la feuille volante

L'HOMME A L'ENVERS

 

N°1000– Décembre 2015

 

L'HOMME A L'ENVERS Fred Vargas – Viviane Hamy.

 

Dans le Parc national du Mercantour, les loups ont fait leur apparition, ils venaient parait-il des Abruzzes italiennes et s'étaient multipliés en France où ils commençaient à faire des dégâts sur les troupeaux de moutons. Lawrence un Canadien taiseux, spécialiste des grizzlis était venu pour les étudier mais il ne parvenait pas à repartir chez lui, à cause paraît-il de la fascination que ces animaux exerçaient sur lui. Pas qu'eux apparemment parce qu'il partageait la vie de la jeune Camille, passionnée de musique et de plomberie. Elle ne croit pas aux loups et ne participe pas aux battues tout comme Massart, un solitaire qui travaille aux abattoirs, qui est parfaitement glabre sur tout le corps et que Lawrence soupçonne d'être…un loup-garou à cause des poils qui lui pousseraient en-dedans, un véritable homme à l'envers ! Suzanne, une femme du pays est assassinée, égorgée comme une brebis… Et Massart a disparu et fait donc un suspect idéal que Camille, accompagnée d’acolytes un peu bizarres, pourchasse au volant d'une bétaillère et ce d'autant que les meurtres et les massacres de brebis se multiplient sur un itinéraire qui semble, pour des raisons obscures, mener notre petite troupe en direction de Paris !

 

Que vient faire dans cette histoire le commissaire parisien Adamsberg qui a bien d'autres préoccupations au demeurant. C'est que Camille, celle-là et pas une autre, n'est pas une inconnue mais au fond cette histoire un peu loufoque (sans mauvais jeu de mots) c'est bien une affaire pour lui. Il la prend donc en mains ou plus exactement en sous-main parce qu'il n'est pas dans sa circonscription et que, par ailleurs sa vie est menacée et donc qu’il doit garder l'anonymat. L'enquête semble un temps s'égarer d'autant que le flou l'entoure de plus en plus et qu'elle piétine passablement et même s'enlise, avec en toile de fond à la fois ce personnage qu'il pourchasse et qui semble lui envoyer un défi et le sourire de Camille auquel notre commissaire n'est pas indifférent.

 

L'homme a toujours été fasciné par le loup au point qu'il l'a diabolisé où chargé d'un destin et de pouvoirs légendaires. L'auteur en profite pour revisiter le mythe du loup-garou, celui de la lycanthropie et la « bête du Mercantour » dessine peu à peu sa silhouette floue mais inquiétante et contribue à nourrir la psychose collective. En jouant sur ces peurs ancestrales, l'auteur qui est une authentique raconteuse d'histoires, parvient à tenir en haleine son lecteur jusqu'à la fin.

 

C'est le deuxième roman de Fred Vargas parue en 1999 ; il reprend le personnage du commissaire Adamsberg, ce flic un peu marginal que ne gênent ni les ordres ni la hiérarchie et qui finalement me plaît bien.

 

Hervé GAUTIER – Décembre 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com

 
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