DICTIONNAIRE DES MOTS RARES ET PRECIEUX

 

DICTIONNAIRE DES MOTS RARES ET PRECIEUX - Domaine français- dirigé par Jean Claude Zylberstein - Collection 10/18.

 

J'ai peu l'habitude de donner mon avis sur un dictionnaire, mais celui-ci me paraît original et mérite l'attention du "lecteur". C'est en effet un ouvrage que j'ai consulté avidement, autant pour enrichir mon vocabulaire que pour goûter les délices de notre langue et ce d'autant plus volontiers que nous perdons chaque jour malgré nous et par le non-usage des mots français au profit de termes étrangers que notre langage assimile aussitôt. Certes, c'est bien puisque notre langue ainsi évolue (c'est en cela qu'elle est une langue vivante) grâce aux apports extérieurs.

J'ai toujours été frappé par le fait qu'à chaque édition d'un dictionnaire, celui-ci fait la même épaisseur que le précédent alors qu'il comporte des ajouts de mots. Pour cela il est évident qu'il faut en sacrifier d'autres et que ces derniers ne peuvent être que des mots anciens, c'est à dire rares et relativement peu usités. Le plus souvent les mots rajoutés sont nés du "franglais", ce qui est bien triste mais je crois me souvenir avoir entendu de la bouche d'un éditeur que le rôle d'un dictionnaire est actuellement non pas tant de conserver la langue dans sa pureté originelle que d'en expliquer les mots nouveaux pour qu'ils soient compris de tous, même si pour cela il faut consentir à des sacrifices.

Cet ouvrage me paraît donc venir utilement combler le vide ainsi creusé par les éditions successives des dictionnaires.

Et puis il y a le plaisir d'apprendre et de découvrir. Qu'est-ce donc qu'étriver, qu'une gradine, qu'un moisement, qu'une panneresse ou qu'un récibion? Tous ces mots venus d'un passé lointain, souvent technique ont conservé, par cela même qu'ils n'ont pas été mâtinés une fraîcheur et une musique dont il serait dommage de se priver.

Ne vaut-il pas mieux préférer le mot juste à une périphrase peu élégante? Par exemple "Echampir" pour dire imiter le relief des objets en en soulignant les contours ou "dévoler" pour indiquer qu'on a fait de mauvaises affaires. C'est peut-être quelque peu désuet mais ô combien évocateur même si cela peut paraître pédant!

C'est vrai que "la richesse de notre langue fait qu'un grand nombre de mots nous sont pratiquement inconnus" mais il est également vrai de constater que "notre langage est en perpétuel mouvement, soumis sans cesse au flux et au reflux qui tour à tour masquent et découvrent tel ou tel secteur."

En tout cas, pour ma part, je suis disposé à poursuivre avec plaisir ce merveilleux voyage au pays des mots qui sont aussi le véhicule de la poésie.

 

Notes personnelles de lecture - © Hervé GAUTIER

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