la feuille volante

Le dernier arrivé

La Feuille Volante n° 1239

Le dernier arrivé – Marco Balzano - Philippe Rey Éditeur.

Traduit de l'italien par Nathalie Bauer.

 

Ninetto a 57 ans et va bientôt être libéré de sa prison milanaise. C'est pour lui l'occasion de revenir sur le parcours cahoteux d'un migrant sicilien qui est venu chercher du travail dans le nord industriel. La vie n'a pas très tendre pour lui puisque la pauvreté et la faim ont été ses deux compagnes d'enfance. On l'appelait d'ailleurs « Sac d'os » et c'est de bonne heure, à contre-cœur, avec la bénédiction paternelle et en compagnie d'un ami de son père, Guivà, qu'il dût quitter son village sicilien et son école qu'il aimait tant. Pour lui Milan c'est l'étranger à cause du climat, de la grisaille, de la langue qu'il ne comprend pas bien, de l'ostracisme aussi que lui témoignent les Milanais qui n'aiment point les gens du sud, mais, débrouillard, il y trouve quand même rapidement un petit boulot de livreur dan une blanchisserie. Il n'a alors que 10 ans et doit renoncer au destin de poète dont il rêvait mais il fallait attendre d'avoir 15 ans pour espérer être engagé à l'usine. Il a fini par l'être, chez Alfa-Romeo, et cela a duré 32 ans de galère.

 

Le lecteur a droit à son parcours personnel raté comme l'est son mariage et sa vie de couple, rien d'autre que celui de quelqu'un né sous une mauvaise étoile, comme nombre d'entre nous sans doute. Ce n'est qu'à la fin qu'on comprends ce qui lui a valu la prison et la raison pour laquelle il ne peut rencontrer ni sa fille ni sa petite-fille.

 

Ce livre a de nombreuses fois failli me tomber des mains. J'en ai cependant poursuivi ma lecture à cause d'un engagement pris de participer à un jury littéraire où ce roman était en lice, mais je n'y ai pas pris un grand intérêt.

 

Le style de Marco Balzano est alerte, souvent empreint d'humour mais, au-delà de l'histoire il y a une réalité ; celle des migrants de l'intérieur, même des enfants, qui ont dû pendant des décennies quitter le soleil du sud pour les brumes du nord industriel. Nous étions dans les années 50 mais l'immigration ne s'arrêtait pas là, Depuis longtemps les Italiens partaient pour la France et pour les États-Unis.

 

 

© Hervé GAUTIER – Avril 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com]

 
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