la feuille volante

Du bon usage des cimetières parisiens

Du bon usage des cimetières parisiens – Lucien Clarini – Les cahiers d’Illador.

 

Je remercie Babelio et les cahiers d’Illador de m’avoir fait parvenir ce recueil de poèmes.

 

J’avoue que je ne m’attendais pas à cela, non que je n’aime pas la poésie, bien au contraire, mais le titre m’évoquait une balade dans des lieux si paisibles que bien des gens de ma génération y ont trouvé, enfants, leur terrain de jeux dominicaux parce que les squares et autres jardins publics manquaient dans leur décor urbain immédiat. Ils ne l’avaient évidemment pas choisi mais sous la férule de leurs parents ils pouvaient, sauf à respecter les tombes, y jouer à loisir et regarder les incontournables chats. Le lieu est généralement calme, apaisant, c’est bien le moins pour le dernier repos des pensionnaires, même si les occupants sont le plus souvent anonymes et délaissés, l’oubli étant une grande caractéristique de l’espèce humaine , cet endroit est bien souvent synonyme de « trou de mémoire’.

 

Il est bien fait une discrète allusion aux locataires célèbres de certains cimetières parisiens que j’aimerais bien moi aussi visiter avant de mourir, même si mon inclinaison naturelle va plutôt vers les sépultures de quidams sans fleurs ni prières. Leur stèle, visitée ou négligée, témoignent de l’image qu’ils sont laissée. Cela permet à l’auteur d’évoquer des célébrités et l’œuvre qui leur survit parfois mais aussi, et accessoirement, de justifier la présentation qui est faite de lui-même d’un homme cultivé. Mais ce que j’attends des poèmes c’est qu’ils m’émeuvent et là je suis resté sur ma faim. Je ne suis pas un fan de la prosodie, tant s’en faut, mais certaines rimes sont des plus faciles. Vous avez dit poèmes iconoclastes ? Pourquoi pas après tout et au moins ce n’est pas sinistre car il n’y a rien de plus triste que la mort.

 

La quatrième de couverture nous rappelle que « philosopher c’est apprendre à mourir » et nous convie à une promenade dans les cimetières, pour apprendre à philosopher. Pourquoi pas ? En tout cas, philosophes ou non, fatalistes ou croyants dans un monde meilleur, nous sommes tous mortels et un jour ou l’autre nous nous retrouveront dans ces endroits où nous serons tous égaux dans le néant.

 

 
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