la feuille volante

ENCORE MARJAN...TOUJOURS MARJAN ET C'EST EPATANT!


 

Juin 1997 n°192.


 


 

ENCORE MARJAN...TOUJOURS MARJAN ET C'EST EPATANT!

(Illustrations d'Arfoll)


 

Marjan, nous le savons, porte sur le monde le regard mi-amusé, mi amer de celui qui a compris la règle du jeu de cette existence mais qui n'a pas voulu donner complètement dans la réussite telle qu'on l'entend actuellement. Elle est surtout assise sur la mise en valeur de la personne et du parcours professionnel même si pour cela il faut sacrifier ses semblables, ses concurrents...


 

La société humaine offre un spectacle d'exception pour qui sait l'observer. L'art et tout spécialement l'écrit en ont toujours été le reflet. Il permet d'en dénoncer les travers, d'appuyer sur le trait ou de rendre compte d'un moment d'exception. C'est un moyen privilégié de dénoncer les paradoxes, les insuffisances, les injustices d'une société qu'on se plaît à qualifier de civilisée.

Je l'ai déjà abondamment dit dans cette feuille, notre ami a choisi l'humour pour porter témoignage du regard qu'il pose sur la condition humaine. C'est sa manière à lui de sourire de cette vie qui ne nous en donne que bien peu l'occasion. Chacun voit les choses à sa manière même si les colonnes de nos journaux sont pleines chaque jour d'informations qui nous font douter de la beauté de la vie.

On a beaucoup écrit sur l'humour, sur son aspect léger voire dérisoire. Il s'est trouvé des gens pour souligner sa volonté de donner à rire à tout prix de ce monde en occultant les vrais problèmes. C'est vrai et c'est cela aussi l'humour, un simple jeu sur les mots ou sur des situations inattendues qui interviennent dans notre vie comme autant de clins d’œil. Dire que l'humour de Marjan exclurait cela serait assurément voir ses écrits tels qu'ils ne sont pas toujours. Oui l'humour c'est aussi quelque chose de drôle, l'occasion qu'on se donne de dire les choses différemment avec davantage de liberté, d'être davantage primesautier. Il ne faut pas s'en priver. Les textes de ce recueil attestent de ce "parti d'en rire". Les marjaneries savent aussi être cela.

Je le dis d'autant plus volontiers que dans ce recueil c'est un peu ce qui transparaît et qui est souligné par les dessins d'Arfoll dont le personnage favori, le chat, sait à merveille illustrer les situations évoquées dans les textes. Cette collaboration spontanée du dessinateur et du poète enrichit la démarche créatrice, lui donne une dimension visuelle qui n'est pas inutile. Certes de recueil en recueil les deux auteurs donnent à voir, l'un inspirant l'autre, ce voyage commencé il y a bien des années dans cette société humaine qui finalement semble les amuser.


 

L'amitié et l'intérêt qu'Arfoll porte à Marjan se manifeste depuis de nombreux mois par ces ouvrages. Ils sont à l'instigation de l'illustrateur et l'auteur des textes confesse volontiers qu'il n'est pour rien dans ce choix. Il se contente seulement d'enrichir sa bibliographie d'un nouveau titre et ce n'est déjà pas si mal.

Il est vrai que c'est bien son tour, lui qui pendant si longtemps a publié les autres. C'est aussi bien dans son style puisque chaque recueil est diffusé gratuitement dans ses correspondances amicales. Eux aussi sont "Hors commerce" puisqu'il est établi depuis longtemps pour lui que la poésie doit se donner. La forme volontairement dépouillée de la présentation va également dans ce sens.


 

Dans le combat du poète pour faire connaître ses propres textes, les revues tiennent une grande place. Elles permettent cette diffusion peu onéreuse qui précédera peut-être une édition personnalisée. L'attachement que peut avoir un poète à une revue ou cette dernière à un auteur se traduit souvent par la publication de nombre de ses créations. Marjan a bien entendu collaboré et collabore encore à beaucoup d'entre elles. Ses poèmes qui y sont largement publiés reviennent souvent et il est donc loisible au lecteur d'en prendre connaissance et de les apprécier. C'est à cette source qu'Arfoll puise la matière "textuelle" de ses éditions amicales. C'est peut-être un peu dommage car les poèmes qui y sont repris, pour être intéressants n'en sont pas moins connus et parfois déjà publiés dans d'autres recueils.


 

Dans sa longue "carrière" notre ami a bien entendu beaucoup écrit et ce d'autant que sa manière de s'exprimer doit beaucoup à la concision. Il détient donc chez lui de nombreux poèmes anciens qui seraient utilement révélés lors de prochaines éditions amicales d'Arfoll. Je laisse les futurs titres à son imagination débordante qui s'est déjà si bien manifestée et ce d'autant que le pseudonyme du poète se prête facilement au calembour.

C'est une idée du partage qui me plairait bien car moi aussi je souscris à cette affirmation "Encore Marjan, toujours Marjan et c'est épatant!"


 

(c) Hervé GAUTIER

 
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