Michel Bussi

Un avion sans elle

La Feuille Volante n° 1118

Un avion sans elle Michel Bussi – Presse de la Cité.

 

En décembre1980, un avion s'écrase dans le Jura, un seul survivant, un bébé de trois mois est éjecté avant l'explosion. Or deux bébés de cet âge, deux filles, étaient dans l'avion, la survivante est donc l'une d'elles et la presse s'empare de cette petite miraculée. Deux familles revendiquent la pauvre orpheline, l'une est riche, les de Carville qui pensent qu'il s'agit de Lyse-Rose et l'autre, les Vitral, qui ne possèdent qu'un camion à frites croient reconnaître Émilie. Tel est le thème de ce roman policier qui, au jeu de mots près emprunte son titre à une chanson de Charlélie Couture. C'est simple, mais en apparence seulement puisque l'auteur va développer cette intrigue, tout au long de 530 pages, en multipliant les personnages, les rebondissements, et les situations plus surréalistes les unes que les autres. C'est normal parce que sans cela il n'y aurait pas de roman et surtout pas d'intérêt pour le lecteur. C'est ainsi que la justice s'en mêle, avec son incontournable hésitation, il y a bien les tests ADN mais dans un polar ils ne peuvent que faire l'objet de manipulations, les recherches, longues, 18 ans quand même, confiées à policier privé au nom improbable et pas mal véreux qui, devant son échec, tente de se suicider pour finalement être assassiné, non sans avoir, au dernier moment, trouvé la solution si longtemps cherchée et qui pourtant était, elle aussi, d'une simplicité aveuglante. Pour corser le tout, le fruit de ses longues investigations qui faisait l'objet de notes avaient été brûlées par ses soins et n'étaient plus, au moment de sa mort, qu'un petit tas de cendres. Peut-être pas, cependant puisqu'elle avaient été transmises sous forme de rapport à d'autres personnages intéressés par cette affaire. Quant à son cadavre, le doute finit par s'installer ! Comme dans tout roman, l'amour s'en mêle, sans lequel une fiction n'existe jamais tout à fait, mais aussi la puissance de l'argent, le chantage, les relations sociales et leur poids sur les décisions officielles, la supposée supériorité des riches sur les pauvres, les intérêts familiaux et successoraux, la nécessaire volonté, face à la mort de ses proches, de transmettre le patrimoine, le nom, la richesse, la volonté de se faire justice soi-même et d’accélérer le sens des choses bref tout ce qui, dans l'espèce humaine est de nature à en révéler le côté sombre et inavouable. Tout cela c'est sans compter avec les doutes avec lesquels cette ,jeune fille va vivre jusqu'à sa majorité, sa filiation mystérieuse et les relations forcément difficiles qu'elle va avoir avec les membres des deux parentèles. Le jeu de piste macabre est compliqué à souhait, l'étude des personnages est bien menée, avec peut-être des longueurs, mais je déplore qu'elle soit faite sur un mode un peu trop manichéen, opposant la cupidité des riches et la vertu des pauvres. Bref, si je ne me suis pas trop ennuyé malgré la longueur de cet ouvrage, je n'y suis pas vraiment entré, perdu que j'étais dans les péripéties successives de cette œuvre avec son lots de meurtres et de morts, de disparitions et d'accidents de la vie. Le texte est, bien écrit, dans le plus pur style du polar et entretient le suspense jusqu'à la dernière page.

 

J'ai abordé cette œuvre par curiosité. Je n'en ai pas été déçu, pas vraiment emballé non plus.

© Hervé GAUTIER – Mars 2017. [http://hervegautier.e-monsite.com]

N'oubliez jamais

N°843 – Décembre 2014.

N'oubliez jamais - Michel Bussi – Presses de la Cité.

Le hasard fait partie de notre vie bien plus souvent que nous voulons bien l'admettre. Jamal l'apprendra à ses dépends.

Nous sommes en Normandie, pays de falaises et Jamal, jeune beur unijambiste a l'habitude d'y faire du cross en solitaire, malgré sa prothèse. Ce matin, lors de son entraînement, il aperçoit une écharpe rouge d'une grande marque qui traîne par terre. Il voit aussi une jeune fille suspendues dans le vide, habillée seulement d'une robe en lambeaux et, naturellement il lui porte secours à l'aide de cette écharpe qu'il lui tend, mais bizarrement elle refuse son aide et s'écrase sur les galets en contrebas. Il ne peut s'agir que d'un suicide mais les premières constatations révèlent qu'elle a été violée et étranglée, peut-être avec cette écharpe. Il se trouve que cette affaire est semblable à deux une autres exactement semblables qui se sont déroulées dans la région dix ans auparavant et qui n'ont jamais été résolues. Le violeur aurait-il frappé une autre fois à dix ans d'intervalle ? Il y a beaucoup de coïncidences troublantes ; et puis, tout accuse donc Jamal qui fait ce qu'il peut pour se défendre. Telle est le thème de ce thriller qui réserve au lecteur pas mal de rebondissements, de fausses pistes et même d'impasses.

Je ne suis pas sensible, mais ce qui a retenu mon attention ici, et que et que j'apprécie dans les romans policiers qu'il m'arrive de lire, est que cette intrigue n'est pas sanguinolente comme c'est souvent le cas dans ce genre de littérature.

Pourtant l'occasion était belle pour l'auteur de se livrer à une étude psychologique des personnages, d'instiller dans ce texte des caractères bien marqués… malheureusement il n'en est rien et l'épilogue est à la mesure de ces quelques 500 pages qui font un peu trop durer ce qui n'est pas forcément un plaisir de lire. Jamal est pourtant attachant mais il m'a semblé par moment qu'il était carrément paranoïaque ou que la folie s'installait dans cette intrigue au point qu'on s'y perd un peu dans les différentes manipulations et invraisemblances.

©Hervé GAUTIER – Décembre 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com

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