LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (Le Peuple et le Roi - 1774-1793) Max GALLO

 

N°391– Janvier 2010.

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (Le Peuple et le Roi - 1774-1793) Max GALLO – XO Editions.

 

Nous sommes au matin du 21 janvier 1793, oui, nous y sommes, et Louis XVI, redevenu Louis Capet va être guillotiné. Comment en est-on arrivé là alors que le règne de ce roi avait commencé sous les meilleurs auspices et que 4 ans auparavant, ce même peuple qui maintenant vient assister à son exécution le célébrait encore et le reconnaissait pour un bon souverain?

 

C'est vrai que pour lui, les choses avaient plutôt mal commencé. La fin du règne de Louis XV, son grand-père, avait été désastreuse et le Trésor était exsangue, la réforme de Maupéou a échoué et le soutien aux États-Unis d'Amérique s'est, plus tard, révélé couteux. D'autre part, Louis a toujours existé dans l'ombre de son frère aîné, le Duc de Bourgogne, qui malheureusement décède en 1761. Louis, Duc de Berry, futur Louis XVI, qui faisait la désolation de son grand-père, se retrouve donc Dauphin de France, mais on ne lui a rien appris de ce métier de Roi qu'il va devoir exercer. Il est en effet plus manuel que politique et fort mal préparé à ses fonctions, même s'il est animé des meilleurs intentions, ouvert aux idées nouvelles et favorable à une réforme des institutions, à l'instauration de davantage de libertés, d'égalité et de tolérance ...

Il est marié à Marie Antoinette, l'Autrichienne, frivole inconséquente et dépensière. On se méfie d'elle à cause de ses origines et donc de ses éventuelles trahisons. A la cour, on se gausse de lui, à cause de son mariage qui tarde à être consommé, à sa descendance qui vient enfin, mais surtout parce qu'il est inquiet, taciturne, indifférent, hésitant sur les grandes décisions à prendre qui engagent les affaires du royaume, sur la nomination des ministres, mais préfère se consacrer à la géographie, à la menuiserie, au travail du fer... Le peuple est écrasé d'impôts, les mauvaises récoltes entrainent des émeutes de la faim, la révolte gronde... Le peuple ne pourra longtemps se contenter des pamphlets de rues et le roi est partagé entre les promesses de son sacre, ses traditionnels soutiens et sa volonté de réformateur.

Il se sait protégé par Dieu, croit à l'amour de son peuple malgré la haine témoignée à la reine et les bruits sur les licences et des déficits de la Cour. Puis les choses se précipitent, les régiments se mutinent, on prend la Bastille et pourtant le peuple, si hostile aux aristocrates, tient à son roi même s'il n'y a plus d'État, si l'ordre public n'existe plus, si la France entière s'enflamme, si l'anarchie s'installe et si l'on tue aveuglément. Pendant que la révolution prend pied, Louis tergiverse ou décide de ne rien voir, s'enfuit pour, dit-on, rejoindre l'armée des émigrés, signant ainsi son arrêt de mort, coiffe le bonnet rouge et multiplie les attitudes et des déclarations contradictoires. Le peuple versatile l'acclame ou le conspue suivant les circonstances, ce qui achève de déstabiliser ce monarque sans caractère et maintenant sans appui.

Des personnalités se révèlent qu'on retrouvera bientôt dans la tourmente qui se prépare... Seule une guerre pourrait renforcer le pouvoir royal mais, la Patrie étant proclamée « en danger », c'est une guerre civile qui se prépare contre le roi, qui annonce sa déchéance, son arrestation, son procès, sa mort... La peur s'installe et la France est menacée par l'armée prussienne autant que par les troubles intérieurs qui sèment la suspicion et la mort. Le sang recouvre le pays mais la victoire de Valmy vient consolider la Révolution. Celle de Jemmapes suivra bientôt. On bannit la royauté et on installe la République. Elle représente une véritable avancée politique, un progrès! Elle servira de modèle aux autres pays.

La misère est là, pourtant, qui après l'avoir engendrée peut avoir raison de la Révolution. La seule réponse semble être la mort du Roi. Elle est donc votée. Le roi est dans sa trente neuvième année!

 

J'avoue que j'avais gardé de cette période mouvementée de notre histoire des souvenirs bien scolaires. Avec ce livre facile à lire et instructif, ils ont été heureusement renouvelés. L'auteur y conte, au jour le jour, et en faisant référence au roi, à ce qu'il voit et à ce qu'il entend, à ce qu'il fait, à ce qu'il dit, avec parfois des détails révélateurs et étonnamment précis, la douloureuse histoire de ce souverain, pas vraiment fait pour cette fonction, que les événements n'ont pas servi et qui a eu le malheur de régner dans une période troublée et propice au changement qu'il n'a pas su maîtriser.

 

©Hervé GAUTIER – Janvier 2010.http://hervegautier.e-monsite.com

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