales que pourtant ils lui ont enseignées.
Les religions répondent notamment aux aspirations de l’homme à croire dans un monde meilleur et la façon de le mériter durant son passage sur terre. Ainsi les différentes confessions se sont-elles opposées, parfois violemment, à coup de dogmes, de révélations, d’espérances et de prosélytisme, avec des lectures et des interprétations différentes des textes fondateurs et ont souvent été l’occasion de provoquer ou d‘entretenir ce que l’homme sait faire de pire : la guerre ! En Occident il y a certes eu des tentatives de dialogue entre elles pour rendre possible le « vivre ensemble » mais chaque conflit, pour des raisons différentes, a souvent pris, peu ou prou, une dimension religieuse, notamment contre les Juifs ce à quoi nous assistons actuellement dans un monde qui s’embrase.
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Le chat du rabbin - Volume 6 - Joann Sfar (BD)
- Le 14/11/2023
- Dans Autres littératures étrangères
N°1796– Novembre 2023
Le chat du rabbin – Joann Sfar – Dargaud
Volume 6 – Tu n’auras d’autre dieu que moi.
Zlabaya est enceinte. C‘en est fini des caresses et des câlins qu’elle réservait au chat. La présence future de ce bébé va faire s’effondrer cet univers dont il était le centre. Evidemment cela le rend triste même si, pour un temps, il est le seul à partager avec elle la nouvelle de cette future naissance. Le fait de parler le rapproche des hommes et, de fait, il réagit comme eux, surtout face à une femme qui, une fois mère, va se consacrer à son enfant au détriment des autres membres de sa famille et donc à lui. Son avenir n’est pas rose et ce n’est pas le rabbin avec son dieu et ses prières qui vont le consoler ; La solution qu’il trouve va le faire sortir de son cocon et aller au devant des hommes, de leurs jalousies, leurs hypocrisies, de leur violence, de leur désespoir. Il en prend même un peu de la graine.
J’ai bien aimé cette fable, le graphisme du chat aussi, pas beau mais attachant.
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Le profil de Galatée - Amit Weisberger
- Le 13/11/2023
- Dans littérature française et francophone
N°1795– Novembre 2023
Le profil de Galatée – Amit Weisberger – Éditions Velvet.
Un sculpteur devenu berger dans le Cantal cultive son amitié avec Carole, son ex avec qui il couchotte de temps en temps, mais aussi sa solitude qu’il agrémente avec la pensée de Lao-Tseu. Pourtant son isolement commence à lui peser au point qu’il s’inscrit sur un site de rencontres pour trouver l’âme sœur. Le voilà donc occupé dans une ferme loin de tout, coincé entre une séquence artistico-philosophique, l’idéal écologique, les connexions internet laborieuses, une radinerie viscérale et le confinement. Pourtant, avant d’être un ermite il avait eu une vie amoureuse bien remplie qu’apparemment il regrette.
C’est sans doute à cause des relations bizarres qu’il entretient avec Carole qu’il a l’idée de créer Galatée, une femme virtuelle qu’il imagine comme une aide dans sa quête amoureuse. C’est plutôt bien écrit mais je me suis carrément ennuyé en suivant ses tentatives avortées de cesser de fumer, ses recherches amoureuses et surtout hasardeuses, ses travaux à la ferme, ses états d’âme et ses fantasmes.
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L'enlèvement - Marco Bellocchio
- Le 08/11/2023
- Dans Cinéma italien
N°1793– Novembre 2023
L’enlèvement - Un film de Marco Bellocchio.
Titre original « Rapito » ou « La conversione ».
En 1858, un enfant juif de Bologne, Edgardo Mortada, sept ans, est enlevé par les soldats du pape au motif que, nourrisson malade censé être en danger de mort, il aurait été baptisé en secret par une servante pour lui éviter d’aller dans les limbes. Alors que la famille Mortada est tranquille et respectueuse de l’autorité papale, Bologne faisant à l’époque partie des états pontificaux., l’enfant est amené de force dans la maison des catéchumènes à Rome où, comme d’autres également arrachés à leur famille juives, il reçoit une éducation ainsi que tous les sacrements catholiques. A cette époque le pape représente une force politique et militaire importante et son pouvoir législatif est indiscutable, ce qui permet à l’Église catholique notamment ce genre d’exaction. Malgré une campagne de presse, le soutien de l’opinion publique libérale et de la communauté juive, les efforts des parents pour récupérer leur fils restent sans effet. La seule possibilité de voir leurs efforts couronnés de succès était leur conversion au catholicisme, ce qui était évidemment impossible.
L’éducation que reçoit Edgardo est un véritable lavage de cerveau destiné non seulement à le séparer de sa famille mais aussi à effacer de sa mémoire toutes les traces de la religion juive, c’est à dire d’en faire un bon chrétien et un soldat du Christ obéissant et soumis, voué le cas échéant au martyre. On change même son nom. L’hypocrisie catholique consiste à considérer le baptême comme un acte définitif sur lequel on ne peut revenir sauf à encourir l’apostasie et qui enferme l’enfant dans un microcosme où la vie d’un individu est brisée dans le seul but de l’asservir et d’assurer le salut de son âme. La presse catholique de l’époque fait écho à cette tartufferie, déguisant la triste réalité sous des mots lénifiants. Pie IX a érigé cela en une formule issue des Actes des apôtres « Non possumus » (« nous ne pouvons pas » autrement dit c’est un refus par principe de céder à une demande contraire aux valeurs catholiques). Cette lutte de l’Église catholique contre les Juifs, apparemment en sommeille actuellement, prend sa source dans le concile de Tolède de 633 qui autorise ce genre de pratique qui s’est multipliée au cours du temps. C’est aussi une affirmation répétée à l’envi pendant des décennies et bien sujette à caution, regardant les Juifs comme le peuple déicide, c’est à dire les assassins de Jésus et que tout était permis pour leur faire payer cette avanie, avec la bénédiction et surtout l’intransigeance de l’Inquisition. Le silence assourdissant de Pie XII face à la Shoah en est notamment un triste exemple. Dans ce film, le pape ne manque pas une occasion d’humilier les juifs pour leur signifier son pouvoir sur eux ?
Edgardo Mortada (1851-1940) poursuivra son parcours dans le catholicisme, recevant notamment les ordres religieux et se transformant lui-même en missionnaire et en prosélyte, de sa propre volonté cette fois, et ce malgré l’affaiblissement des pouvoirs du pape et la libéralisation de la vie politique en Italie. Il meurt dans une abbaye près de Liège juste avant l’invasion nazie. Il n’a pas été le seul à être ainsi victime de l’Église.
C’est un grand film, sorti en 2023 , long (2h14), bien documenté et servi par de bons acteurs (Paolo Pierobon, Barbara Ronchi …) qui met en lumière une des nombreuses exactions de l’Église et participe de la prise de conscience actuelle des scandales et des graves manquements dont elle s’est rendue coupable au sein de nos sociétés occidentales où elle était jadis bien implantée, ce qui faisait d’elle une référence qu’elle n’est plus aujourd’hui. Après avoir été pendant longtemps un solide pilier sociétal, elle a manqué à sa mission moralisatrice et spirituelle et le vide ainsi laissé a été rapidement comblé par d’autres forces religieuses.
Cette authentique histoire se déroule en Italie. Dans notre pays, les événements récents mettant en lumière les pratiques pédophiles de certains membres du clergé relancent la polémique contre cette institution comme l’a illustré le film de François Ozon « Grâce à Dieu ».
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Décaméron - Neuf nouvelles d'amour
- Le 08/11/2023
N°1790– Novembre 2023
Décaméron – Neuf nouvelles d’amour – Boccace -Gallimard.
Version bilingue traduite de l‘italien par Serge Stolf.
C’est un recueil de neuf nouvelles d’amour écrites pendant la peste à Florence de 1349 à 1353. Dix jeunes gens se réfugient à la campagne et pour le plaisir inventent chacun un récit par jour. Cela donne 10 histoires pendant 10 jours d’où le titre grec de « Décaméron ». Ce recueil choisit le thème de l’amour. Ces amours sont heureuses, tragiques, humoristiques, émouvantes, contrariées ou insatisfaites. Chaque histoire met en scène des personnages réels mêlés à d’autres imaginés par l’auteur. Chaque texte évoque une facette de l’espèce humaine, la relation entre les hommes, entre fidélité, confiance et trahison, violence, adultère, manœuvres de séduction visant à circonvenir l’amoureux transi, sensualité… c’est à dire l’amour humain, à l’exclusion cependant de l’amour de Dieu. Les femmes à qui ces textes sont dédiés sont présentées comme actrices de leur bonheur mais bien plus souvent comme des victimes face à l’intransigeance et au pouvoir des hommes et de la hiérarchie sociale, au poids de l’Église qui les maintenaient en état d’infériorité. Cet amour, partagé ou non, est parfois sensuel et même en dehors de toute culpabilité. Il est aussi idéalisé, au point que, s’il s’avère impossible, que les parents s’y opposent ou avaient prévu une autre union, seule la mort peut unir les deux amants. Sous la plume de Boccace, les femmes ne sont plus seulement destinées à se marier, à enfanter, à prier et à tenir une maison mais aussi font prévaloir leur envie de jouir de la vie. Ces nouvelles parlent de la séduction au service d’une cause, d’une idée, d’un projet de vie ou d’un caprice passager, de la volonté de faire prévaloir l’amour et son pouvoir sur les hommes avec parfois une fin moralisatrice que n’aurait renié La Fontaine. Il y a ce côté mystérieux et aussi fou qui souvent prévaut dans l’amour et qui attache entre eux un homme et une femme sans qu’ils y puissent rien.
Les textes, écrits en italien et non en latin comme c’était le cas à l’époque, comporteent des allusions érotiques voire grivoises qui en font également l’intérêt mais sont aussi la marque d’une volonté de profiter de la vie comme un bien précieux, menacé en permanence par les guerres ou les épidémies.
La nouvelle est un genre littéraire, bref et en prose, tout à fait nouveau à cette époque, qui tranche sur les pièces de littérature médiévale, souvent didactiques et en vers mettant en scène des aristocrates. Elle a connu un essor au XV et XVI siècle en Italie, jusqu’à nos jours. Elle met en œuvre l’oralité, le dialogue entre les personnages choisis non plus dans la noblesse mais dans la bourgeoisie et le peuple des villes et montre le monde tel qu’il est.