Zelda Fitzgerald

ACCORDEZ-MOI CETTE VALSE

N°738 – Avril 2014.

ACCORDEZ-MOI CETTE VALSE- Zelda Fitzgerald- Robert Laffont.

Traduit de l'américain par Jacqueline Remillet.

 

Zelda (1900-1948)est l'épouse du romancier américain Scott Fitzgerald. Ce livre est son unique roman écrit en trois semaines en 1932 qui est le pendant ou peut-être une forme de réponse à « Tendre est la nuit »(La Feuille Volante n°721) mais vu par une femme au destin tragique. Il fut boudé par la critique à sa sortie mais Scott lui-même en corrigea les épreuves. Elle avait été une jeune fille séduisante mais excentrique et capricieuse, élevée avec ses sœurs dans une famille rigide mais heureuse du Sud. Elle était l'objet de l'attention des hommes qui la désiraient et dont elle se jouait à l'occasion en multipliant les flirts. En épousant Scott, ils formaient un couple mondain, emblématique de cet âge d'or de l'entre-deux-guerres. Cette union fut cependant orageuse, ponctuée par la lente décrépitude de Scott miné par l’alcool et par la folie de Zelda qui périt dans l'incendie du pavillon où elle était soignée.

 

Il s'agit là d'un roman autobiographique où elle apparaît sous le nom d'Alabama Beggs qui épousa un jeune artiste peintre promis à un brillant avenir, David Knight, alors lieutenant de réserve. David devient rapidement célèbre et le couple s'étourdit dans des fêtes où l’alcool coule à flots. Ils s'installent à New-York où David pourra davantage s'épanouir mais à cause de la prohibition, ils partent pour la France et ce sera Paris et la côte d'Azur, ses palaces et sa douceur de vivre. La naissance de Bonnie fait d'eux un couple accompli. A cette époque Alabama rencontre un jeune aviateur français, mais ce qui est présenté comme un simple flirt révèle déjà une fêlure dans le couple et Alabama est délaissée. Ils reviennent à Paris puis David, torturé par la jalousie, s'installe en Suisse avec leur fille Bonnie et Alabama s’initie à la danse, part pour Naples et commence à prendre des tranquillisants peut-être pour combattre sa culpabilisation de s'occuper mal de sa fille, peut-être aussi pour exorciser l'échec de sa carrière de ballerine puisqu'un accident y met brutalement fin. Ce roman se termine par la mort du père d'Alabama.

 

Tout au long de ce roman, Alabama cherche à se mettre en valeur par rapport à David qui lui devient de plus en plus un artiste célèbre. Elle choisit la danse et la travaille d'une manière effrénée pour devenir une grande ballerine mais le hasard s'en mêle et c'est un échec. C'est bien une femme blessée qui nous est présentée ici et qui cherche désespérément à combattre la célébrité de son mari en s'exprimant elle aussi par l'art. Qui fut donc réellement Zelda ? Une femme qui a vécu sa vie comme un rêve ou un être qui a poursuivi des chimères et existé dans l'ombre de son époux jusqu'à en devenir folle.

 

J'avais lu « Alabama song » de Gilles Leroy (La Feuille Volante n° 337) qui est une entrée en matière, d'autant que l'auteur y présentait Zelda comme une sorte de victime de Scott et qui devait lutter contre lui pour exister. Le style de « Accordez-moi cette valse » est parfois déconcertant, laborieux même et m'a un peu gêné mais la post-face peut peut-être apporter une explication. Il semblerait d'ailleurs que ce texte ait été visé par Scott lui-même et que de cette correction ait donné un roman moins personnel. Ce style peu attirant veut probablement traduire un mal-être qui est celui de l'auteure. J'ai choisi de lire ce roman parce qu'il était complémentaire de celui de Scott Fitzgerald dans l'univers créatif de qui je ne suis pas jamais parvenu à entrer pleinement. Ce livre de Zelda m'a carrément déçu.

 

©Hervé GAUTIER – Avril 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com

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