Isabelle Bournat

la passion Richelieu

La Feuille Volante n° 1106

LA PASSION RICHELIEU Isabelle Bournat – Tertium Éditions.

 

Il s'agit d'une pièce de théâtre, une comédie historique un peu grinçante.

Le rideau se lève sur un Richelieu pas encore cardinal mais simple évêque de Luçon en disgrâce à Avignon après l'assassinat de Concini Il se plaint amèrement de sa santé, de ses furoncles et s'adresse à Dieu pour lui demander la France, rien que cela ! C'est qu'il n'est pas dénué d'ambition cet Armand Duplessis, face à un jeune roi affaibli, valétudinaire, marié trop tôt, hésitant, même si son destin politique semble quelque peu compromis et sa vie menacée, du moins le croit-il. De la bouche du Père Joseph, « l'éminence grise », il apprend que le roi, qui pourtant ne l'aime guère, compte sur lui pour détourner la reine-mère Marie de Médicis, de son projet d'entrer dans Paris après son exil à Blois et de faire ainsi vaciller la royauté.

Nous voyons un Richelieu sujet aux accès de désespoir, se débattant avec la maladie et la peur du lendemain, alternant avec des périodes d’intenses activités, prêt à se compromettre lui-même plutôt que d'être évincé du pouvoir. En fin diplomate il sera un habile négociateur dans les relations difficiles et tumultueuses entre le roi et sa mère pour finalement, à titre personnel, choisir de servir la couronne. Il est présenté comme un véritable homme d’État, soucieux de la grandeur de son pays, du rayonnement de la France dans l'Europe (déjà) et dans le monde . Il était le protégé de la reine-mère qui l'a fait nommé cardinal mais face aux hésitations du roi, il n'hésitera pas à trahir son ancienne bienfaitrice pour servir la couronne et ainsi devenir le « principal ministre » du roi qui ne peut plus se passer de lui. Lui qui était destiné au métier des armes mais avait dû, pour conserver les bénéfices de l’évêché de Luçon à sa famille, embrasser la carrière religieuse s'emploie, au nom du roi à réduire les protestants, notamment à La Rochelle et à affirmer l'autorité royale à l'intérieur comme à l'extérieur du royaume, à construire le pouvoir absolu, à veiller au prolongement de la dynastie. Son action est des plus paradoxales puisqu'il interdit les duels mais organise les guerres, assoit le pouvoir du roi mais appauvrit le pays.

C'est assez astucieux de la part de l'auteur que d'avoir intégrer dans les personnages M. Gardien qui incarne la conscience de Richelieu, sa face cachée, qui ainsi souligne son côté machiavélique, ses contradictions, sa position entre volonté de durer et d'assurer son pouvoir personnel et celle de se mettre au service de roi et de son pays dans le respect de la religion. Il préparera l’avènement et l’éblouissant règne de Louis XIV. 

Je remercie Babélio et les éditions Tertium de l'avoir permis de découvrit cette oeuvre et cette auteure.

 

© Hervé GAUTIER – Janvier 2017. [http://hervegautier.e-monsite.com ]

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