Igor et Boccère

SUITE 121

N°933– Juillet 2015

 

SUITE 121 - Igor et Boccère – Volume 1 - Dynamite.

 

Qu'on ne s'y trompe pas, il s'agit d'une bande dessinée pour adultes avec tout ce que cela implique. Mais après tout pourquoi pas, je réponds parfaitement aux critères exigés pour cette lecture. Cela fait longtemps que cette chronique ne demande qu'à se diversifier loin de l'hypocrisie qui baigne généralement nos sociétés judéo-chrétiennes et ce même si j'ai cliqué sans trop savoir sur la liste offerte par Babelio dans la cadre de « Masse critique ». L'érotisme, le sexe, font partie de la vie et s'en offusquer c'est aussi faire montre d'un puritanisme qui n'a plus court aujourd'hui quand les mentalités évoluent et qu'on accepte enfin de regarder en face les réalités existantes. Hier encore on les cachait sous un voile qui se voulait pudique mais que les spectateurs ainsi frustrés brûlaient de soulever. L'homosexualité, la prostitution, l'adultère, les pratiques sexuelles débridées et les perversions du même ordre ont toujours existé et la littérature érotomane, les gravures et tableaux licencieux s'en sont fait l'écho jusque chez les auteurs les plus classiques et les plus sérieux qui ont parfois tâté des tribunaux pour cela. Cacher, au nom de la morale ou des bonnes mœurs, ce qui est un phénomène de société, même si cela peut se défendre sur le plan de l'éducation, ne change rien à la réalité. Il me semble d’ailleurs que de tels ouvrages ne laissent jamais vraiment le lecteur indifférent et ce thème, quand il est traité dans un ouvrage lui assure des ventes importantes. Et puis, qui n'a pas, souvent en cachette, feuilleté une revue pornographique ou visionné une séquence grivoise sur internet ? Dès lors, que la Bande dessinée prennent en compte cela, je ne vois pas pourquoi personnellement je m'en offusquerais.

 

De quoi s'agit-il ? Cette BD érotique fait suite à « chambre 121 » des mêmes auteurs, où un réceptionniste d’hôtel était sollicité par sa patronne, moyennant des primes sans grands risques, pour répondre aux exigences « gourmandes » de ses clientes, autant dire un job, certes fatigant mais au moins plus agréable et lucratif que de travailler dans la poussière d'un bureau ou sur un chantier pour un salaire de misère. Ici, si j'en crois la 4° de couverture, cette chambre 121 n'existe plus, l’hôtel est fermé et cet homme, sans doute épuisé, est parti vers d'autres horizons. C''est pour autant le même thème qui est repris mais dans un contexte différent, dans le cadre d'une luxueuse suite. Mme Ermandine Saint Lys de Ronzière est un jeune veuve parisienne dont le nom seul attire la sympathie des membres féminines d'un comité paroissial de bienfaisance. On imagine celles qui en font partie, confites dans l'eau bénite et les patenôtres, loin en tous cas de ce que les lecteurs vont découvrir au fil des pages. Cette veuve, quelque peu « joyeuse »et riche et qui entendait que sa vie fût désormais vouée à la satisfaction de ses passions, embauche en effet Anton, le narrateur, comme valet, mais pas exactement de pied à moins que ce ne soit pour que sa cliente prenne le sien en sa compagnie. Elle est en effet adepte de la masturbation et compte sur son employé pour mettre dans un peu de sel dans cette recherche toute personnelle du plaisir. Ainsi cette BD ne manque-t-elle pas de jeux érotiques, lesbianisme, sodomies, cunnilingus et autres fellations où le narrateur paie largement de sa personne et justifie son salaire qu'on imagine important et surtout agréablement gagné.

 

Après tout ici je n'ai vu que des scènes pornographiques sans violence, avec parfois de l’imagination, des scènes de perversions de tous ordres, certes mais des relations librement consenties entre adultes avertis, loin de la pédophilie que nul ne saurait soutenir. Je ne voudrais pas passer pour un obsédé, mais depuis que j'écris des romans et des nouvelles, je n'ai cessé de célébrer les femmes, leur corps, leurs yeux, leur beauté, leur sensualité.Je l'ai fait, certes avec des mots et d'une manière moins crue mais elles restent pour moi l'incarnation de l'émotion esthétique. Ici c'est différent, le graphisme est précis, ne laisse jamais le lecteur sur sa faim et nourrit assurément ses obsessions les plus secrètes. L'imagination des auteurs est libertine, joue sur les fantasmes humains et foule gaillardement les interdits ordinaires et convenus, avertissant que l'ouvrage offre un catalogue de 10 sketches érotiques, ce qui peut nourrir l’imagination des plus inhibés. Pour autant les scènes sont répétitives et peut-être un peu lassantes à la fin.

 

J'avoue que je ne connaissais pas ces auteurs. J'ai abordé cette œuvre sans tabou, dans le cadre du « contrat » passé avec Babelio et malgré mon peu d'habitude de ce genre artistique dont je poursuivrai peut-être la découverte.

 

Hervé GAUTIER – Juillet 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com

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