Au fond des bois

La Feuille Volante n° 1100

AU FOND DES BOIS – Karin SLAUGHTER – Harper Collins Noir.

Traduit de l’américain Emmanuel Plisson.

 

Léna Adams est policière à Macon (Géorgie-USA) Un soir, elle est agressée à son domicile et Jared Long, son mari également policier, est touché gravement et son pronostic vital est engagé. Léna, perdant tout contrôle, tue un de ses agresseurs. Une telle agression entraîne une enquête interne sur Léna et Jared et elle pourrait bien trouver son explication dans les affaires traitées par Léna ou par son mari et notamment cet assaut contre la maison d'un mafieux auquel a participé Léna. Les investigations s'annoncent difficiles d'autant que tous ne disent pas la vérité, gardent le secret sur leurs informations au lieu de partager et on pense que tout est de la faute de l’enquêtrice. Ce n'est que ce n'est pas la première fois qu'elle fait l'objet d'une telle procédure et c'est un peu comme si elle provoquait la mort de ceux qui l'approchaient. Il se trouve que celui a qui a déjà enquêté sur elle, Will Trent, un flic qui agit sous couverture, était présent sur les lieux de cette agression et a empêché Léna de tuer le deuxième assaillant. Les recherches s'orientent vers celui qui se fait appeler Big Whitley, un pédophile, proxénète et trafiquant de drogue, une vieille connaissance de Will et dont le repère se situe au fond des bois. Les personnages qui hantent ce récit sont multiples [une liste aurait sans doute été opportune en début de récit], leurs liaisons, leur histoire personnelle et professionnel se croisent et s'entrechoquent avec la mort qui parfois les emporte. Ceux qui restent vivent leur deuil comme ils peuvent et la résilience n'est pas forcément au rendez-vous.

Tout y passe, les scène gores, les techniques policières avec les détails médicaux ainsi qu'un minutage précis de l'agression, les références à la Bible si prisée des Américains, les analepses un peu déroutants pour le lecteur, les luttes d'influence et les oppositions entre les différents protagonistes, les ripoux, des trafics, l'opposition manichéenne incontournable ... L'accent est mis sur le couple Léna-Jared, leurs relations sont difficiles, un peu comme celles d'un vieux couple que la venue d'un enfant pourrait ressouder. Léna est un personnage complexe, à la fois forte et fragile, inconsciente face au danger, imprévisible, seule et rongée par la culpabilité, toujours tentée de faire « cavalier-seul » dans son travail et là c'était Jared qui avait payé, un peu comme si les assaillants avaient voulu la frapper à travers l'homme qu'elle aimait, mais elle n'aimait réellement personne ! Elle a un peu l'impression de revivre, toutes choses égales par ailleurs, l'épisode qui a coûté la vie à Jeffrey, son coéquipier et le mari de Sara, médecin hospitalier et ancien légiste, il y a cinq ans. Les rapports entre les deux femmes sont difficiles à cause de ce passé délétère. Elles le sont aussi pour Will qui a partagé la vie de Sara après la mort de son époux.

Je remercie Babelio et les éditions Haper Colins de m'avoir permis de découvrir l'univers créatif de Karin Slaughter et ce roman qui se lit bien, un thriller violent dans le style comme dans les dialogues mais où se mêle des passages agréablement écrits. Il distille jusqu'à la fin un suspens de bon aloi mais qui laisse cependant la place à une réflexion personnelle sur le pardon et la culpabilité, ce qui donne à ce roman une dimension différente et inattendue.

© Hervé GAUTIER – Décembre 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]

 

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